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Le journal britannique The Telegraph a publié dans son intégralité les 28 points du plan de capitulation USA-Russie concernant l’Ukraine, un accord qui se traduit par une victoire totale pour Moscou. Ce plan prévoit notamment la levée de toutes les sanctions, la prise effective de contrôle par la Russie sur de vastes portions du territoire ukrainien, y compris les régions de Zaporizhzhia et Kherson, ainsi que Donetsk et Louhansk. Il inclut également une amnistie pour les crimes de guerre, la restitution des avoirs gelés, un désarmement unilatéral de l’Ukraine, et un alignement de l’OTAN sur la volonté du Kremlin. Les seules garanties de sécurité proposées se limitent à la possibilité de rétablir des sanctions en cas de manquement russe.

Les grandes lignes du plan

Selon ce document, l’Ukraine devra se retirer de ses lignes de défense dans les régions de Louhansk et Donetsk. La Russie, de son côté, conservera ses positions dans les régions de Zaporizhzhia et Kherson, tandis qu’elle se retirera de certaines zones d’occupation lors des régions de Soumy, Kharkiv et Dnipropetrovsk. L’Ukraine sera contrainte à un désarmement strict, notamment en interdisant toute technologie capable d’atteindre Moscou — cela inclut ses propres drones — alors que la Russie pourra maintenir son arsenal offensif pouvant atteindre Kiev sans restriction.

Sur le plan économique, la Russie sera réintégrée à la sphère internationale, récupèrera tous ses avoirs gelés, avec pour seule exception une somme modeste, insuffisante à la reconstruction de l’Ukraine, qui devra être financée par la communauté internationale. La levée des sanctions sera progressive jusqu’à une réintégration à terme de la Russie au sein du G8. Par ailleurs, l’OTAN s’engagera à ne jamais accueillir de nouveaux membres, ce qui concernerait, entre autres, des pays européens neutres comme l’Irlande, l’Autriche ou la Suisse. L’accord entraîne ainsi une soumission totale de l’Alliance atlantique aux exigences du Kremlin, remettant en cause la souveraineté des États européens.

Enfin, la seule garantie de sécurité offerte à l’Ukraine réside dans la menace éventuelle du rétablissement des sanctions occidentales si la Russie venait à violer le traité — un dispositif symbolique, à effet incertain, compte tenu que Moscou aura déjà récupéré ses avoirs et son influence accrue sur la région.

Analyse détaillée des points clés

1. Reconnaissance de la souveraineté de l’Ukraine — Une formalité vide de sens, puisque l’Ukraine affirme déjà son indépendance par la résistance armée.

2. Accord global de non-agression incluant la reconnaissance des actions russes passées, notamment l’annexion de la Crimée. Cela signifie que toutes les actions de la Russie depuis des décennies sont validées.

3. Engagement de la Russie à ne pas envahir ses voisins et arrêt de l’expansion de l’OTAN. Cette clause donne de facto au Kremlin un droit de veto sur les politiques de sécurité des pays européens, engagés ou non dans l’Alliance atlantique. Le refus d’adhésion pour des États neutres constitue une remise en cause majeure de leur liberté souveraine.

6. Limitation de l’armée ukrainienne à 600 000 hommes, une forte réduction par rapport aux 1,1 million actuels, exposant Kyiv à de nouvelles offensives russes.

7. L’Ukraine confirme dans sa Constitution qu’elle ne rejoindra jamais l’OTAN et l’Alliance intègre cela dans sa charte. Cette clause instaure une domination russe sur l’OTAN elle-même.

8. Interdiction pour l’OTAN de déployer des troupes en Ukraine, ce qui prive Kyiv de toute assistance militaire directe occidentale.

10. Garantie américaine conditionnelle : en cas d’attaque ukrainienne contre la Russie, la garantie est suspendue ; en cas d’agression russe, un « réponse militaire coordonnée » est évoquée, mais sans déploiement de forces de l’OTAN en Ukraine, seules les sanctions seront rétablies. Ce dispositif illustre une garantie purement symbolique et unilatérale au bénéfice exclusif de la Russie.

13. Réintégration économique de la Russie avec levée progressive des sanctions et retour au G8. Un partenariat économique global USA-Russie sera développé, couvrant notamment les secteurs de l’énergie, des ressources naturelles et des technologies avancées, au détriment des intérêts ukrainiens et européens.

14. Utilisation des avoirs gelés russes pour financer la reconstruction ukrainienne, avec 50% des bénéfices allant aux États-Unis. L’Europe devra injecter des fonds supplémentaires, tandis que les États-Unis bénéficient d’un retour financier important.

18. Le fonctionnement de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia sera supervisé par l’AIEA et l’électricité produite sera répartie à parts égales entre la Russie et l’Ukraine, une situation inédite donnant à Moscou un accès direct aux ressources énergétiques ukrainiennes.

26. Amnistie générale pour tous les acteurs du conflit, y compris les crimes de guerre, excluant tout recours ou poursuite ultérieure, une impunité totale accordée à Moscou et à ses alliés.

Réactions ukrainiennes

Le conseiller ukrainien à la sécurité nationale, Umerov, a catégoriquement démenti l’approbation de ce plan de capitulation, qualifiant ces fuites d’informations non vérifiées ne correspondant pas aux consultations officielles. Il réaffirme les principes immuables de l’Ukraine en matière de souveraineté, de sécurité populaire et de paix juste.

Le président Volodymyr Zelensky a, de son côté, prononcé un discours solennel rappelant son engagement indéfectible envers la souveraineté du pays et la dignité de son peuple. Il a souligné la gravité du moment historique, dénoncé la pression exercée sur Kyiv et appelé à une unité nationale renforcée pour préserver la liberté et l’indépendance face à une paix indigne.

« Un moment est venu dans la vie de chaque nation où la franchise doit prévaloir. Ukraine se trouve maintenant sous une pression immense. Le choix qui s’offre à nous est d’accepter une capitulation humiliant nos valeurs ou d’affronter un hiver terrible sans la liberté, la dignité et la justice. »

Ce discours témoigne de la profonde défiance ukrainienne vis-à-vis d’un accord susceptible de trahir la cause nationale et a suscité la condamnation unanime au sein des forces armées ukrainiennes, qui voient dans ce plan une forme de reddition imposée.

Contexte militaire et humanitaire

Dans la continuité des affrontements, l’état-major ukrainien rapporte des pertes sévères chez les forces russes, notamment plus de 1 000 morts, 65 véhicules de transport détruits, ainsi que la destruction de pièces d’artillerie lourde. Malgré des conditions météorologiques défavorables pour les blindés, les forces russes continuent d’être engagées sur le terrain.

En parallèle, les bombardements russes contre des centres urbains ukrainiens, comme celui de Zaporizhzhia utilisant des bombes guidées à longue portée, ont causé la mort de civils et d’importants dégâts matériels.

Perspectives stratégiques

Ce plan révèle une volonté de Moscou d’imposer un ordre géopolitique révisé en Europe, fondé sur sa supériorité militaire et économique, et un remodelage de la sécurité continentale sous sa seule influence. L’acceptation par les États-Unis d’un tel accord, au détriment de l’intégrité territoriale ukrainienne et de la souveraineté des États européens, marquerait un tournant majeur dans les relations internationales contemporaines.

Pour l’heure, la détermination ukrainienne reste intacte, rejette ce projet de capitulation et plaide pour une solution conforme aux principes du droit international et au respect de son indépendance.

Photo : Soldat ukrainien équipé lors des combats, illustre la résistance sur le terrain malgré les pressions diplomatiques.