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La guerre en Ukraine évolue vers une zone de combat large et saturée de drones, où l’évacuation médicale requiert une coordination rigoureuse, tandis que les essaims de drones autonomes se déploient des deux côtés du front. Un important dépôt russe d’armes a récemment été détruit à Volgograd, marquant une nouvelle étape dans les combats intenses et technologiques qui rythment le conflit.

Le bataillon de drones Da Vinci Wolves a tenu une discussion à l’Armémuseum de Stockholm, révélant que la notion classique de front est désormais obsolète. La bataille se joue dans une « zone de combat » s’étendant sur plusieurs kilomètres, où tout déplacement est immédiatement détecté et neutralisé grâce à la précision des drones.

La priorité ne porte plus sur la formation de fantassins, mais sur la maîtrise des opérations aériennes par drones. La forte demande en drones à fibre optique a multiplié par cinq le prix des composants, dont la majorité provient de Chine. Engagés sur le front de Pokrovsk, les Da Vinci Wolves réalisent jusqu’à 500 attaques par drone par jour. Le bataillon dispose également de capacités propres de recherche et développement, directement sur le terrain, pour améliorer continuellement ses tactiques et technologies.

Dans cette vaste zone de combat, l’évacuation des blessés est complexe et peut prendre plusieurs jours. Les drones cargo lourds assurent la logistique, étant donné que la rapidité d’évacuation habituelle des forces de l’OTAN, estimée à une demi-heure, n’est plus envisageable. La coordination de plusieurs unités et moyens, incluant la lutte contre les drones de reconnaissance russes, des opérations d’appui d’artillerie et des attaques de diversion, est indispensable pour assurer la survie des blessés.

Les deux camps utilisent déjà des essaims de drones entièrement autonomes, même si la technologie reste encore perfectible et nécessite probablement quelques mois de développement supplémentaires. La vitesse d’innovation est telle que le vol de technologies russes ne constitue pas un avantage durable, puisque les Ukrainiens progressent rapidement au-delà des systèmes copiés.

Un commandant des Da Vinci Wolves a souligné qu’aucune défense incapable de maîtriser la guerre par drones ne pourra vaincre une force qui en fait son arme dominante. L’intégration prioritaire de ce combat à tous les niveaux – planification, doctrine, tactique, formation et équipements – est essentielle pour la capacité de défense, notamment dans les forces armées suédoises.

Il est important de noter que l’absence de diffusion publique des pertes ukrainiennes ne signifie pas que la Russie maîtrise mieux la guerre par drones. Il s’agit avant tout d’une stratégie de guerre psychologique. Les forces ukrainiennes possèdent des preuves visuelles qui ont été montrées à des autorités de la défense, mais qui ne sont pas publiées pour des raisons opérationnelles.

Par ailleurs, Da Vinci Wolves prévoit d’étendre ses échanges avec les autorités militaires suédoises et la FMV (Agence suédoise d’approvisionnement en matériel de défense) pour renforcer cette expertise dans la défense nationale.

Par ailleurs, au cours de la nuit, un important dépôt d’armes russe relevant du GRAU (Direction principale des missiles et de l’artillerie) a été détruit dans la région de Volgograd. Ce site stockait des munitions d’artillerie et des missiles, certains bunkers pouvant même recevoir des missiles balistiques de grande taille. L’installation, apparemment neuve, était en cours d’extension au moment des images disponibles par analyse satellite.

Les spécialistes en analyse à distance sont invités à identifier les fonctions des nouveaux bâtiments détectés sur le site.

Les pertes russes enregistrées récemment s’élèvent à environ 770 hommes, avec une tendance à la baisse. Cependant, les pertes en véhicules de transport (172 unités) et en pièces d’artillerie (65) restent élevées. Trois lance-roquettes multiples inhabituels et un système de défense antiaérienne lourd ont également été détruits. Les pertes en blindés sont limitées à un seul tank et cinq véhicules de transport blindés.

Cette réduction pourrait refléter la baisse de la capacité offensive russe, mais ne correspond pas aux ambitions déclarées du nouveau ministre russe de la Défense, qui vise 50 000 pertes ukrainiennes éliminées par mois, ce qui nécessiterait environ 1 500 pertes russes quotidiennes.

Un autre fait marquant est l’attaque au drone d’un raffinerie russe à Oukhta, en République autonome russe de Komi, au nord-ouest de la Russie. Cette raffinerie, d’une capacité d’environ 4 millions de barils par an, est située à plus de 1 700 kilomètres de l’Ukraine, démontrant l’ampleur géographique des attaques ukrainiennes. L’utilisation de drones missiles capables de contourner les défenses aériennes moscovites souligne le haut degré de sophistication des opérations.

Cette région isolée, anciennement théâtre des camps de travaux forcés soviétiques (Goulag), est marquée par des conditions très dures et une population d’environ 800 000 habitants. Elle fait partie du nord de la Russie, distincte de la Sibérie et considérée comme une terre très reculée.

En marge de ces événements militaires, une polémique a émergé lors des Jeux olympiques d’hiver concernant la participation des athlètes russes sous bannière neutre. Le Comité international olympique (CIO) est critiqué pour ce « traitement spécial » qui ne constitue ni boycott ni véritable sanction. Les athlètes russes continuent à bénéficier de financements, d’entraînements et de soutien dans leur pays.

Par ailleurs, une athlète ukrainienne de skeleton a été disqualifiée pour avoir porté un casque en hommage aux défenseurs ukrainiens tombés au combat. Sur les réseaux sociaux, elle a dénoncé cette décision comme une hypocrisie.

Enfin, la nuit dernière, Kyiv a de nouveau subi des bombardements terroristes russes, affectant 2 500 logements privés de chauffage, exacerbant les conditions hivernales déjà difficiles pour la population civile.

En soutien international, le Royaume-Uni a annoncé un nouveau financement de 150 millions de livres sterling dédié au programme Purl de l’OTAN, destiné à l’acquisition de matériel américain pour l’Ukraine, en particulier dans le domaine de la défense aérienne, pouvant inclure des systèmes Patriot. Une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN se tient aujourd’hui à Bruxelles, avec la participation attendue du ministre ukrainien de la Défense.

Slava Ukraini ! Heroiam slava ! Razom do peremohi ! Smert voroham !