Une nouvelle attaque massive de missiles russes a frappé l’Ukraine cette nuit, avec près de 600 projectiles et drones lancés, causant la mort d’au moins une personne et plus de vingt blessés. En représailles, les forces ukrainiennes ont ciblé deux raffineries pétrolières en Russie. Par ailleurs, les États-Unis ont approuvé une importante livraison de missiles Patriot ainsi qu’un vaste lot de bombes à guidage plané pour l’aviation ukrainienne.
La Russie a mené une nouvelle offensive d’envergure, lançant 582 missiles et drones terroristes contre l’Ukraine pendant la nuit et tôt ce matin. Selon l’aviation ukrainienne, cette attaque coordonnée a mobilisé divers vecteurs : bombardiers stratégiques Ch-101, unités de missiles sol-sol Iskander-M/KN-23 et Iskander-K, la marine avec des missiles Kalibr, des avions tactiques d’attaque Ch-59, ainsi que des drones kamikazes Shahed et des leurres.
| Type | Nombre lancés | Interceptions | Origine |
|---|---|---|---|
| Drones Shahed et leurres | 537 | 510 | Koursk, Briansk, Millerovo, Orël, Chatalovo, Primorsko-Akhtarsk |
| Missiles balistiques Iskander-M/KN-23 | 8 | 6 | Rostov, Krasnodar |
| Missiles de croisière Ch-101, Kalibr, Iskander-K, Ch-59 | 37 | 32 | Saratov, mer Noire, territoire occupé de Zaporijjia |
| Total | 582 | 548 |
La région de Zaporijjia a été particulièrement touchée, avec un bilan d’une personne tuée et 24 blessés, dont des enfants. Il est notable que six des huit missiles balistiques ont été interceptés, signe que le système de défense ukrainien, notamment les batteries de missiles Patriot, protège désormais plusieurs régions au-delà de Kiev.
Volodymyr Zelensky a déclaré concernant ces attaques :
« À Zaporijjia, tous les services d’urgence interviennent sur le site d’une frappe russe qui a visé un immeuble résidentiel de cinq étages. Tragiquement, une personne est décédée et des dizaines ont été blessées, y compris des enfants. Il s’agissait encore d’un immeuble d’habitation ordinaire. La nuit, les forces de défense aérienne et les secours ont également opéré dans d’autres régions : Volyn, Dnipro, Donetsk, Jytomyr, Zaporijjia, Ivano-Frankivsk, Kiev, Rivne, Soumy, Kharkiv, Khmelnitski, Tcherkassy, Tchernivtsi et Tchernihiv ont toutes été frappées. De nombreux incendies ont éclaté, et les infrastructures civiles — habitations et entreprises — ont subi les dégâts les plus importants. Les Russes ont lancé près de 540 drones, 8 missiles balistiques et 37 autres types de missiles contre des civils. Nous avons observé la réaction mondiale suite aux précédentes frappes. Mais aujourd’hui, alors que la Russie ignore de nouveau les appels au dialogue, nous comptons sur des actions concrètes. Il est clair que Moscou a utilisé le temps supposé consacré aux préparatifs d’une réunion au sommet pour organiser de nouvelles attaques massives. La seule façon de rouvrir une fenêtre diplomatique passe par des mesures fermes contre tous ceux qui financent l’armée russe, ainsi que des sanctions efficaces visant Moscou — au niveau bancaire et énergétique. Cette guerre ne s’arrêtera pas par de simples déclarations politiques ; des mesures réelles sont nécessaires. Nous attendons des actions des États-Unis, de l’Europe et de la communauté internationale. »
En riposte, l’Ukraine a frappé deux raffineries pétrolières en Russie, notamment une située dans le kraï de Krasnodar, en bordure de la mer Noire, et une autre dans l’oblast de Samara. Ces installations possèdent respectivement une capacité annuelle de trois millions et près de neuf millions de tonnes. Ces frappes visent à affaiblir des infrastructures clés qui soutiennent l’effort de guerre russe.

Missile MIM-104 Patriot – Crédit : MikeMareen/Depositphotos
Les États-Unis ont donné leur feu vert pour la livraison de nouveaux missiles Patriot destinés à la défense ukrainienne, ainsi qu’un vaste contrat de 3 350 bombes à guidage plané ERAM pour l’aviation d’attaque ukrainienne. En parallèle, un financement de 179 millions de dollars a été accordé pour renforcer les systèmes de défense aérienne Patriot, et 150 millions pour prolonger les abonnements au réseau satellitaire Starlink, essentiel pour les communications tactiques sur le front.
Starlink est utilisé aujourd’hui jusque dans les unités de niveau peloton, facilitant la transmission en temps réel de vidéos de drones de reconnaissance et d’observation d’artillerie. Cela permet un ajustement précis des tirs d’artillerie, au bénéfice de l’efficacité et de la conservation des munitions.
La bombe ERAM (Extended Range Attack Munition) est un nouvel armement conçu pour combler l’écart entre la portée des roquettes GMLRS des systèmes HIMARS/M270 et celle des missiles de croisière occidentaux comme le Storm Shadow/SCALP. Avec une portée comprise entre 240 et 450 kilomètres suivant la trajectoire, une précision d’environ 10 mètres autour de la cible (CEP), et un poids de 227 kg, ces bombes bénéficient également d’un guidage inertiel capable de pallier les brouillages GPS, ainsi que d’une résistance aux dispositifs de guerre électronique.
Considérée comme une mini-missile de croisière, l’ERAM est un système récent, développé en 2024, dont la production devrait atteindre environ 1 000 unités par an à horizon deux ans. Les premières livraisons sont attendues d’ici six semaines. Quatre fabricants différents proposent des variantes de l’ERAM, avec des aides à la propulsion variable. Ce système est destiné à être utilisé à la fois sur le territoire occupé et à proximité des lignes de front, tandis que les frappes à longue portée dans le territoire russe restent soumises à des restrictions plus strictes, souvent réalisées avec des armes françaises comme l’AASM Hammer.
ERAM représente une avancée significative pour les forces ukrainiennes et pourrait inspirer d’autres armées, notamment suédoise, à développer des capacités similaires pour pouvoir frapper à distance en cas de conflit sur leur sol.
Une carte détaillée montre que les missiles balistiques ont visé les villes de Dnipro, Zaporijjia et le nœud stratégique Pavlohrad. Le fait que l’Ukraine ait intercepté six missiles balistiques montre la présence opérationnelle de batteries Patriot dans la région de Dnipro, un signe encourageant pour la défense aérienne nationale. En revanche, des villes comme Kherson, Sumy ou Kharkiv restent plus vulnérables faute de système de défense aérienne avancé.
Les frappes ukrainiennes ont également touché un dépôt de carburant aérien proche de Sébastopol, en Crimée occupée, renforçant la pression sur les ressources logistiques russes.
Côté pertes sur le terrain, l’état-major ukrainien rapporte qu’au cours des combats d’hier, les forces russes ont subi d’importantes pertes : environ 850 tués, 47 obusiers majeurs détruits, 106 véhicules de transport sévèrement endommagés, 19 véhicules blindés et de combat de l’infanterie ainsi que 6 chars. Ces chiffres indiquent que l’armée russe aurait tenté une manœuvre mécanisée importante, désormais empêchée par la résistance ukrainienne.

Char russe détruit sur le front ukrainien – Photo : Jonas
Cette escalade souligne l’importance vitale des équipements défensifs fournis à l’Ukraine et la gravité continue du conflit, qui reste au cœur des enjeux géopolitiques internationaux, nécessitant un soutien constant à la résistance ukrainienne.