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Vladimir Poutine a réintroduit hier la Russie dans une posture de vassalité envers la Chine, tout en dépréciant la culture russe, dans un discours marquant un revirement historique. Sur le front ukrainien, aucune évolution majeure n’a été signalée, mais les pertes russes demeurent sévères.

Jusqu’au XVIe siècle, ce que l’on appelle aujourd’hui la Russie était sujette à la domination de la Horde d’Or, une période largement occultée dans l’histoire officielle russe, car contraire au récit nationaliste exaltant la grandeur et la supériorité russes. Le président russe a toutefois qualifié cette époque de vassalité comme « positive » et même souhaitable. Par ses déclarations, Poutine suggère que la Russie doit redevenir, ou serait déjà devenue, un État vassal de Pékin, afin de se protéger contre les influences occidentales telles que la démocratie, la liberté d’expression, la tolérance et les droits de l’homme.

Le dirigeant russe a implicitement admis la faiblesse actuelle de la Fédération de Russie, considérant qu’elle a besoin de la protection chinoise face aux pressions occidentales. Ce positionnement est également un aveu indirect de la prétendue infériorité de la culture russe, puisque cette dernière nécessiterait une telle tutelle étrangère pour éviter d’être influencée par l’Occident. Si la culture russe était véritablement supérieure, comme l’enseigne la propagande officielle à partir de l’enfance dans ce régime, il serait paradoxal que la Russie ait besoin de la Chine pour assurer sa survie politique et culturelle.

Drapeau chinois
Les maîtres de la Russie

Sur le terrain militaire, les forces russes ont subi des pertes importantes hier, selon le décompte du haut état-major ukrainien. 830 soldats russes ont été tués, avec la destruction de 11 chars, 38 véhicules blindés de transport ou de combat motorisés, 35 obusiers ou lance-grenades lourds, 7 pièces d’artillerie multi-tubes, 2 systèmes lourds de défense aérienne, 25 véhicules logistiques et 4 équipements spécialisés.

On note notamment une recrudescence des pertes d’artillerie à roquettes multiples, avec un nombre quotidien qui a grimpé de 1-2 unités perdues à 4-10 depuis quelques jours. Cette tendance pourrait s’expliquer soit par une meilleure capacité ukrainienne de repérage via drones, soit par une gestion plus risquée de ces armes par la Russie, probablement due à une pénurie de tubes d’artillerie classique. Ces pertes sont problématiques car l’artillerie à roquettes est censée opérer depuis des positions reculées, donc hors de portée de contre-attaque régulière.

TOS-1A russe détruit
Photo d’archive d’une pièce russe TOS-1A thermobarique détruite – crédit Pickup-Jonas

Les forces ukrainiennes maintiennent une résistance forte, et les hostilités semblent se stabiliser dans certaines zones comme Avdiivka, où les combats stagnent malgré quelques avancées russes à l’ouest de Staromaïorske.

Par ailleurs, les services de renseignement britanniques estiment que les pertes russes en véhicules blindés autour d’Avdiivka dépasseraient 200 unités en trois semaines, ce qui expliquerait une possible évolution vers une tactique de guerre d’usure par la Russie.

Du côté russe, la purge continue dans les médias d’État : le chef de l’agence de presse TASS a été évincé dix jours après la tentative de coup de force ratée de Wagner, sa couverture jugée trop précise et rapide par le Kremlin, illustrant le contrôle étroit exercé sur la narration officielle.

« TASS a couvert tout cela avec trop de détails et trop promptement. C’est une forme de folie. Ils ont oublié que leur tâche principale n’est pas de rapporter les nouvelles, mais de créer un récit idéologiquement correct pour le Kremlin. »

Enfin, l’observation du trafic aérien militaire russe révèle que certains vols stratégiques de transport, notamment en IL-76 et AN-124, transitent par la Turquie, pays membre de l’OTAN, et desservent des destinations en Chine, Corée du Nord ainsi que divers points du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie. Cependant, ces appareils évitent les espaces aériens proches de l’Ukraine, utilisant probablement des vols sans transpondeur pour limiter leur détection.

La guerre en Ukraine continue de s’inscrire dans un contexte stratégique complexe, où la Russie, affaiblie, cherche un appui sans précédent auprès de la Chine, au prix d’un reniement historique de son propre héritage culturel et politique.

Slava Ukraini! Heroiam Slava! Ensemble vers la victoire!