Le 15 août 2025, lors de son discours à l’occasion de la fête de l’Indépendance depuis le Fort Rouge, le Premier ministre indien Narendra Modi a dévoilé la mission ambitieuse Sudarshan Chakra, une initiative de défense révolutionnaire visant à créer d’ici 2035 un système hybride indigène de défense aérienne et d’attaque. Inspiré du légendaire disque volant Sudarshan Chakra du dieu Krishna, qui frappe avec précision puis revient à son porteur, ce système est pensé comme une plateforme polyvalente allant au-delà du rôle purement défensif d’armes telles que le Dôme de Fer israélien ou le projet américain Golden Dome.
Selon des sources consultées, le Sudarshan Chakra sera capable non seulement de neutraliser les menaces aériennes mais aussi d’engager des cibles au sol, combinant des capacités avancées de surveillance, d’interception et de contre-attaque au sein d’un dispositif unique. Avec une échéance fixée à 2035 et une complexité surpassant celle du Projet Kusha – en développement actuellement et comparable au russe S-500 – ce système promet de transformer la posture stratégique de l’Inde, notamment face aux menaces de ses voisins, le Pakistan et la Chine. Cet article examine la structure conceptuelle du Sudarshan Chakra, ses capacités hybrides inédites, et ses implications pour la stratégie de défense indienne, particulièrement vis-à-vis de la province pakistanaise du Pendjab.
Le Dôme de Fer israélien, en service depuis 2011, est reconnu pour son taux de succès de plus de 90 % dans l’interception de roquettes et d’obus d’artillerie à courte portée, protégeant ainsi les civils et les infrastructures militaires contre des groupes comme le Hamas ou le Hezbollah. Le Golden Dome américain, projet envisagé à 175 milliards de dollars, vise à contrer les menaces de missiles de nouvelle génération dans les domaines aérien, terrestre et spatial, en intégrant des radars avancés et des intercepteurs performants. Si ces deux systèmes se concentrent principalement sur la défense, le Sudarshan Chakra ambitionne d’aller plus loin en combinant des capacités défensives avec des frappes offensives de précision, à l’image du disque mythologique qui frappe puis revient.
Le Premier ministre Modi a insisté sur le fait que le système protégerait des sites stratégiques, civils et religieux, tout en fournissant des “actions ciblées et précises” contre les adversaires, soulignant ainsi une double vocation. D’après les sources, le Sudarshan Chakra intégrera une défense aérienne contre missiles, avions et drones, ainsi que des frappes offensives sur des cibles au sol, telles que des centres de commandement ennemis, des bases aériennes ou des infrastructures militantes. Cette approche hybride le distingue clairement du Dôme de Fer, centré sur la défense à courte portée, ou du Golden Dome, plus vaste mais toujours à vocation essentiellement défensive. La complexité du projet, qui s’étend jusqu’en 2035, laisse entendre qu’il dépassera le Projet Kusha, système indien de défense aérienne longue portée prévu pour 2028-2029.
Le Sudarshan Chakra est conçu comme un système multi-couches, alimenté par l’intelligence artificielle, intégrant des capacités avancées de surveillance, d’interception et de riposte dans les domaines aérien, terrestre et maritime. S’appuyant sur les enseignements tirés de l’Opération Sindoor (mai 2025), où le système intégré indien de commandement et contrôle aérien (IACCS) et le système S-400 (en service sous le nom Sudarshan) ont repoussé des attaques de missiles et de drones pakistanais, ce projet ambitionne de créer un véritable Rashtriya Suraksha Kavach (Bouclier National de Sécurité). Parmi les caractéristiques majeures supposées, on peut citer :
- Capacités défensives :
- Engagement multi-cibles : À l’image du S-400 qui peut détecter des cibles jusqu’à 600 km et intercepter à 400 km, le Sudarshan Chakra pourra traiter un large éventail de menaces aériennes, y compris missiles balistiques, avions furtifs et armes hypersoniques. Il intégrera probablement les missiles sol-air longue portée du Projet Kusha ainsi que le réseau Akashteer pour un suivi en temps réel des menaces.
- Défense stratifiée : Le système combinera surveillance satellitaire, avions-radar AWACS et radars longue portée, formant une zone de protection à trois couches. Les missiles sol-air et les systèmes de guerre électronique (GE) neutraliseront les menaces entrantes, tandis que des mécanismes dits de collatéral « soft-kill » brouilleront les systèmes avioniques adverses, conformément au concept Raksha Kavach.
- Défense cyber : Contrairement au Dôme de Fer, principalement focalisé sur les menaces physiques, le Sudarshan Chakra intégrera une protection contre les cyberattaques telles que le piratage ou le phishing, protégeant les infrastructures critiques comme les réseaux électriques et les hôpitaux.
- Capacités offensives :
- Frappe de précision au sol : La capacité à “riposter plusieurs fois à l’ennemi”, évoquée par le Premier ministre Modi, laisse penser à l’intégration d’armements guidés de précision tels que le Pinaka guidé (CEP de 2 à 3 mètres) ou le RudraM-II, aptes à toucher des installations radar et des infrastructures au sol. Cette capacité est essentielle pour des frappes ciblées sur des bases militantes ou des installations militaires dans la province pakistanaise du Pendjab – comme le quartier général de LeT à Muridke ou des infrastructures de l’ISI à Lahore.
- Système de missiles hybride : Selon des spéculations, un missile capable d’engager des cibles aériennes et terrestres pourrait voir le jour, de type hypersonique ou quasi-balistique, inspiré des Véhicules de Glisse Hypersonique (HGV) du DRDO ou du Pinaka IV (portée de 300 km). Ce missile “qui revient” fonctionnerait métaphoriquement en accomplissant sa mission avec une précision extrême, permettant des frappes rapides en série.
- Guidage autonome : Des algorithmes d’IA développés par le Centre d’Intelligence Artificielle et Robotique (CAIR) du DRDO permettront une sélection automatique des cibles, optimisant ainsi la réactivité dans des environnements de combat dynamiques.
- Intégration aux systèmes existants :
Le Sudarshan Chakra s’appuiera sur le système IACCS, déjà démontré efficace lors de l’Opération Sindoor, ainsi que sur Akash Prime, récemment testé avec succès au Ladakh, et sur les missiles sol-air du Projet Kusha.
Il s’associera aussi aux technologies quantiques de détection sous-marine du DRDO, au missile SMART pour la lutte anti-sous-marine, et aux capacités furtives de l’avion de combat AMCA avec ses réservoirs internes, offrant une synergie multi-domaines complète et adaptée aux futurs champs de bataille intégrés.