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Le programme Sea Viper Evolution, destiné à la flotte des destroyers britanniques Type 45, devrait permettre d’obtenir une capacité initiale de défense contre les missiles balistiques au début des années 2030, selon une récente réponse parlementaire.

Dans une réponse écrite adressée au député conservateur James Cartlidge, le ministre de la Défense Luke Pollard a indiqué que le programme reste divisé en deux volets distincts, chacun étant à un stade différent de développement.

Selon Pollard, le premier volet, dénommé Capability One et présenté comme la capacité d’entrée de gamme de la Royal Navy en matière de défense anti-missile balistique, devrait atteindre une pleine opérationnalité d’ici la fin 2032. « Les deux volets du programme Sea Viper Evolution progressent », a-t-il déclaré. « Capability One, la capacité initiale de défense contre les missiles balistiques de la Royal Navy, atteindra la pleine capacité opérationnelle fin 2032. »

Le second volet, Capability Two, qui vise à fournir une défense balistique à l’échelle théâtrale, est quant à lui encore à un stade précoce de développement.

Le ministre précise que ce segment du programme est actuellement en phase d’évaluation, destinée à orienter les décisions futures en matière de conception et d’investissement. « Capability Two, qui doit fournir une défense balistique à l’échelle théâtrale, est encore en phase d’évaluation afin d’orienter les choix futurs de capacités et d’investissement », a expliqué Luke Pollard.

Il a ajouté que ce travail est influencé par les transformations plus larges de la structure des forces de la Royal Navy. « Cela est particulièrement important dans la mesure où l’orientation vers une flotte hybride permettra d’adopter des approches nouvelles et innovantes pour la défense contre les missiles balistiques. »

Le ministre a également souligné que la poursuite des progrès sur les deux volets de Sea Viper Evolution dépendra du prochain Plan d’investissement de la Défense.

Sea Viper constitue le principal système de défense aérienne installé sur les destroyers Type 45 de la Royal Navy et est opérationnel depuis plus de dix ans. Le système intègre le radar multifonction Sampson, l’architecture de commandement et de contrôle, le système de gestion du combat ainsi que la famille de missiles Aster.

Le programme de modernisation a été officiellement confirmé l’an dernier lorsque le ministère de la Défense a annoncé un plan d’améliorations d’un montant de 405 millions de livres sterling, à la suite du déploiement en mission du HMS Diamond en mer Rouge. Lors de cette intervention, le destroyer a réalisé plusieurs tirs en conditions réelles avec les missiles Sea Viper tout en assurant la protection des navires commerciaux contre des menaces aériennes, marquant la première utilisation opérationnelle du système en situation de combat.

La phase initiale de la modernisation vise à renforcer la capacité du système à contrer des menaces plus sophistiquées, notamment les missiles balistiques antinavires. Cela comprend des améliorations du missile Aster 30, ainsi que des mises à jour du radar Sampson, du système de gestion du combat et de l’architecture de commandement à l’échelle de la flotte Type 45. Une phase ultérieure de Sea Viper Evolution devrait étudier l’éventuelle intégration du missile Aster 30 Block 1NT, développé conjointement par le Royaume-Uni, la France et l’Italie. Ce missile est doté d’un nouveau chercheur destiné à améliorer les capacités d’interception des missiles balistiques.

Le ministère de la Défense a précédemment indiqué que ce programme de modernisation soutiendrait environ 350 emplois au Royaume-Uni, notamment dans des postes à haute qualification situés à Stevenage, Cowes, Bristol et Bolton, en plus des activités industrielles liées à MBDA et BAE Systems. Sea Viper assure actuellement la défense aérienne de zone pour les groupements navals de la Royal Navy, avec la capacité de suivre plusieurs centaines de cibles simultanément et d’engager des menaces à des distances se chiffrant en dizaines de kilomètres, selon le type et le profil de la menace.