En Pologne, de nouvelles règles non précisées entraînent d’interminables files d’attente de femmes et d’enfants grelottants désirant regagner l’Ukraine. À la gare de Przemyśl, il a fallu patienter jusqu’à sept heures pour monter dans un train en direction de l’Ukraine par une nuit glaciale. Les grandes organisations humanitaires internationales telles que la Croix-Rouge ou le HCR sont absentes des lieux, faute d’oser intervenir en Ukraine. Parallèlement, le président Zelenskyj a confirmé lors de son allocution du soir que la Russie reconfigure ses forces blindées dans le but de mener des attaques contre plusieurs pays à l’avenir. Par ailleurs, la campagne de bombardements russo-moscovite vise désormais systématiquement l’infrastructure ferroviaire ukrainienne, signe apparent de l’échec russe à occuper pleinement le territoire ukrainien.
À la gare ferroviaire de Przemyśl, point de contrôle pour les passages frontaliers ferroviaires, les autorités polonaises imposent désormais la prise d’empreintes digitales à tous les voyageurs. Cette mesure, doublée de l’ouverture d’une seule station de contrôle, provoque de longues files d’attente dans le froid, où des femmes et des enfants attendent sans accès aux commodités élémentaires : pas de toilettes, pas de nourriture, pas d’eau. Les organisations humanitaires habituelles sont absentes car elles évitent de pénétrer en zone de guerre, ce qui soulève des interrogations sur la destination des financements colossaux alloués à ces structures. L’attente incessante provoque une grande tension parmi les réfugiés.
Les forces de l’ordre polonaises ont installé des barrières anti-émeutes et déployé des policiers pour contenir toute manifestation émotionnelle parmi les personnes présentes. Un ressortissant ukrainien a décrit la situation comme « pire que tout ce que j’ai vu auparavant », un témoignage particulièrement fort venant d’une personne habituée aux conditions de guerre et de bombardements.
« La police est déjà intervenue en renfort, on se demande quand les ambulances arriveront. Les gens essaient de s’encourager en chantant ou en criant, mais l’humour se tarit peu à peu. Les enfants pleurent. »
Tout déplacement hors de la file d’attente – pour emmener un enfant aux toilettes ou chercher à manger et boire – oblige à reprendre sa place au bout de la queue. En trois ans, les autorités polonaises n’ont mis aucun aménagement pour améliorer les conditions d’attente, ni bancs, ni abris, ni tickets de passage. Ce contexte est loin d’être comparable à une simple annulation ferroviaire où les passagers peuvent attendre chez eux et repartir un autre jour. Il s’agit ici de réfugiés retournant dans leur pays, souvent dans des conditions de survie extrêmes. Dans le même temps, la Russie intensifie ses frappes sur les liaisons ferroviaires entre la Pologne et l’Ukraine.
Malgré ces difficultés tant liées aux contrôles frontaliers qu’aux bombardements russes, les Ukrainiens persistent à rentrer chez eux. Ce refus de céder face aux pressions extérieures contredit les récits propagandistes russes, ainsi que les opérations d’influence financées en Occident.
Sur un autre plan, le président Zelenskyj a confirmé que la Russie est en train de réorganiser ses forces armées, notamment ses unités blindées, pour préparer des offensives multi-fronts, vraisemblablement dans les pays baltes. Selon ses mots, aucune nouvelle dotation en équipement ou personnel formé ne vient renforcer le front ukrainien, les nouveaux moyens étant alloués à des unités prévues pour ces futures offensives.
Dans son allocution d’hier soir, Zelenskyj a déclaré :
« Il est crucial que l’Europe comprenne réellement : il ne s’agit pas seulement d’un voisin ou d’un autre. C’est à l’encontre de tous. Sinon, la Russie tirera ses propres conclusions et étendra le conflit, pas nécessairement contre l’Ukraine uniquement.
[…]
La Russie n’a aucune intention amicale – c’est un euphémisme. Le système russe est restructuré pour pouvoir faire la guerre à tout instant et contre n’importe quel adversaire. Cela ne peut être contré que par des sanctions, des sanctions mondiales fortes, ainsi que par nos capacités de frappe à longue distance.
Cette analyse s’appuie probablement sur les mêmes renseignements ukrainiens qui ont guidé les évaluations stratégiques des experts.
Sur le terrain, la Russie cible désormais de façon systématique les infrastructures ferroviaires stratégiques ukrainiennes. Selon le président de la compagnie ferroviaire ukrainienne, Vitaliy Petrovskyi, les drones russes attaquent massivement les grandes gares, notamment celles de Lozova, Synelnykovo et Kozyatyn, ainsi que d’autres nœuds ferroviaires à travers tout le pays.
Cette tactique de destruction d’infrastructures confirme que Moscou ne compte plus sur une avancée militaire décisive sur le sol ukrainien, mais se limite désormais à infliger un maximum de dégâts. En parallèle, l’armée russe subit depuis plusieurs semaines des pertes considérables en blindés, avec seulement cinq chars et trois véhicules de combat d’infanterie détruits recensés récemment, chiffre bas attribué à la pénurie de matériel fonctionnel. Les véhicules sur le front proviennent majoritairement de réparations ou d’apports nord-coréens. Toute nouvelle dotation est réservée aux unités entraînées pour un futur conflit inter-étatique, où la guerre se déroulera avec des unités blindées lourdes et un usage massif de drones FPV et munis de roquettes.
En Ukraine, les réseaux ferroviaires vers l’Ouest restent un élément logistique vital, complété par des transports routiers.
Sur le front voisin, une arrestation récente d’un agent russe en Lettonie met en lumière les opérations d’espionnage visant les infrastructures militaires et les forces de l’OTAN dans les pays baltes. Cette information est particulièrement importante pour la Suède, qui assure avec le Danemark la rotation d’une brigade stationnée en Lettonie pour protéger les alliés baltes. La relève suédoise du régiment P7 Södra Skånska Regementet est prévue à la fin de l’année.
Enfin, des images témoignent de l’usage croissant d’équipements tactiques innovants du côté ukrainien, tels que les motos électriques silencieuses, idéales pour les missions de reconnaissance, d’escorte ou de logistique légère en milieu difficile. Ces véhicules légers offrent une meilleure mobilité dans des terrains accidentés.
Parallèlement, les forces russes souffrent de la montée en puissance des frappes de précision ukrainiennes, appuyées par des drones de surveillance et d’attaque, qui augmentent sensiblement les pertes en artillerie et en effectifs russes.
Razom do peremohi ! Smert voroham !