Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, la Russie a mené une vaste attaque contre l’Ukraine en utilisant des missiles Shahed iraniens, tirés en pleine célébration du Nouvel An. Malgré le volume important de la frappe, les forces ukrainiennes ont intercepté 97 % des missiles lancés. Toutefois, un civil a été tué et trois autres blessés à Odesa.
Les forces aériennes ukrainiennes rapportent que la Russie a lancé une pluie composée de 90 missiles Shahed d’origine iranienne, accompagnés de quatre missiles sol-air SA-10 Grumble en trajectoire balistique ciblant Kharkiv, ainsi que de trois missiles ASM-17 Krypton à guidage radar et d’un missile de croisière courte portée AS-13 Kingbolt visant les régions de Kherson et Zaporijjia.
Au total, 87 de ces missiles Shahed ont été abattus par la défense aérienne ukrainienne, démontrant une efficacité remarquable malgré le fait que ces frappes se soient déroulées de nuit.
À Odesa, les conséquences ont été plus dramatiques : un civil a perdu la vie, et trois autres ont été blessés, selon les sources locales. Malgré cette attaque, les habitants d’Odesa sont descendus sur leurs balcons pour chanter « Chevrona Kalyna », l’hymne national ukrainien symbolisé par le viorne rouge, témoignant d’une résistance civile intacte face aux bombardements.
Par ailleurs, la ville de Donetsk, sous occupation russe, a subi six frappes ciblées sur l’hôtel Donbas Palace, lieu où se déroulait une célébration de Nouvel An regroupant les élites occupant la région et des invités venus de Moscou. Ces frappes, précises, suggèrent une opération soutenue par un renseignement approfondi de la part des forces ukrainiennes. Donetsk, située en première ligne du front, est rarement touchée par des bombardements ukrainiens visant majoritairement des cibles militaires, contrairement aux villes ukrainiennes proches du front qui ont été largement détruites par les forces russes.
Dans la même période, les forces ukrainiennes ont continué à signaler des pertes substantielles chez l’adversaire. Le 1er janvier, le généralstab ukrainien a rapporté que les pertes russes ont franchi le seuil des 360 000 hommes. Du côté des matériels, les Russes ont perdu :
- 6 chars de combat,
- plus de 11 000 véhicules blindés et motorisés,
- 18 obusiers,
- 2 systèmes de défense antiaérienne lourds,
- 38 véhicules de transport,
- et 9 équipements spéciaux.
Un élément notable est la diminution des pertes d’artillerie russe, dont l’origine reste à préciser, que ce soit à cause de conditions météorologiques défavorables ou d’une pénurie de pièces à détruire.
Sur le plan technologique et tactique, l’Ukraine renforce ses capacités avec de nouvelles plateformes telles que le patrouilleur « Sea Child », équipé d’un lance-roquettes multiple thermobarique capable de frapper à courte distance des cibles navales et terrestres, offrant une puissance considérable par kilo de charge grâce à sa capacité à utiliser l’oxygène ambiant pour la déflagration.
Les frappes aériennes ukrainiennes ont également utilisé des bombes guidées JDAM, notamment contre des systèmes russes de défense aérienne lourde SA-17 Grizzly et SA-27, neutralisant des positions ennemies protégées par des missiles sol-air avancés grâce à la portée étendue de ces bombes planantes.
L’actualité signale aussi des explosions à Dnipro et à Kiev, preuve que les missiles Shahed restent en circulation pour tenter de frapper plusieurs cibles ukrainiennes simultanément. Ces événements soulèvent des interrogations sur la politique internationale, notamment concernant l’Iran, principal fournisseur de ces missiles au profit de la Russie, et les conséquences que cela pourrait avoir sur la coopération européenne et occidentale avec Téhéran.
Par ailleurs, la pénurie de missiles Patriot fournis par les États-Unis à l’Ukraine pose problème. Selon le journal britannique The Telegraph, cette insuffisance serait liée à des blocages politiques internes américains, une situation qui pourrait compromettre davantage la défense ukrainienne contre les missiles russes à l’avenir.
Cette problématique résonne aussi avec le cas suédois, où des restrictions à l’exportation d’armes pourraient affecter la disponibilité de munitions pour les systèmes antiaériens Gepard utilisés par l’Ukraine, démontrant les limites des approvisionnements en temps de conflit.
Enfin, le 1er janvier, l’agglomération de Smila dans la région de Tcherkassy a été touchée par des frappes russes, détruisant huit maisons et en endommageant 83 autres. Une femme de 61 ans est décédée des suites de ses blessures.
Sur le front cyber, des hackers ukrainiens ont réussi à pirater le discours du Nouvel An de Vladimir Poutine dans sept régions russes, diffusant à la place un deepfake où le dirigeant évoque les lourdes pertes subies par la Russie en Ukraine.
Slava Ukraini ! Heroyam slava ! Ensemble vers la victoire !