Article de 698 mots ⏱️ 4 min de lecture

Une raffinerie russe située à Tioumen, à 2 000 kilomètres de l’Ukraine, a été bombardée cette nuit, un record de distance pour ce type d’attaque. Les États-Unis se disent prêts à fournir des missiles de croisière Tomahawk à l’Ukraine, mais souhaitent d’abord connaître les cibles envisagées. Par ailleurs, la Slovaquie, sous la direction de Robert Fico, apporte à nouveau un soutien militaire à Kiev pour la première fois en deux ans, en livrant notamment des systèmes de déminage.

La frappe contre la raffinerie de Tioumen marque un nouveau record stratégique d’atteinte d’infrastructures à très longue distance. Située à environ 2 000 km à l’est de l’Ukraine, cette installation a été visée dans la nuit, avec des dommages qui semblent pour l’instant non critiques. Cette action démontre les capacités ukrainiennes à frapper des objectifs situés loin dans l’arrière-pays russe et laisse présager des opérations similaires, voire d’une intensité accrue.

Le président américain Donald Trump a déclaré avoir pris « un certain type de décision » quant à l’envoi de missiles de croisière Tomahawk à l’Ukraine, précisant que la décision finale dépendrait des cibles désignées. Cette annonce, faite en direct aux journalistes à la Maison-Blanche, atteste d’une possible escalade de l’assistance militaire américaine, mais également d’une certaine prudence quant à la divulgation des objectifs, en raison notamment des risques liés à la confidentialité et à la sécurité des opérations.

Les Tomahawk bénéficient d’une portée de 1 300 à 2 500 km en fonction des versions et des modes de lancement, ce qui couvre largement les distances nécessaires pour frapper en profondeur sur le territoire russe. Cependant, leur mise en œuvre par les forces ukrainiennes nécessiterait une formation spécifique et une adaptation des systèmes de commandement et de contrôle ukrainiens.

Déjà dotée de systèmes à longue portée comme les missiles Taurus, l’Ukraine pourrait trouver dans l’acquisition des Tomahawk une capacité complémentaire, voire un avantage stratégique face à la prolifération de systèmes de missiles non américains tels que le FP-5 Flamingo ou le Neptun ukrainiens, connus pour leur puissance de frappe.

En parallèle, la Slovaquie annonce son retour à l’aide militaire à l’Ukraine, en envoyant pour la première fois depuis deux ans des équipements de déminage, notamment des véhicules Bozena-5, selon les informations rapportées par Interfax Ukraine. Ce soutien intervient après une pause liée à l’arrivée au pouvoir de Robert Fico, dont la ligne politique pro-russe avait freiné l’aide directe à Kiev.

Avant ce changement de gouvernement, la Slovaquie avait déjà fourni des matériels importants tels que des avions Mig-29, des systèmes de défense antiaérienne S-300 et Kub, ainsi que des véhicules blindés. Malgré la suspension du soutien en 2023, les ventes d’armes, comme l’obusier Zuzana 2, n’ont pas été interrompues.

Ce nouveau geste pourrait également s’inscrire dans une logique pragmatique : permettre aux systèmes de déminage slovaques d’acquérir une expérience opérationnelle en conditions de guerre, facteur essentiel pour valoriser leur exportation à l’international.

Razom do peremohi ! Smert voroham !

Par ailleurs, les pertes russes enregistrées récemment font état de 1 020 soldats tombés, 79 véhicules de transport détruits, 29 obusiers endommagés, un système antiaérien lourd hors service, deux équipements spéciaux ainsi que plusieurs véhicules blindés.

Dans un autre registre, l’association suédo-ukrainienne Blågula Bilen a récemment été visée par une campagne de diffamation attribuée à des partisans prorusses, qui ont notamment insinué un financement par des autorités suédoises. L’association a réfuté ces accusations, précisant qu’elle continue de fournir véhicules, matériel et soutien direct aux forces ukrainiennes sans fonds publics.

Le conflit en Ukraine continue d’évoluer sur plusieurs fronts, avec des enjeux majeurs en matière d’assistance militaire, d’équipements de pointe et de soutien diplomatique qui conditionnent les capacités de Kiev à maintenir la pression sur la Russie.