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Des cas d’automutilation ont été révélés au sein de la 83e brigade des forces aéroportées d’élite russes (VDV), dans le but d’obtenir des indemnités et des décorations. Par ailleurs, un drone de reconnaissance russe Orlan a été abattu pour la première fois alors qu’il transportait sous ses ailes des drones FPV, agissant comme un drone-mère, ce qui permet potentiellement d’étendre la portée opérationnelle des FPV sur des centaines de kilomètres en territoire ukrainien.

Automutilations massives dans la 83e brigade aéroportée russe

Selon un rapport publié par UA Wire, des soldats d’élite de la 83e brigade VDV se seraient infligés eux-mêmes des blessures – notamment par coups répétés à la tête à l’aide de crosses – ou se seraient mutuellement blessés, dans le but de percevoir des indemnités pour blessures de guerre ainsi que des médailles ou décorations pour bravoure. Plusieurs officiers supérieurs, dont un colonel et un lieutenant-colonel, sont impliqués dans cette fraude, prenant une part des sommes versées tout en étant conscients des faits. Ce phénomène illustre une forme de corruption et de malaise au sein des forces russes d’élite, où l’encadrement profite des ressources destinées à ses subordonnés.

Au moins 35 cas d’automutilation ont été identifiés dans cette brigade. Par ailleurs, des sabotages internes sur des véhicules, des systèmes d’armes lourdes et de l’artillerie ont été signalés sur le front de Pokrovsk, vraisemblablement pour éviter des offensives contre les forces ukrainiennes.

Note : en suédois, « självstympning » désigne des blessures auto-infligées dans le but d’échapper au combat, sans que cela n’implique nécessairement l’amputation.

Orlan russe équipé d’un drone-mère pour étendre la portée des FPV

Le Kyiv Independent rapporte qu’un drone de reconnaissance Orlan de taille moyenne a été abattu, équipé de deux drones FPV sous ses ailes, le drone Orlan jouant le rôle de drone-mère. Ce drone a été vraisemblablement abattu par un drone de chasse ukrainien de la 118e brigade mécanisée distincte.

Cette configuration permet au drone Orlan de servir de relais de communication, prolongeant la portée des signaux de commande et des flux vidéo des caméras de reconnaissance. Les Orlan peuvent voler jusqu’à 600 km, ce qui offre la possibilité d’engager des FPV à plusieurs centaines de kilomètres du front, alors que la portée habituelle de ces petits drones est de 40 à 50 km. Cette technologie combinée constitue une nouvelle menace tactique sur le champ de bataille.

Dans le même temps, cela reste limité en volume, car les drones opérationnels-tactiques russes comme l’Orlan ont une durée de vie relativement courte : l’armée ukrainienne a abattu 148 de ces drones récemment à ce niveau opérationnel.

De son côté, l’Ukraine développe également un drone-mère baptisé Sparta, capable de déployer deux FPV avec une portée atteignant 200 km, augmentant la capacité de surveillance et d’attaque en profondeur, même si les quantités mobilisables restent plus modestes que les FPV standard utilisés en première ligne.

Les pertes russes continuent d’augmenter

Selon le général ukrainien chargé du renseignement, les pertes russes récentes incluent 840 soldats, 86 véhicules de transport, 23 obusiers, cinq chars et quatre véhicules blindés de combat d’infanterie ou de motocyclistes. Ces chiffres confirment une tendance nette à l’érosion de la puissance offensive russe.

Dans ce contexte, l’avancée russe progresse à un rythme extrêmement lent, souvent décrit comme plus lent qu’un déplacement de « limace ». Cette lenteur est emblématique du poids de la logistique russe, qui peine à suivre l’élan initial de leur invasion, et a conduit à la perte de leurs gains dans le nord de l’Ukraine.

Les offensives russes se caractérisent par une inefficacité historique et un coût humain très élevé, avec un taux de pertes parmi les soldats supérieurs à celui observé lors de la Première Guerre mondiale, malgré des fronts plus statiques ces derniers mois. La tactique russe reste celle de la « vague humaine » : envoyer des vagues successives de troupes dans l’espoir d’épuiser l’adversaire, en comptant sur un stock presque illimité de recrues.

Une récente évolution tactique consiste à déployer de petites unités non pas pour conquérir les positions ennemies, mais pour s’infiltrer derrière les lignes ukrainiennes. Ces missions sont souvent des actes suicides, sans soutien pour récupérer les infiltrés, mais qui obligent l’Ukraine à répartir ses forces pour les traquer en profondeur, affaiblissant ainsi la défense principale.

Il n’y a pas de pénurie de recrues russes prêtes à être envoyées au front sous de fausses promesses, ignorant généralement la réalité du conflit en raison du contrôle strict des médias par le régime. La capacité russe à poursuivre sur cette voie sanglante reste intacte, mais son efficacité se limite aux ressources logistiques et économiques, encore largement obsolètes. Le système logistique russe est toujours calqué sur des méthodes des années 1950, sans équipements modernes standards comme les palettiseurs ou chariots élévateurs, ce qui handicape lourdement leurs opérations sur le terrain.

Incidents sur le front et nouvelles vidéos

Les réservoirs d’un raffinerie à Novosjachtinsk continuent de brûler, perturbant la production de carburant et aggravant les difficultés logistiques russes.

En outre, des images montrent des soldats russes tentant de se camoufler avec du matériel anti-infrarouge, mais ils sont rapidement détectés et éliminés par des drones FPV ukrainiens équipés de vision nocturne, attestant de l’efficacité croissante des moyens de surveillance et de frappe ukrainiens sur le champ de bataille.