Une importante usine russe de traitement du gaz dans la région de Volgograd a été bombardée, tandis que la Russie cible le réseau gazier ukrainien, privant une grande partie du pays de chauffage à l’approche de l’hiver.
Une attaque ukrainienne a touché un nœud de traitement et de transit de gaz fossile en Volgograd Oblast, comme le rapporte notamment le Kyiv Independent. Cette information est confirmée par la tête du centre ukrainien de lutte contre la désinformation, qui déclare :
« Cette installation est cruciale pour l’infrastructure pétrolière et gazière russe : elle assure le traitement et le transport du condensat de gaz, ainsi que la production de matières premières pour l’industrie chimique. »
Le feu provoqué par l’attaque a également été confirmé par NASA’s Fire Information for Resource Management System (FIRMS). Située en zone rurale, sans villages ni villes à proximité immédiate, les images disponibles restent limitées. Une vidéo montre néanmoins plusieurs explosions à l’horizon, attestant de l’impact des frappes. Cette usine est localisée précisément dans la région de Volgograd.
Parallèlement, la Russie mène une campagne systématique de bombardements contre le réseau gazier ukrainien, causant de lourdes perturbations dans l’approvisionnement en chauffage et électricité pour l’hiver. Plus de la moitié de la production de gaz fossile ukrainienne a été mise hors service, ce qui compromet gravement l’utilisation des stocks accumulés durant l’été. Par exemple, le 3 octobre, 95 missiles ont été tirés sur des installations gazières dans les régions de Kharkiv et Poltava.
Ce mode opératoire russe témoigne d’un changement stratégique : il ne s’agit plus de conquérir, mais de détruire l’infrastructure critique ukrainienne, signe que Moscou n’envisage plus de victoire rapide sur le terrain. Depuis le début de l’invasion à grande échelle, la Russie évitait les frappes sur les zones susceptibles d’être conquises, mais les bombardements dans les régions frontalières de Kharkiv et Poltava démontrent ce renversement d’approche.
Concernant les pertes russes recensées hier, le rapport matinal de l’état-major ukrainien fait état de 1 020 soldats hors de combat, 55 véhicules de transport détruits, 15 pièces d’artillerie lourde (obusier) détruites, ainsi que la perte d’un char de combat et d’un véhicule de combat d’infanterie ou de motocie d’environ une unité chacun. Ces chiffres restent cohérents avec le manque chronique de véhicules blindés russes récents sur le théâtre ukrainien : les nouveaux matériels modernes sont réaffectés à des unités déployées à la frontière de l’OTAN, ce qui limite les pertes matérielles de véhicules sur le front ukrainien, faute d’équipements suffisants.
Les combats continuent d’engendrer une lourde saignée en vies humaines.
Au fil des jours, le conflit impose de lourdes destructions d’équipements, comme en témoigne le cliché d’un lance-roquettes thermobarique TOS-1A irréparable, photo prise récemment sur le terrain ukrainien. Ces lance-roquettes, malgré leur puissance, ont une portée limitée à environ 7 km, ce qui rend leur survie difficile face à la guerre des drones. Ils opèrent probablement surtout de nuit pour tenter d’éviter les frappes ennemies tout en s’approchant des lignes ukrainiennes.