Le blocage partiel du gouvernement américain dû à une impasse budgétaire menace de retarder les livraisons d’armes cruciales à l’Ukraine. Parallèlement, une émission suédoise continue de diffuser la propagande pro-Kremlin, en donnant la parole à des figures controversées qui appellent à la capitulation ukrainienne et à l’arrêt du soutien occidental au respect du droit international.
La suspension des financements fédéraux pourrait freiner l’aide militaire américaine à Kiev, rapporte le Kyiv Independent. Malgré le passage d’une délégation ukrainienne à Washington, les pourparlers avec les autorités américaines sont au point mort en raison de l’arrêt temporaire des activités gouvernementales lié au désaccord sur le budget annuel.
Cette situation intervient dans un contexte géopolitique tendu entre l’Ukraine, soutien clé de l’Occident face à l’invasion russe, et les hésitations occasionnées par des difficultés budgétaires internes aux États-Unis. Le risque est que ce délai compromette la capacité des forces ukrainiennes à renouveler leur équipement et à faire face aux opérations militaires sur le terrain.
Par ailleurs, le diffuseur public suédois SVT poursuit sa controverse en réitérant la diffusion d’intervenants connus pour leurs positions pro-russes et leur présence dans des médias favorisant la rhétorique pro-Poutine. Lors d’une deuxième émission consécutive, le programme 30 minuter a accueilli Lena Andersson, une auteure et chroniqueuse controversée, accusée de tenir des propos proches de l’extrême droite et de diffuser des idées favorisant l’agression russe.
Andersson a ainsi appelé à un arrêt du soutien occidental à l’Ukraine, tout en diffusant des affirmations erronées selon lesquelles la Russie ne chercherait pas à étendre son influence territoriale, malgré les déclarations et actions explicites visant à reconstruire un ancien empire russe, par l’annexion et l’occupation de territoires en Géorgie, Moldavie et Ukraine.
Elle a également suggéré que l’Ukraine doit « accepter son destin géographique » en tant que voisin de la Russie fasciste, comparant ce fatalisme à une situation d’abus qui doit être acceptée sans résistance. Ces propos ont été présentés par SVT comme émanant d’une « auteure suédoise éminente », une qualification contestable et partiellement indéfendable dans un contexte journalistique rigoureux.
Le choix éditorial de SVT alimente les critiques sur la manipulation médiatique, certains observateurs estimant que la ligne éditoriale serait influencée par des intérêts proches du Kremlin. L’émission avait déjà fait polémique en laissant le représentant russe diffuser sa propagande sans contestation.
Sur le front militaire, les combats se poursuivent intensément. Le 11 octobre au matin, l’armée ukrainienne a bombardé une raffinerie située à Orsk, dans l’oblast russe d’Orenbourg, ce qui souligne la capacité de Kiev à mener des opérations au-delà de ses frontières, mettant en évidence une phase élargie du conflit.
Par ailleurs, les pertes russes du 10 octobre se chiffrent à environ 970 soldats tués, 44 véhicules de transport détruits, 13 obusiers, un lance-roquettes multiple et un char de combat, selon un communiqué des forces ukrainiennes. Ces chiffres témoignent de l’intensité des affrontements et des dégâts matériels subis par la Russie.
« Razom do peremohi ! Smert voroham ! » – « Ensemble jusqu’à la victoire ! Mort aux ennemis ! » Cette devise illustre la détermination ukrainienne dans ce conflit complexe et meurtrier.