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Novembre a été le mois le plus meurtrier pour la Russie depuis le début de l’invasion à grande échelle, les pertes russes dépassant même celles enregistrées lors du dernier mois de la bataille de Bakhmout. La mairie du village de Gammalsvenskby a été rasée par une bombe volante russe, tandis que l’église suédoise et le musée local ont subi des dommages. La Russie n’a pas caché sa responsabilité, publiant des images de l’attaque.

Gammalsvenskby, village suédois en Ukraine, continue de subir des bombardements par des bombes guidées lourdes russes de type FAB-500 ou FAB-1500. Selon l’association locale Föreningen Svenskbyborna, la mairie a été totalement détruite et l’église orthodoxe ukrainienne, partageant la communion œcuménique avec l’église suédoise, ainsi que le musée du village ont été endommagés. La Russie a diffusé des vidéos de ces frappes, agrémentées de musique rock nationaliste, signe d’une revendication explicite de cet acte de terrorisme contre une communauté civile dépourvue d’importance militaire. L’objectif apparent est la destruction totale de Gammalsvenskby.

Face à cette menace, l’espoir repose sur la capacité de riposte, notamment d’une escadrille de F-16 équipée de missiles à guidage radar, qui pourrait envisager de neutraliser ces bombardiers terroristes d’ici le printemps.

Les pertes russes pendant le mois de novembre ont été les plus lourdes depuis le lancement de l’invasion, avec environ 27 950 soldats russes éliminés, d’après les compilations du General Staff ukrainien rapportées par l’analyste Ragnar Gudmundsson. Ces chiffres dépassent les pertes survenues même lors des combats intenses pour Bakhmout en mars, jusque-là l’un des épisodes les plus sanglants pour le personnel russe.

Les pertes en véhicules terrestres russes ont légèrement diminué par rapport au pic d’octobre, mais restent parmi les plus élevées du conflit : 2 541 véhicules détruits en novembre contre 3 013 en octobre et 2 654 en septembre. Ces trois derniers mois représentent ainsi les pertes les plus majeures en matériel russe depuis le début de la guerre. En échange, la Russie n’a conquis que quelques champs, témoignant d’un bilan défavorable.

Analyse :
La Russie subit des pertes croissantes sans progrès militaires tangibles. Cette situation semble être une réaction désespérée à l’offensive ukrainienne estivale. La stratégie russe consiste à attaquer sur plusieurs fronts afin d’épuiser les forces ukrainiennes, en sacrifiant environ mille soldats par jour pour stabiliser les lignes de front tout en mobilisant une intense campagne d’influence visant à promouvoir une négociation au détriment de la souveraineté ukrainienne.

Le soutien occidental à l’Ukraine doit s’intensifier et s’accélérer, avec la possibilité d’une intervention directe sur le terrain en appui aux forces ukrainiennes, dans le respect du droit international et de la Charte des Nations unies, pour mettre fin au conflit dans les prochaines années.

La campagne ukrainienne de l’été a été particulièrement efficace pour entraîner une augmentation drastique des pertes russes, surtout en véhicules blindés, en forçant les combats sur le terrain russe plutôt que de se cantonner à la défense. Les offensives automnales de 2022 avaient déjà démontré cette tendance : chaque attaque ukrainienne provoquait des destructions massives de matériel russe. En revanche, les pertes humaines russes suivent un pattern distinct, notamment durant les attaques massives et répétées – d’abord sur Bakhmout puis désormais sur Avdiivka où les assauts conjuguent « vagues de débris » et « vagues humaines », atteignant des seuils record dans les deux catégories.

La propagande russe affirme des victoires, mais elle ne saurait cacher une réalité évidente : la montée des pertes sans avancées militaires significatives et l’urgence pour Moscou de parvenir à un accord négocié.

En parallèle, les forces ukrainiennes ont abattu dix des onze drones iraniens Shahed lancés la nuit dernière, ainsi qu’un missile de croisière Ch-59 dans la région de Dnipropetrovsk, tandis que les Shahed ont été neutralisés autour d’Odessa. Le General Staff ukrainien rapporte également que les pertes russes d’hier s’élèvent à 1 070 soldats, sept chars, treize véhicules blindés de transport de troupe, dix obusiers, une pièce d’artillerie multiple, onze véhicules logistiques et un équipement spécial. Ces chiffres semblent en partie liés à de mauvaises conditions météorologiques.

Sur le plan matériel, des navires militaires et logistiques transitent toujours, mais en prenant soin d’éviter les eaux internationales ouvertes et en empruntant des voies protégées, notamment via le pont de l’Öresund entre la Suède et le Danemark, afin de minimiser les risques d’attaques russes en mer. En effet, selon le droit international, la Russie peut attaquer des navires transportant du matériel militaire destiné à l’Ukraine en eaux internationales, mais un tel acte serait lourd de conséquences diplomatiques et stratégiques, notamment vis-à-vis de l’opinion publique mondiale.

Sur le terrain, l’artillerie Archer, développée par BAE Systems et fournie à l’Ukraine via la Suède et le Royaume-Uni, a désormais été confirmée comme engagée en combat. Ce système d’artillerie moderne a été livré officiellement en novembre et son efficacité est reconnue dans des frappes ciblées contre les positions russes, éléments de commandement et convois logistiques. Le chef d’état-major suédois Micael Bydén, récemment en visite sur le front ukrainien, a confirmé la présence de systèmes Archer au sein d’unités ukrainiennes équipées de véhicules blindés de transport de troupes CV90.

L’état-major ukrainien indique que le conflit reste bloqué et pourrait durer plusieurs années, mais les forces ukrainiennes restent déterminées, refusant toute idée de reddition, malgré une situation au front extrêmement difficile.

Enfin, un incident tragique a récemment été documenté : deux prisonniers de guerre ukrainiens non armés ont été exécutés sommairement près de Stepove, au nord d’Avdiivka. Ces exactions constituent des violations graves du droit international humanitaire.

Dans ce contexte, l’art de la guerre se révèle être un combat d’usure et d’attrition, où les batailles décisives laissent progressivement la place à l’érosion des capacités humaines et matérielles, un point souligné dans une analyse publiée récemment par un expert en relations internationales.

En résumé, novembre aura marqué un tournant brutal sur le plan humain et matériel pour la Russie, avec un impact important sur la dynamique du conflit. Les prochaines semaines restent cruciales pour l’Ukraine, dont la résistance dépend largement du maintien et de l’amplification du soutien occidental, tant logistique que opérationnel.

Slava Ukraini ! Heroiam slava ! Ensemble, vers la victoire !