Les services ukrainiens de sécurité ont éliminé lors d’un échange de tirs un groupe d’espions et de tueurs russes impliqués dans l’assassinat d’un officier du SBU. Pour la première fois, l’armée ukrainienne a utilisé en combat réel des bombes planantes développées localement, d’une portée de 60 km. Les forces russes ont subi de lourdes pertes hier, tant en effectifs qu’en artillerie et véhicules de transport. Par ailleurs, un An-124 « Ruslan », le plus lourd avion de transport opérationnel au monde, a été observé sur les aéroports de Kyiv, ce qui constitue un symbole fort. En Russie, la crise touche aussi l’industrie militaire, plusieurs sous-traitants intentant des poursuites pour non-paiement.
Les tueurs et agents russes responsables de l’assassinat d’un colonel ukrainien à Kyiv ont été tués lors d’une opération de capture. L’opération menée personnellement par le chef du SBU, le général-lieutenant Maljuk, a abouti à leur neutralisation après une résistance armée. « Un groupe d’agents et de combattants du FSB russes a été envoyé en Ukraine. Il y a trois jours, ils ont assassiné un collaborateur du SBU, notre frère d’armes, le colonel Ivan Voronych. Grâce à des opérations de reconnaissance secrètes et de contre-espionnage actif, la cache de l’ennemi a été découverte. Lors de leur arrestation, ils ont opposé une résistance armée. Une fusillade a éclaté et les criminels ont été éliminés. Je rappelle que pour l’ennemi, la seule issue en territoire ukrainien est la mort », a déclaré le général Maljuk.
L’assassinat a été commis par un homme et une femme, chargés de surveiller le colonel ukrainien et qui avaient reçu plus tard des instructions pour se procurer une arme. Le SBU a localisé leur retraite et a lancé une opération d’arrestation ce matin. Les tueurs ont riposté avec des armes et ont été abattus lors de l’affrontement.
Les forces ukrainiennes ont déployé pour la première fois leur propre bombe planante, d’une portée estimée à 60 km. Il s’agit d’un kit d’ailes et de guidage fixé sur une bombe classique non guidée, lui conférant une portée et une précision métrique. Grâce à cette portée de 60 km, les avions d’attaque ukrainiens peuvent frapper des cibles prioritaires à proximité du front sans s’exposer aux défenses aériennes russes ni aux chasseurs adverses. Selon les conditions de largage (altitude et vitesse), ces bombes planantes peuvent atteindre jusqu’à 100 km.
La Russie a subi de lourdes pertes hier, selon le rapport matinal du quartier général ukrainien. Les pertes totales russo-russes s’élèveraient à 1 240 hommes, ainsi qu’à 49 obusiers et 101 véhicules de transport détruits. Parmi les matériels détruits figurent également une pièce d’artillerie à salve inhabituelle et un système de défense anti-aérienne lourd rare. Les divisions blindées ont quant à elles perdu trois chars et trois véhicules blindés de transport de troupes, ces derniers étant désormais moins utilisés au front en raison de la prédominance des combats par drones.
Un An-124 « Ruslan », le plus lourd avion de transport militaire en service, a été aperçu sur l’un des aéroports de Kyiv en liaison avec l’Union européenne. Des vidéos attestent de son atterrissage récent sur un des divers aéroports de la capitale ukrainienne, signe inédit depuis le début de la guerre en 2022. Cette présence est largement perçue comme un geste de défi symbolique face à Moscou et aux autorités russes, malgré les bombardements terroristes quotidiens subis par l’Ukraine.
L’Antonov An-124 appartient à la société civile Antonov, qui le loue fréquemment pour des missions logistiques militaires et humanitaires de grande envergure. Kyiv compte au moins quatre aéroports majeurs : Antonov International Airport (Hostomel), l’aérodrome de l’usine Antonov, l’aéroport international Igor Sikorsky dans le district de Solomyanska, et l’aéroport international de Boryspil à l’est de la ville.
À noter que l’An-225 « Mriya », encore plus lourd et célèbre, a été détruit par les forces russes lors de la bataille pour l’aéroport de Hostomel au lancement de l’invasion.
En Russie, la situation financière de l’industrie de l’armement se dégrade, plusieurs sous-traitants ayant intenté des poursuites pour non-paiement. Le fabricant d’armes et de chars d’assaut T-90, Uralvagonzavod (UVZ), est notamment visé par des procédures judiciaires. Alors que les autorités russes annonçaient une production annuelle de 1 000 chars T-90M, des analystes estiment le chiffre réel à environ 300 en 2023. De même, le fabricant et mainteneur des bombardiers stratégiques Tu-160 et Tu-95 fait face à des procédures similaires.
Cette crise de paiement résulte d’un manque de financement étatique, compromettant la production militaire russe dans un contexte de guerre prolongée.
À 13h48, un raffinerie russe à Kstovo aurait été bombardée par des drones-cibles ukrainiens cette nuit.
À 13h50, la Russie a riposté en bombardant un hôpital situé à Sloviansk, dans la région de Donetsk, au nord de Kramatorsk.
À 13h51, des photos montrent la base de drones depuis laquelle un jeune garçon d’un an a été tué par les Russes à Kherson. Peu de choses subsistent de ce site, et aucune attaque de drones n’a été signalée depuis que les forces ukrainiennes ont repris le contrôle de la zone.
À 13h52, les restes d’un système russe lourd de guerre électronique ont été photographiés, illustrant son incapacité à s’auto-protéger.