Le navire russe ADLER, transporteur d’armes, a été contrôlé en Suède après avoir cherché refuge dans le port de Höganäs, soulevant de sérieuses questions sur l’application des sanctions contre la Russie. Par ailleurs, environ 50 civils ont été victimes de nettoyage ethnique dans une localité frontalière de la région ukrainienne de Sumy.
Selon les autorités suédoises, l’Agence des douanes, en collaboration avec la Garde côtière et la Police nationale, a procédé dans la nuit au contrôle du navire ADLER, qui avait mouillé en urgence dans les eaux territoriales suédoises, près de Nyhamnsläge entre Mölle et Höganäs. Aucune information officielle n’a encore filtré concernant la cargaison retrouvée à bord.
Ce navire est réputé pour transporter des systèmes d’armes lourds et a déjà effectué des livraisons vers divers pays africains ainsi qu’en Chine. Il s’agit probablement d’un des rouliers susceptibles d’être utilisés par la Russie dans le cadre d’une éventuelle invasion de territoires tels que Gotland, Bornholm, Åland ou la Suède continentale, en cas d’escalade militaire en mer Baltique.
L’ADLER est soumis à des sanctions internationales, ce qui complique la gestion de sa situation actuelle. Seules des assistances humanitaires limitées pourraient être autorisées. Reste à savoir comment la Suède réagira si le navire devait recevoir une aide russe pour des réparations maritimes. Conformément aux accords, les navires se rendant dans des ports russes peuvent transiter par le détroit de l’Öresund ou les détroits danois, indépendamment de leur fret. Toutefois, l’ancrage en eaux suédoises après avoir franchi ce détroit pose un cas de figure inédit, surtout si le navire transporte effectivement des armements. La question d’une gestion confidentielle de l’incident, comme par exemple un « PH » (Pinsamt Hemligt, soit “gêne secrète”), afin d’éviter une crise diplomatique, reste ouverte.
Une solution simple pourrait consister à faire remorquer le navire hors des eaux territoriales suédoises, sans formalités supplémentaires.
Cependant, si le navire est chargé d’armes et autorisé à stationner, ce scénario pourrait constituer un prototype d’opération stratégique visant à sécuriser l’accès nord de l’Öresund. Dans cette hypothèse, le navire arriverait rempli d’armements, invoquerait une urgence pour entrer en port, puis des troupes seraient débarquées rapidement depuis des hélicoptères et vedettes rapides, permettant de reprendre la machine et de décharger les équipements au sol. Bien que Nyhamnsläge ne soit pas un port idéal pour une telle opération, le principe est testable. Que se passerait-il si un navire similaire prenait refuge à proximité d’un vrai port rouleur, par exemple à Slite sur Gotland, jonché d’équipements russes lourds ? Ce genre de menace asymétrique devra être anticipé par les forces suédoises.
Par ailleurs, environ 50 civils ont été expulsés de force par des troupes russes d’un village frontalier dans la région de Sumy, en Ukraine, rapporte le média ukrainien Ukrainska Pravda. La localité de Hrabovske, prise lors d’une incursion russe transfrontalière, a vu principalement des personnes âgées déportées arbitrairement. Leur sort demeure inconnu.
Dans les opérations militaires actuelles, des vidéos récentes montrent l’efficacité des frappes à distance contre des groupes d’infanterie ennemis tentant de s’infiltrer. À 11h23, un film montre une dizaine de soldats russes se suicider alors qu’ils tentent de franchir la frontière vers la région de Kharkiv. À 11h24, une quarantaine de combattants, dont des mercenaires africains, sont anéantis après avoir essayé de s’infiltrer par un pipeline près de Novoplatonivka.
Ces exemples illustrent la dynamique de la guerre moderne où des frappes précises permettent d’éliminer les forces adverses sans exposer ses propres troupes, un savoir-faire que les forces suisses doivent impérativement maîtriser. Pour l’armée russe, cette capacité agit également comme un verrou défensif dans un périmètre de 10 à 20 km. Elle devient un élément crucial lors des opérations d’infiltration, par exemple pour des commandos suédois tentant de pénétrer des lignes ennemies.
Par ailleurs, les équipages de chars ukrainiens sont désormais formés à piloter des drones de combat, une adaptation stratégique majeure qui complète les arsenaux traditionnels. Il ne s’agit pas de remplacer totalement un type de système par un autre, mais de combiner intelligemment les moyens en fonction des circonstances pour maximiser l’efficacité militaire.
Concernant le navire ADLER, le personnel à bord a été décrit comme « très aimable », affirme l’Agence des douanes suédoises. La Police nationale a déployé la National Task Force (NI), une unité d’intervention spécialement entraînée pour les opérations de contrôle maritime, afin de sécuriser l’opération.
Cette situation témoigne des tensions croissantes dans la région autour des flux d’armes russes, et des enjeux sécuritaires immédiats que cela représente pour la Suède et ses voisinages, dans un contexte de guerre prolongée en Ukraine et de rivalités géopolitiques en mer Baltique.