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La Russie a stoppé l’exportation de pétrole depuis son grand terminal pétrolier de Björkö/Koivisto dans le golfe de Finlande à la suite de frappes ukrainiennes touchant également des stations de pompage du second port pétrolier d’Ust-Luga. Cette récente vulnérabilité des systèmes de défense aérienne russes se traduit par la volonté de Moscou de racheter les batteries S-400 qu’elle avait précédemment vendues à la Turquie. Par ailleurs, la Pologne déploie du personnel militaire à Kiev pour coordonner et renforcer la défense aérienne commune face aux attaques de drones russes.

Les services de sécurité ukrainiens (SBU) sont à l’origine des frappes sur les infrastructures pétrolières dans le golfe de Finlande. Ces attaques ont conduit la Russie à suspendre les exportations via le principal port pétrolier de Björkö/Koivisto, une décision qui, selon Kyiv Independent, prive Moscou de 41 millions de dollars par jour. Ce port est crucial pour l’exportation d’environ un million de barils pétroliers quotidiens, représentant la plus grande plateforme d’exportation pétrolière de l’ouest de la Russie, avec une capacité additionnelle de 300 000 barils de diesel par jour.

Selon Reuters, deux navires appartenant à la flotte russe dite « fantôme » ont été touchés dans le port, provoquant un incendie. Une station de pompage a aussi été atteinte, tandis que les SBU indiquent qu’au moins trois stations alimentant le port secondaire d’Ust-Luga ont été bombardées récemment.

Sur le plan militaire, la Russie souhaite racheter les systèmes de défense aérienne S-400 vendus à la Turquie. Ce système antimissile de moyenne portée, moderne et qualifié, n’a pas été intégré à l’OTAN. Ankara l’avait acquis en réaction à l’achat par la Grèce d’avions F-35. Aujourd’hui, la Turquie développe un système de défense aérienne autonome et cherche à renouer avec le programme F-35, dans lequel le contrôle des S-400 reste un obstacle majeur.

Analyse : La Russie a perdu un nombre important de composants S-400 au cours de son offensive en Ukraine, révélant une difficulté majeure à protéger tous ses sites stratégiques. Avec l’introduction progressive de missiles de croisière lourds ukrainiens comme Neptun et Flamingo, la nécessité d’une défense aérienne russe efficace augmentera encore. Cependant, la production nationale de nouvelles batteries pourrait être limitée, notamment en raison de la corruption et des sanctions internationales. Par ailleurs, les S-400 ne se sont pas montrés très efficaces contre les attaques ukrainiennes, souvent neutralisés par des drones peu coûteux ou des missiles à guidage électronique.

Par ailleurs, la Pologne déploie du personnel militaire à Kiev pour renforcer la coordination et la défense aérienne conjointe contre les attaques russes. Cette initiative fait suite à une incursion de drones russes dans l’espace aérien polonais, incursions perçues comme un moment clé par Varsovie en matière de sécurité. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a déclaré :

« Le côté ukrainien avait informé la Pologne à l’avance du passage de ces drones dans l’espace aérien polonais. Nous attendons la délégation militaire polonaise jeudi pour travailler avec nos forces. Aujourd’hui, seul l’Ukraine possède l’expérience nécessaire pour contrer ces menaces. »

Le ministre polonais des Affaires étrangères a ajouté :

« Cette pénétration de l’espace aérien polonais et de l’OTAN par des drones russes est une épreuve de vérité. Les drones sont entrés non seulement depuis l’Ukraine, mais aussi depuis la Biélorussie. Le combat aérien a duré sept heures. Ce n’est pas un accident, et quiconque affirme qu’il s’agit d’une provocation ukrainienne est soit l’auteur, soit un complice de la propagande russe. »

Contexte supplémentaire : Le port de Björkö/Koivisto est un point stratégique majeur pour les exportations énergétiques russes vers l’Europe et les marchés mondiaux. Les attaques ciblées ukrainiennes sur ces infrastructures visent à affaiblir la capacité financière et logistique de la Russie dans son conflit armé. Par ailleurs, la défense aérienne russe, malgré ses moyens sophistiqués, fait face à de nouvelles menaces asymétriques telles que des drones de petite taille, qui ont provoqué des défaillances répétées.

Enfin, la région de Vovtjansk, au nord de Kharkiv, souffre d’une destruction quasi-totale selon des images récentes. Contrairement à une frappe nucléaire qui laisse invariablement des structures bétonnées, l’ensemble des constructions civiles y a été rasé, ne laissant que quelques charpentes métalliques. Sur le terrain, l’armée ukrainienne maintient des positions bien fortifiées et semble déterminée à ne pas reculer.