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La nuit dernière, la deuxième plus grande raffinerie russe, située à Kirishi près des villes de Nyen et Nöteborg, a été bombardée. Selon le ministre suédois des Finances, des documents internes au Kremlin révèlent que l’inflation réelle en Russie atteindrait 20 %, bien au-delà des chiffres officiels, ce qui traduirait une profonde récession économique et confirment l’impact significatif des sanctions occidentales.

La raffinerie de Kirishi, proche de Saint-Pétersbourg, cible stratégique majeure

La raffinerie de Kirishi, près de l’ancienne ville suédoise de Nöteborg et à proximité de Saint-Pétersbourg, a été frappée par des attaques aériennes ukrainiennes, selon plusieurs sources. Cette installation, capable de traiter 20 millions de tonnes de pétrole par an, représente à elle seule près de 7 % de la capacité de raffinage russe. Elle joue un rôle clé dans l’approvisionnement en carburant de la région de Saint-Pétersbourg, une façade importante pour le régime.

Des vidéos publiées montrent des drones ukrainiens survolant la zone, des tirs d’armes légères tentant de les abattre et des explosions successives au loin. Ce bombardement constitue au moins la quatrième attaque contre cette raffinerie, que la Russie semble incapable de protéger efficacement, bien que l’étendue des dégâts reste inconnue.

L’inflation russe officiellement sous-estimée, selon les services de renseignement suédois

La ministre suédoise des Finances, Elisabeth Svantesson, a souligné dans une tribune que l’inflation réelle en Russie serait de l’ordre de 20 %, contre 8,1 % selon les statistiques officielles. Cette estimation est basée sur des documents internes au Kremlin obtenus par les services de renseignement suédois :

« Le gouvernement dispose de renseignements confirmant ce que beaucoup soupçonnaient : l’inflation en Russie est deux fois plus élevée que ce que prétend le régime de Vladimir Poutine. En réalité, des taux de 20 % sont utilisés dans les documents internes au Kremlin. Cela révèle la plus grande faiblesse de la Russie, son économie. Le temps n’est pas du côté de Poutine, et il faut intensifier la pression. »

Ces analyses renforcent l’idée que les sanctions imposées à la Russie affectent gravement son économie.

Trois axes d’action pour renforcer la pression selon Elisabeth Svantesson :

  • Lutter contre la désinformation russe concernant la solidité économique et la capacité militaire à poursuivre la guerre.
  • Accroître la pression économique via la réduction du plafond des prix du pétrole, le durcissement des sanctions et l’exclusion des institutions financières russes du système international.
  • Maintenir un soutien économique et militaire durable à l’Ukraine.

Une récession profonde fragilise l’économie russe

Si l’on considère que la croissance du PIB russe pour 2024 est annoncée à 4,1 %, une estimation largement irréaliste, et que l’inflation réelle atteint 20 %, il en résulte un véritable effondrement économique. Lorsque la croissance est corrigée de l’inflation, le PIB russe serait en réalité en chute libre, avec une contraction estimée à 9,4 %.
Une telle récession, voire dépression, dément totalement l’image d’une « superéconomie » russe.

Ce chiffre de 20 % d’inflation avait déjà circulé, mais la reconnaissance officielle par le ministère suédois des Finances, fondée sur des documents Kremlin internes, constitue une révélation majeure. Cette situation pourrait accentuer la paranoïa et les purges au sein des cercles dirigeants russes.

Note méthodologique :
La déflation du PIB n’est pas strictement égale à l’inflation mesurée par l’indice des prix à la consommation, mais celle-ci reste une bonne approximation car les hausses de coûts des entreprises finissent par être répercutées sur les consommateurs. Ces derniers supportent donc in fine la totalité des coûts économiques.

Cette analyse confirme les difficultés économiques majeures de la Russie dans le contexte de la guerre en Ukraine, soulignant l’importance d’un soutien continu à l’Ukraine et de la poursuite des mesures de pression économiques.