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Une contre-offensive ukrainienne réussie a été menée sur le front sud afin d’empêcher l’avancée russe vers la grande ville de Zaporijjia. Le pont de Kertch a été endommagé suite à une attaque sous-marine des services de renseignement ukrainiens (SBU), limitant désormais le passage aux véhicules de moins de cinq tonnes.

Dans la région de Stepnohirsk, à la périphérie de la ligne de front sud, l’Ukraine a stoppé les tentatives russes de progression le long de l’autoroute menant vers le nord en direction de Zaporijjia. Cette contre-offensive a été menée par le premier bataillon d’assaut du 210e régiment d’assaut. Selon différentes sources cartographiques et reportages, l’opération a permis de repousser les forces russes à cet endroit stratégique.

Le pont de Kertch, important lien entre la péninsule de Crimée annexée par la Russie et la Russie continentale, a subi des dommages sérieux. Les services ukrainiens, à travers une attaque sous-marine, ont touché un pilier et son fondement, entraînant une restriction du poids maximal autorisé sur le pont à cinq tonnes. Toute circulation militaire logistique est désormais suspendue sur cette infrastructure, qui souffre d’une « détérioration aiguë ».

Le chef des services de sécurité ukrainiens (SBU), Vasyl Maljuk, a déclaré que trois attaques réussies ont gravement perturbé la logistique militaire russe via ce pont :

« Le pont de Crimée est désormais une construction gravement endommagée. La première attaque en 2022 a été effectuée depuis la terre avec un véhicule chargé d’explosifs, la deuxième depuis l’eau avec des drones spéciaux, et la troisième, en 2025, une attaque sous-marine ayant causé des dégâts majeurs aux piliers. Actuellement, seuls les véhicules légers de moins de cinq tonnes peuvent circuler, et aucune logistique militaire n’y passe plus. »

La dernière attaque sous-marine impliquait deux charges explosives totalisant 1,1 tonne de puissance explosive.

Maljuk, personnellement menacé par la Russie, a indiqué qu’il multiplie les lieux de résidence et utilise des centres de commandement alternatifs, transformant la menace en source de motivation.

Sur le plan militaire, cette dégradation du pont limite désormais sa valeur stratégique directe, mais l’infrastructure reste un symbole important. Certains analystes estiment même qu’il serait contre-productif de le détruire complètement, car sa défense mobilise des ressources russes, notamment des systèmes anti-aériens, qui manquent alors sur le front.

Sur le plan des pertes humaines, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a communiqué des chiffres détaillés concernant les combats du 11 août :

« La Russie a subi 531 soldats tués, 428 blessés, et neuf capturés, tandis que l’Ukraine a enregistré environ 340 pertes, dont 18 tués, 243 blessés et 79 portés disparus. »

L’efficacité des soins médicaux sur le champ de bataille ukrainien est notablement meilleure, permettant aux défenseurs de rester protégés. En revanche, les forces russes mènent leurs attaques à découvert sur des espaces larges de plusieurs kilomètres, souvent sans couverture aérienne suffisante, ce qui compromet lourdement leur survie et l’évacuation des blessés.

Au total, les pertes russes sont environ trois fois supérieures à celles des Ukrainiens, et en terme de tués, jusqu’à trente fois plus nombreuses. Même en estimant que la moitié des disparus ukrainiens sont des morts, le nombre de soldats russes tués reste nettement plus élevé.

En termes matériels, les pertes russes du 12 août sont également importantes : 890 soldats hors de combat, 46 véhicules de transport détruits, 23 obusiers, plusieurs systèmes d’artillerie et de défense antiaérienne, huit véhicules de combat d’infanterie, mais seulement un char détruit.

Cette réduction récente des pertes russes pourrait indiquer une pause tactique, un repositionnement en préparation d’une offensive majeure, ou encore une tentative de Moscou de faire bonne figure avant un sommet diplomatique. Par ailleurs, la baisse des bombardements par roquettes pourrait aussi être la conséquence des actions ukrainiennes ciblant les lignes de ravitaillement des drones Shahed.

En résumé, la contre-offensive ukrainienne sur le front sud perturbe la progression russe vers Zaporijjia, tandis que la logistique russe est sérieusement entravée par les attaques sur le pont de Kertch, un point névralgique stratégique et symbolique.