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Dans une ambiance saturée par la désinformation transfrontalière, une nouvelle rumeur typiquement pakistanaise mêlant mythe et propagande a émergé via le compte Qaum ke Fakar. Ce dernier affirme qu’un système chinois de missiles sol-air LY-80 (HQ-16) aurait héroïquement intercepté un missile 40N6E du système russe S-400 indien lors des affrontements de mai 2025. Pourtant, une analyse technique approfondie dissipe cette fiction : les débris retrouvés près de Dinga, dans la province du Pendjab, confirment en réalité une frappe indienne dévastatrice sur une cible aérienne de haute valeur, le missile 40N6E étant resté intact avant son impact fatal, marquant un revers majeur pour l’armée de l’air pakistanaise (PAF).

La prétendue interception, largement relayée sur les réseaux sociaux le 14 novembre, soutient que le 8 mai, au cœur de l’opération Sindoor, une batterie LY-80 près de Lahore aurait abattu le 40N6E entrant comme on tue une mouche — un récit visant à sauver l’honneur d’Islamabad après une série de déconvenues dans la défense aérienne.

Mais l’analyse des experts en défense expose rapidement cette narration comme une contre-vérité. Ce n’est en aucun cas une victoire improbable face au S-400, mais plutôt un artifice visant à occulter la redoutable efficacité du 40N6E, dont les témoins oculaires et les débris confirment la destruction d’un AWACS Saab Erieye pakistanais en plein territoire. Les fragments du missile 40N6E dispersés dans les champs de Dinga résultent non d’une interception, mais de l’impact terminal du missile.

Trois arguments techniques majeurs invalident le mythe du LY-80 : un décalage de vitesse insurmontable, une impossibilité d’altitude, et un écart réel de portée.

Le cœur du mythe repose sur une différence cinématique criante. Le missile 40N6E, pièce maîtresse du S-400, est conçu pour des vitesses hypersoniques atteignant Mach 14 (environ 4 800 m/s) pour intercepter des menaces balistiques tactiques — une rapidité qui distancie largement la plupart des systèmes d’interception. En comparaison, les missiles du LY-80 atteignent tout juste Mach 3 (1 000 à 1 200 m/s), une vitesse adaptée aux conflits régionaux, mais insuffisante face à un missile quasiment supersonique.

Ce constat n’est pas une spéculation mais un principe de base en physique balistique : pour détruire une cible cinétiquement, l’intercepteur doit avoir une vitesse de fermeture suffisante pour entrer en collision. Face à un missile 40N6E filant à plus de quatre fois sa vitesse, le LY-80 ne peut tout simplement pas rattraper ou détoner à proximité du missile adverse. « Le 40N6E est tout simplement trop rapide », confiait un expert russe en missilerie dans un débriefing post-opération. Les tentatives pakistanaises d’interpréter les photos des débris comme une preuve d’interception ne résistent pas à ces lois : aucun projectile à Mach 3 ne peut intercepter un missile à Mach 14 sans une intervention divine… ou une manipulation des faits temporels.

À cela s’ajoute une contrainte d’altitude : le 40N6E évolue sur des trajectoires hors de portée directe, entre 30 et 35 km d’altitude (voire jusqu’à 185 km contre les menaces balistiques), ce qui en fait un tueur à haute altitude dans la limite de l’espace. Le LY-80, quant à lui, plafonne entre 15 et 18 km pour les versions exportées, comme celles en service au Pakistan — une altitude comparable à celle des avions commerciaux, bien en deçà de celle nécessaire pour une interception stratégique contre un missile de cette catégorie.

Imaginez : alors que le 40N6E suit son arc ascendant vers l’AWACS Erieye évoluant autour de 10-12 km d’altitude, les batteries LY-80 au sol tirent dans le vide, ne pouvant physiquement atteindre le missile à ces couches atmosphériques. Cette réalité a été confirmée en mai par des forums militaires et des données radar divulguées par des sources indiennes. Les débris retrouvés à Dinga — casings de boosters et fragments de stabilisateurs — correspondent à une rentrée à grande vitesse, signe d’une destruction au sol, et non d’un combat aérien entre missiles. Le « miracle » annoncé par Qaum ke Fakar ignore cette réalité stratifiée : on ne peut pas abattre ce dont on ne peut même pas suivre la trajectoire.

Enfin, la portée achève de dissiper le mensonge : le LY-80, missile de moyenne portée, peut engager des cibles entre 40 et 70 km — utile pour défendre les abords de Lahore, mais ridicule face aux 400 km de rayon d’action du 40N6E, lequel permet au S-400 installé au Pendjab d’intervenir à distance sur des cibles autour d’Islamabad. Lors de l’opération Sindoor, le 40N6E a été tiré depuis Adampur, à plus de 300 km, pour détruire l’AWACS pakistanais — un record confirmé en août par le maréchal de l’air indien AP Singh.

Le radar de poursuite du LY-80, le Type 305A, avec une détection comprise entre 100 et 150 km, ne pouvait capter le 40N6E qu’en phase terminale, à quelques secondes de l’impact et à plus de Mach 5 en rentrée atmosphérique. « Le système de contrôle de tir du LY-80 ne peut vraisemblablement ni localiser ni verrouiller le 40N6E avant cette ultime phase, rendant impossible toute interception efficace » ont analysé des experts OSINT en direct sur les réseaux. Les vidéos d’implantation à Dinga, montrant d’immenses bouleversements et des panaches de fumée, corroborent une destruction massive en vol de l’AWACS, et non une réussite d’un tir de missile. Le récit de l’« interception réussie » relève d’une opération psychologique destinée à dissimuler la perte majeure que représente la disparition des capacités de détection aérienne pakistanaises, paralysant leur commandement pendant plusieurs jours.

Les débris collectés à Dinga le 9 mai par des civils et les équipes de récupération de la PAF ne proviennent pas d’éclats d’intercepteurs ; ils confirment la frappe indienne. Plusieurs sections de boosters, estampillées en caractères cyrilliques comme les tubes de lancement à froid du 40N6E, jonchent le terrain, accompagnées de fragments de radôme et des éléments de l’AWACS Erieye. Aucune trace de débris LY-80 n’a été trouvée, alors que des incendies provoqués par le carburant des avions ont ravagé la zone dans la nuit du 7 au 8 mai, selon des sources géolocalisées. Il ne s’agissait pas d’un raté, mais bien d’un coup au but, qui a causé la mort des quatorze membres d’équipage d’Erieye et forcé la PAF à suspendre ses opérations AWACS pendant plusieurs semaines.

Par ailleurs, des drones indiens Harop ont ciblé le poste de commandement d’une batterie pakistanaise à Lahore, tandis que les volées de HQ-16 n’ont neutralisé aucune menace durant l’invasion massive de drones au cours de l’opération Sindoor. La technologie chinoise autrefois présentée comme capable de rivaliser avec le S-400 a largement été surestimée, à l’image du dernier fantasme de Qaum ke Fakar.