La Marine indienne et l’Organisation de recherche et de développement pour la défense (DRDO) accélèrent les essais du missile hypersonique à longue portée LRAShM, un système d’arme destiné à transformer radicalement la posture de frappe et de dissuasion maritime de l’Inde. Selon des informations obtenues, les deux entités s’efforcent de respecter des échéances strictes afin d’intégrer ce missile dans les forces navales d’ici 2029.
Le LRAShM est conçu comme un missile anti-navire hypersonique capable de neutraliser les défenses aériennes navales modernes grâce à une combinaison de vitesse extrême, de manœuvrabilité et de précision. Contrairement aux missiles de croisière traditionnels, son profil hypersonique réduit considérablement le temps de réaction de l’adversaire, rendant l’interception par les systèmes de défense aérienne embarqués quasiment impossible. Pour la Marine indienne, cette capacité représente un saut qualitatif majeur dans la menace qu’elle peut faire peser sur des cibles navales à haute valeur stratégique.
Les premières mises en service du LRAShM se concentreront sur une configuration terrestre, déployée sous forme de batteries côtières mobiles plutôt que sur des plateformes navales. Dans cette optique, le missile sera lancé depuis des unités mobiles montées sur camion, assurant une grande mobilité et une dispersion rapide le long du littoral indien. Cette stratégie offre flexibilité, résilience et une capacité dissuasive importante sans immobiliser les rares bâtiments de surface pendant la phase initiale d’intégration.
Le concept de batteries côtières vise principalement la stratégie de déni de zone maritime. En positionnant ces missiles hypersoniques sur des secteurs clés du littoral, la Marine indienne pourra menacer les navires ennemis et les porte-avions évoluant au large, obligeant ainsi les adversaires à opérer à distance accrue sous une menace constante.
Sur le plan opérationnel, le LRAShM est conçu pour faire face aux menaces posées tant par la Chine que par le Pakistan. Face à la flotte technologiquement avancée chinoise, ce missile servira d’outil efficace contre les groupes aéronavals et les grands bâtiments de surface pénétrant la région de l’océan Indien. Sa vitesse hypersonique est spécialement prévue pour submerger les défenses superposées que les missiles subsoniques ou même supersoniques peinent à franchir.
Dans le contexte pakistanais, le rôle du LRAShM est encore plus stratégique. Il est prévu pour neutraliser les actifs navals ennemis, y compris lorsqu’ils sont à quai ou en cours de réparation dans les chantiers navals. Cette capacité permettrait à l’Inde de détruire des cibles à haute valeur avant leur mise en mouvement, modifiant profondément les calculs liés à toute escalade navale.
La priorité donnée au déploiement côtière mobile reflète l’expérience acquise lors des récents conflits, où les unités de missiles mobiles et survivables se sont révélées très difficiles à localiser et à détruire. Ces batteries peuvent être déplacées, camouflées et intégrées aux réseaux de surveillance maritime, créant une zone de menace continue le long des côtes indiennes.
Ce dispositif libère par ailleurs les bâtiments de surface et sous-marins pour des missions offensives ou d’escorte, tandis que la force côtière joue un rôle défensif essentiel et dissuasif. À terme, le LRAShM devrait être décliné en versions embarquées sur bateaux et éventuellement en versions aéroportées, mais la version terrestre constitue la voie la plus rapide et économique vers une mise en service opérationnelle.
Si le calendrier est respecté et que le LRAShM est intégré d’ici 2029, l’Inde rejoindra un cercle très restreint de nations disposant de missiles anti-navires hypersoniques opérationnels. Plus encore, cette avancée marquera un tournant doctrinal, permettant à l’Inde de menacer crédiblement les forces navales adverses non seulement en mer, mais aussi depuis ses propres côtes.