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L’Union européenne a décidé de geler indéfiniment les avoirs russes sur son territoire tant que la Russie n’aura pas versé de réparations de guerre à l’Ukraine. Par ailleurs, la Légion internationale de volontaires étrangers qui combat aux côtés de l’Ukraine sera dissoute, tandis que des dispositifs de soutien psychologique sont désormais mis en place en Suède à destination des volontaires ukrainiens de retour.

Hier, l’UE a adopté une mesure majeure visant à bloquer les avoirs russes sur le sol européen jusqu’à ce que la Russie indemnise l’Ukraine pour les dommages causés par son invasion illégale, reconnue comme un acte de guerre au regard du droit international. Cette décision renforce la pression financière exercée sur Moscou, avec environ 210 milliards d’euros d’avoirs concernés. Selon Kaja Kallas, ministre estonienne des Affaires étrangères, « L’UE a décidé d’immobiliser indéfiniment les avoirs russes. Cela garantit que jusqu’à 210 milliards d’euros resteront en Europe, à moins que la Russie ne paie intégralement les réparations à l’Ukraine. Nous intensifions la pression afin que la Russie prenne les négociations au sérieux. Le Conseil européen de la semaine prochaine sera crucial pour assurer les besoins financiers de l’Ukraine dans les années à venir ».

L’Union européenne travaille également pour que ces fonds gelés servent au financement de la défense ukrainienne et à la reconstruction du pays. De plus, la décision élimine la possibilité pour certains États membres, tels que la Hongrie et la Slovaquie, de poser leur veto à cette mesure, marginalisant ainsi ceux perçus comme des « cinquième colonnes » au sein de l’UE.

En parallèle, l’Ukraine a annoncé la dissolution de sa Légion internationale de volontaires étrangers à compter de la fin de l’année. Cette force composée de combattants volontaires étrangers sera progressivement intégrée aux unités régulières, et l’accueil de nouveaux volontaires étrangers continuera sous d’autres formes. Selon le Kyiv Independent, environ un millier de combattants seraient concernés par cette transition. Cette réorganisation ne touche cependant pas la Légion internationale rattachée au service de renseignement militaire ukrainien (HUR).

En Suède, le Soldathemsförbundet (Fédération suédoise des maisons du soldat) finance désormais des traitements spécialisés pour les volontaires ukrainiens de retour sur le territoire suédois. Ces vétérans, civils ou militaires, présentent souvent des besoins importants en matière de soutien psychosocial, notamment dans la prise en charge du trouble de stress post-traumatique (TSPT). Ce soutien est assuré via un partenariat avec Ersta Diakoni, une institution de santé reconnue à Stockholm, dotée d’une solide expertise dans le traitement des traumatismes liés à la guerre, à la migration et à la violence.

« Depuis le déclenchement de l’invasion russe en 2022, nombreux sont les volontaires ukrainiens nécessitant un accompagnement psychologique. Grâce au fonds de réhabilitation du Soldathemsförbundet, financé par des dons, nous pouvons offrir un soutien psychosocial à ces individus, qui ne sont pas couverts par la loi sur les missions internationales. En partenariat avec Ersta Diakoni, nous proposons des traitements adaptés au TSPT, en particulier liés aux traumatismes de guerre. »

Ersta Diakoni, également associée à la Marie Cederschiöld högskola (ancienne Ersta Sköndal högskola), est historiquement liée au mouvement diaconal suédois et dispose d’une importante expérience dans l’accompagnement de personnes affectées par des conflits ou des persécutions.

Le Soldathemsförbundet bénéficie d’une longue expérience dans la gestion du soutien psychosocial aux militaires suédois, y compris dans le cadre des missions à l’étranger. L’offre s’étend aussi aux formations Premarital Preparation Courses (PREP) destinées aux couples engagés dans le service à l’international. Cette initiative représente une avancée positive du tissu associatif suédois dans l’aide aux volontaires ukrainiens et souligne l’importance de ne pas sous-estimer l’accompagnement psychologique, en insistant sur le fait que demander de l’aide est un signe de force et non de faiblesse.

Le civilsamhälle suédois (société civile) joue ici un rôle fondamental. Son dynamisme, sa rapidité d’action et sa connaissance locale sont des atouts cruciaux, notamment dans le contexte d’un conflit proche du sol européen. Ce réseau de bénévolat s’est considérablement mobilisé pour soutenir l’Ukraine, démontrant la capacité de la société civile à s’organiser face aux enjeux sécuritaires et humanitaires.

Sur le terrain en Ukraine, la lutte contre les drones ennemis demeure un enjeu majeur. L’utilisation de munitions spécialisées anti-drones permet de neutraliser les cibles volant à basse altitude sans exposer les troupes à des risques collatéraux majeurs. Ces systèmes améliorent la protection des soldats contre les drones de reconnaissance et de combat (FPV), très présents sur les champs de bataille modernes.

Une vidéo relayée récemment raconte l’histoire de deux soldats ukrainiens isolés pendant 165 jours, ravitaillés par drones, avant d’être exfiltrés. L’usage accru des drones impose une adaptation constante des tactiques et du soutien logistique. Selon un expert sur le terrain, ces soldats n’auraient peut-être pas dû rester aussi longtemps isolés s’ils avaient eu accès à ce type de munition anti-drone.

Enfin, sur le front de la communication, une interview vidéo de 24 minutes publiée par United24 Media avec le commandant en chef ukrainien Sergiy Syrskij fait le point sur l’offensive ukrainienne dans la région de Koupiansk. Cette opération a permis de repousser une attaque russe majeure sur la ville de Soumy, de renforcer d’autres secteurs du front, et de démontrer la capacité ukrainienne à surprendre l’adversaire malgré la présence massive de drones et de satellites ennemis. La vidéo inclut également des images inédites, y compris des séquences montrant les attaques russes et les pertes subies.

Dans un contexte de tensions internes en Russie, il est rapporté que le général colonel Kuzovlev, commandant du district militaire occidental russe, aurait été arrêté par les services de sécurité (FSB) pour justifier l’échec de la prise de Koupiansk, dont la capture avait été annoncée prématurément par Vladimir Poutine puis démentie. Des rumeurs non confirmées évoquent même sa possible mort dans des circonstances mystérieuses.