Avec la mise en service de son troisième porte-avions, la Chine se place désormais au deuxième rang mondial en nombre de ces navires, derrière les 11 unités de l’US Navy. Le Fujian a officiellement été admis au service actif cette semaine lors d’une cérémonie présidée par le dirigeant chinois Xi Jinping, a annoncé l’agence officielle Xinhua vendredi.
Doté d’un système de catapultes électromagnétiques, ce porte-avions marque une avancée technologique majeure qui renforcera la capacité de la marine chinoise à projeter sa puissance en profondeur dans le Pacifique, notamment dans les zones contestées de la mer de Chine orientale, le détroit de Taïwan et la mer de Chine méridionale.
Le Fujian est le premier porte-avions de conception entièrement nationale. Le premier, le Liaoning, est une conversion d’un navire soviétique inachevé récupéré par l’Ukraine avant d’être revendu à la Chine, tandis que le second, le Shandong, a été construit en Chine d’après la conception du Liaoning. Les trois porte-avions portent tous le nom de provinces côtières chinoises.
Avec ces trois navires, la Chine dépasse désormais l’Inde, le Royaume-Uni et l’Italie, qui disposent chacun de deux porte-avions.
Le Fujian est le premier porte-avions chinois équipé d’un système de lancement par catapulte, ce qui lui permet de faire décoller des avions lourds et entièrement chargés, dont des avions de surveillance et de contrôles aériens. Cette capacité lui permet d’opérer contre des cibles éloignées tout en restant en haute mer, sans dépendre des avions de reconnaissance basés à terre. Les appareils embarqués peuvent transporter davantage d’armements et de carburant, augmentant ainsi leur portée opérationnelle et leur puissance de feu.
En revanche, le Shandong et le Liaoning disposent d’un pont d’envol avec une rampe inclinée, le « ski-jump », qui ne permet que le lancement d’avions de chasse légers et limite le transport de gros avions de soutien.
Le Fujian est également seulement le deuxième porte-avions au monde à être équipé d’un système de catapultes électromagnétiques, après le plus récent navire américain, l’USS Gerald R. Ford.
Tous les 11 porte-avions américains possèdent des catapultes, mais les 10 unités de classe Nimitz utilisent un système à vapeur, plus ancien, qui sollicite davantage les appareils et le navire, exigeant plus d’entretien et occupant plus de place.
Le système électromagnétique est plus efficace et peut être ajusté pour lancer une plus grande variété d’avions, allant des drones légers aux avions lourds.
Parmi les appareils compatibles figurent le KJ-600, avion d’alerte avancée et de contrôle, ainsi que les derniers avions furtifs J-35 et chasseurs lourds J-15T.
Les porte-avions chinois ne sont pas nucléaires, ce qui limite leur autonomie de navigation. Le rayon d’action opérationnel du Fujian est estimé entre 8 000 et 10 000 milles nautiques. Les porte-avions américains, grâce à leur propulsion nucléaire, disposent d’une autonomie quasi illimitée sans besoin de ravitaillement.
La Chine travaillerait au développement d’une propulsion nucléaire pour ses futures générations de porte-avions, mais le calendrier reste flou. Zhang Junshe, chercheur à l’Institut de recherche naval militaire, indiquait en septembre à la télévision d’État CCTV que la progression allait dans ce sens.
Le Fujian affiche un déplacement à pleine charge supérieur à 80 000 tonnes, contre environ 100 000 tonnes pour les porte-avions américains de classes Nimitz et Ford.
La Chine n’a pas communiqué le nombre exact d’avions que peut embarquer le Fujian, mais les experts estiment sa capacité entre 40 et 60 appareils. Les porte-avions américains peuvent accueillir entre 60 et 70 avions.
Le Fujian dispose de deux ascenseurs pour appareils, contre trois pour l’USS Ford, d’un pont d’envol plus réduit et de trois catapultes, contre quatre sur le Ford. Ces éléments laissent penser que le porte-avions américain pourra lancer ses avions plus rapidement.
La livraison d’un second porte-avions de classe Ford est prévue pour la marine américaine en 2027.