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L’Europe accélère son soutien militaire à l’Ukraine en acquérant des systèmes Patriot et HIMARS via le programme Purl, un mécanisme permettant aux pays européens d’acheter des armes américaines destinées à l’Ukraine. Parallèlement, la Tchéquie fait face à une menace politique interne, avec la possible arrivée au pouvoir d’un populiste pro-russe, risquant d’aligner le pays avec les régimes ouvertement favorables à Moscou en Europe centrale.

Les premières livraisons d’armes américaines financées par des pays européens dans le cadre du programme Purl sont désormais en route vers l’Ukraine. Ce dispositif, qui permet aux démocraties européennes d’acheter des armements aux États-Unis pour les transférer ensuite à Kiev, a débuté avec deux premiers paquets d’une valeur de 2 milliards de dollars, tandis que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a évoqué un objectif global de 3 à 3,5 milliards de dollars via ce système.

Les principaux contributeurs du programme Purl sont, à ce jour, la Suède, la Norvège, le Danemark, les Pays-Bas, le Canada, la Belgique et la Lettonie.

Parmi les armes concernées, figurent notamment les systèmes antimissiles Patriot et les lance-roquettes multiples HIMARS, véritables atouts tactiques dans la défense ukrainienne. Ces équipements à haute mobilité renforcent significativement les capacités de riposte contre les forces russes.

Sur le plan politique, la situation en Tchéquie est préoccupante. Andrej Babis, leader du parti populiste ANO, consolide son avance dans les sondages avec environ 32% des intentions de vote en vue des élections parlementaires de 2025. Critiqué pour ses positions favorables à Moscou, il pourrait mener la Tchéquie à rejoindre l’orbite pro-russe aux côtés de la Hongrie de Viktor Orbán et de la Slovaquie de Robert Fico, tous deux accusés de soutenir indirectement les actions du Kremlin.

Babis a notamment exprimé son opposition au soutien tchèque à l’Ukraine, promettant de bloquer l’initiative d’approvisionnement en munitions lourdes, qui a permis à Kiev de recevoir des millions d’obus d’artillerie. Lors de sa campagne présidentielle, il a également refusé de s’engager à respecter l’article 5 de l’OTAN en cas d’attaque russe contre la Pologne. Il pourrait, comme Orbán et Fico, utiliser son droit de veto pour entraver l’aide européenne à l’Ukraine, notamment l’utilisation des avoirs russes gelés.

Face à cette dérive, une campagne citoyenne dénonce le rapprochement de Babis avec Vladimir Poutine, notamment à travers des affiches associant le président russe aux partis pro-Kremlin en Tchéquie, accompagnées de slogans comme « Vous vous débrouillez bien, mes enfants » ou « Je ne vote pas pour des collaborateurs ». Ces affiches ont commencé à être retirées après des réactions hostiles.

Pour l’instant, rien n’indique que ces évolutions politiques majeures seront infléchies avant les élections prévues les 3 et 4 octobre, même s’il existe la possibilité de coalitions contre Babis.

Contexte stratégique

La progression des forces politiques pro-russes en Europe menace la cohésion des démocraties occidentales et la solidité des alliances comme l’UE et l’OTAN. Cette tendance intervient alors que la Russie poursuit sa montée en puissance militaire, préparant de possibles nouvelles offensives, notamment dans la région baltique. En cas d’aggravation du scénario, seuls la Scandinavie, la Pologne et probablement les pays baltes pourraient constituer un rempart viable face à cette dynamique, alors que des puissances occidentales majeures pourraient être gagnées à la cause russophile.

Le calendrier électoral américain de 2028 reste un facteur clé, sous réserve que les États-Unis conservent leur régime démocratique, afin de maintenir un contrepoids aux ambitions russes en Europe.

Cette analyse sera mise à jour régulièrement. Les discussions portant sur le conflit russe en Ukraine, la défense et les stratégies géopolitiques associées font l’objet d’une attention constante.

Razom do peremohi ! Smert voroham !