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Une importante installation russe d’exportation pétrolière située à Primorsk, dans le golfe de Finlande, a été visée par une attaque ukrainienne. Tandis que la chaîne suédoise publique a relayé sans critique la propagande du Kremlin, cet incident soulève des questions sur la gestion de l’information par les médias.

Dans la nuit, l’Ukraine a mené une attaque de grande envergure avec des missiles contre des cibles profondes sur le territoire russe, notamment la principale terminale d’exportation pétrolière de Björkö/Koivisto (connue sous le nom de Primorsk depuis la Seconde Guerre mondiale). Un navire serait en flammes dans le port, et une station de pompage aurait également été touchée.

Cette installation est la plus importante pour l’exportation d’hydrocarbures russes dans le golfe de Finlande et dessert la fameuse « flotte fantôme », un convoi de navires que le Danemark et la Suède laissent passer librement par les détroits danois (les Sund et les Bælten).

En parallèle, d’autres sites stratégiques russes ont été affectés par des frappes ukrainiennes : une installation Lukoil à Smolensk a été bombardée et l’aéroport de Pulkovo, à Saint-Pétersbourg, a dû être fermé, entraînant l’annulation d’une cinquantaine de vols. Ces opérations témoignent d’une capacité ukrainienne à porter des coups précis sur des infrastructures majeures, ce qui oblige la Russie à réévaluer ses défenses aériennes dans la zone.

Malgré ces événements, les images et matériaux visuels concernant les explosions et incendies sont rares. Les seules informations disponibles proviennent des autorités russes, qui minimisent les faits en ne reconnaissant que des débris de drones, refusant de confirmer l’ampleur réelle des dégâts.

On peut supposer que cette attaque ukrainienne sert à tester l’accès à la région de Björkö/Koivisto, à mieux comprendre les trajectoires possibles d’approche, ainsi qu’à évaluer les capacités du système de défense antiaérienne russe installé sur place. Cela alourdit la pression sur Moscou pour réorganiser la protection de ses infrastructures clés.

La seconde grande installation portuaire russe dans le golfe de Finlande, à Ust-Luga, a déjà vu sa capacité divisée par deux à la suite d’attaques ukrainiennes antérieures.

Sur le plan médiatique, la chaîne publique suédoise SR et sa consoeur SVT ont choisi de diffuser sans contestation la propagande de l’ambassadeur russe, une démarche qui a soulevé de vives critiques sur leur impartialité et leur rôle dans un contexte de guerre.

Ces chaînes ont offert un espace à l’ambassadeur russe pour propager des mensonges et manipulations sans répondre de manière adéquate aux fausses informations émises. Cela pose la question de la responsabilité des médias publics dans la protection des exigences de défense nationale, surtout quand le conflit s’approche du territoire suédois.

Dans le passé, notamment dans la fiction comme le roman Höstsol, SVT avait déjà imaginé un tel scénario où la propagande russe se déploierait sur ses antennes. Aujourd’hui, la réalité semble dépasser cette fiction, avec la chaîne laissant la dictature de Moscou diffuser ses « vérités » sans contrôle, alors que leur financement repose sur une redevance obligatoire assimilable à une taxe.

La lourde imprudence médiatique des deux chaînes publiques consiste à simuler une interrogation critique des représentants étrangers tout en leur permettant de déverser leur propagande sans contradiction. Ce manquement fragile nuit à la crédibilité de ces médias en tant qu’acteurs du service public et partenaires du total defence suédois.

Alex Voronov, analyste spécialisé, a dénoncé point par point les mensonges de l’ambassadeur dans une analyse détaillée, mettant en lumière l’incapacité de l’interviewer d’SVT, Anton Holmberg, à opposer une véritable réponse critique.

« Dès le départ, les positions de l’intervieweur et de l’interviewé étaient radicalement opposées. Les autres invités essaient d’être crédibles et convaincants, mais pour l’ambassadeur russe, il est acceptable d’apparaître antipathique et de ne persuader personne. Son but est de brouiller la vérité, d’instaurer le doute, de créer une zone grise entre le noir et le blanc. »

Le journaliste Kalle Kniivilä, dans le quotidien Sydsvenskan, souligne également le fiasco de SVT :

« L’ambassadeur tournait en rond autour de l’animateur de SVT, qui peinait à réfuter quelques-unes des nombreuses mensonges propagés, tels un épais écran de fumée nauséabonde. Il est évident que Holmberg ne percevait même pas à quel point l’ambassadeur mentait effrontément. »

SVT a démontré une incapacité manifeste à gérer la communication avec un ennemi déclaré, ce qui constitue une faille majeure en termes de sécurité nationale. Si l’on ne peut pas confondre incompétence et mauvaise foi délibérée, il est incontestable que ces deux chaînes ont maintes fois montré leur carence dans ce domaine. Elles peuvent donner l’impression d’agir sous influence étrangère.

Il est crucial de ne pas permettre à une dictature fasciste comme celle de Russie d’exploiter nos principes démocratiques et la liberté d’expression contre nous-mêmes. Dans un contexte de guerre, cette permissivité est inacceptable. Réfuter un mensonge isolé sert souvent de prétexte pour laisser d’autres affirmations fallacieuses sans réponse.

De manière générale, il est préférable de ne pas offrir de tribune aux diffuseurs de fausses informations, car le nombre de mensonges est infini alors que la vérité est unique. Ainsi, le désinformateur peut toujours développer de nouvelles idées, laissant ses adversaires démunis.

L’article sera mis à jour régulièrement. Nous poursuivrons les discussions sur le conflit ukrainien, les questions de défense et les sujets connexes dans d’autres articles. Razom do peremohi ! Smert voroham !