L’OTAN fait actuellement face à une attaque de désinformation appuyée matériellement par des drones ciblant les aéroports de Kastrup et Gardermoen. Il est crucial de ne pas se laisser embarquer dans le récit russe qui cherche à miner la confiance envers les institutions occidentales, notamment en alimentant le doute, le désespoir et la volonté de capitulation au sein de la population ukrainienne.
Les aéroports de Gardermoen, près d’Oslo, et Kastrup, près de Copenhague, ont été temporairement fermés en raison d’observations de drones de grande taille. Cette opération s’inscrit dans une campagne russe de désinformation et d’influence dirigée contre l’OTAN et les institutions occidentales, visant à affaiblir leur crédibilité, avec pour cible finale la population ukrainienne, afin de semer la défiance, le découragement et, ultimement, le soutien à une capitulation face à la Russie.
Il est inenvisageable, en temps de paix, de prendre le risque d’abattre de tels drones au-dessus d’un grand aéroport civil où se trouvent de nombreux avions, souvent remplis de carburant, ainsi qu’une importante infrastructure liée aux carburants et un grand nombre de civils. Tout drone abattu retombe inévitablement au sol, pouvant provoquer des dégâts, ce qui est particulièrement dangereux compte tenu des zones urbanisées alentours.
Le risque d’incendie est donc extrêmement élevé.
Si ces drones ne sont pas des appareils d’attaque mais perturbent uniquement le trafic aérien, il est également déconseillé de tenter de les neutraliser, car cela pourrait compromettre la sécurité des vols, endommager les instruments des avions civils, voire provoquer un crash suivi d’un incendie en cas d’inflammation du carburant.
Un récit se propage actuellement en Ukraine prétendant que ces drones seraient « une nouvelle attaque contre l’OTAN, qui n’a pas su riposter ». Il n’en est rien. Ne pas engager le feu et se contenter de suspendre le trafic aérien est la démarche responsable et mature, afin de ne pas mettre en danger des vies et des biens.
Le but de ce narratif est de faire perdre confiance aux Ukrainiens envers l’Occident et l’OTAN, de les plonger dans le désespoir, et en dernier ressort, de les inciter à capituler face à Moscou.
Concernant les doutes sur la provenance des drones, il est très probable que des radars militaires modernes permettent de retracer leur trajectoire ainsi que leur point de départ. Cependant, partager ces informations constituerait une divulgation de capacités radar et de renseignements sensibles, ce qui est généralement évité. Les services de renseignement agissent souvent selon une logique contraire à l’intuition : il est parfois préférable de ne pas révéler ce que l’on sait.
Par ailleurs, la Russie peut agir via des mandataires externes et démentira toute implication, quelle que soit la preuve présentée.
Le conseil est donc de ne pas céder à la panique. Il convient de choisir ses batailles avec discernement — lieu, méthode et moment — et de ne pas répondre impulsivement à ces provocations inoffensives orchestrées par Moscou, car c’est précisément ce que souhaite le Kremlin.
Les événements de blocage d’aéroports similaires pourraient se reproduire, peut-être prochainement à Arlanda. Espérons que les forces militaires suédoises disposeront alors de capteurs performants capables de tracer les drones jusqu’à leurs opérateurs. Les résultats de ces enquêtes resteront confidentiels, car révéler ces informations pourrait compromettre la sécurité nationale et les capacités défensives du pays.
Il est essentiel de poursuivre le soutien à l’Ukraine, exactement ce que Kremlin cherche à empêcher, sans se laisser impressionner par des drones peu dangereux.
Razom do peremohi ! Smert’ voroham ! (Ensemble vers la victoire ! Mort aux ennemis !)
Les pertes russes enregistrées hier sont lourdes : 1 010 hommes tués, 53 obusiers endommagés, 123 véhicules de transport détruits, deux pièces d’artillerie inhabituelles, ainsi que seulement cinq chars de combat perdus, selon les estimations publiées.