Le Département de l’Espace, en collaboration avec la Mission Quantique Nationale (NQM), mène des efforts pour protéger les communications satellitaires critiques — notamment celles utilisant le système de navigation indien Constellation (NaviC) — face à la menace croissante de l’informatique quantique.
Bengaluru. L’Inde accélère le développement de technologies spatiales quantiques sécurisées et inviolables pour ses forces de défense, suite aux préoccupations de sécurité mises en lumière lors de l’Opération Sindoor.
Alors que les forces armées utilisaient le système NaviC pour localiser précisément des objectifs, ces technologies demeuraient vulnérables aux attaques potentielles par calcul quantique, une technologie dans laquelle des pays comme la Chine ont réalisé d’importants progrès.
Les ordinateurs quantiques, en particulier ceux développés par la Chine, ont démontré leur capacité à casser les méthodes traditionnelles de chiffrement, exposant ainsi le système actuel de l’Inde à des risques d’interception et de déchiffrement.
Pour contrer cette menace, l’Inde se concentre sur la construction d’un réseau satellitaire sécurisé quantique intégrant des réseaux privés virtuels (VPN) basés sur la cryptographie post-quantique (PQC).
Ces réseaux avancés exploiteront des algorithmes résistants aux attaques quantiques ainsi que la distribution quantique de clés (QKD) pour garantir des canaux de communication sûrs pour les actifs stratégiques et de défense.
La QKD, basée sur l’intrication quantique, permet l’échange de clés de chiffrement de manière à ce que toute tentative d’interception soit immédiatement détectée, offrant ainsi un niveau de sécurité fondamentalement inédit. Les VPN PQC, quant à eux, utilisent des algorithmes résistants aux attaques quantiques, protégeant les données même face à des adversaires équipés d’ordinateurs quantiques puissants.
« La communication spatiale sécurisée quantique est vitale pour l’Inde, et la transition vers la communication quantique sécurisée est accélérée », a déclaré Ajai Chowdhry, président du conseil de gouvernance de la Mission Quantique Nationale, insistant sur la nécessité de puces matérielles indiennes pour éviter toute fuite de données vers la Chine.
Le premier satellite quantique devrait être annoncé dans les deux à trois prochains mois, avec des plans pour intégrer des réseaux QKD longue distance en orbite terrestre basse (LEO) et sur des satellites en orbite plus haute dès début août.
Les satellites de défense seront équipés de solutions PQC capables de générer des signatures numériques pour chaque position, éliminant ainsi le besoin de clés d’authentification propres à chaque station sol et réduisant les risques de compromission.
Cependant, la réalisation de ce projet nécessite la collaboration des fournisseurs de satellites, notamment l’ISRO, pour embarquer le matériel sur les satellites. Le gouvernement a déjà accéléré le lancement de 52 satellites dédiés à la surveillance. Selon Chowdhry, les autorités s’engagent à rendre ces satellites quantiquement sécurisés dans les délais requis.
Des entreprises privées indiennes du secteur spatial participent également à la construction de ces réseaux quantiques sécurisés. L’urgence de cette initiative s’explique notamment par de récentes cyberattaques ciblant les réseaux de défense et gouvernementaux indiens, attribuées à des acteurs pakistanais et chinois, ainsi que par les avancées rapides de la Chine en calcul quantique.
L’approche indienne combine des communications quantiques basées sur la fibre optique, l’espace libre et par satellite. Si les liaisons quantiques par fibre et espace libre ont déjà été démontrées sur des distances allant jusqu’à 100 km, le véritable saut stratégique repose sur la QKD par satellite, capable de sécuriser les communications sur des milliers de kilomètres.
L’ISRO et le DRDO ont déjà démontré des communications sécurisées basées sur l’intrication quantique sur de courtes distances, marquant un progrès significatif vers un réseau national de communication quantique.
Cette impulsion rapide de l’Inde pour déployer des technologies spatiales quantiques sécurisées répond directement à la menace que représente le calcul quantique, en particulier de la Chine, et vise à garantir l’intégrité et la confidentialité des communications de défense à l’ère quantique. Ce projet constitue un volet essentiel de la stratégie indienne pour protéger ses actifs numériques et stratégiques contre les futures attaques cybernétiques et quantiques.