L’Indian Air Force poursuit activement la modernisation de son Integrated Air Command and Control System (IACCS), un réseau essentiel ayant joué un rôle central lors de l’Opération Sindoor. Cette modernisation entre désormais dans sa troisième phase, avec pour objectif d’améliorer les capacités de détection longue portée, la gestion des opérations centrées sur le réseau et les frappes de précision, notamment au-delà de la portée visuelle.

Cette troisième phase vise à renforcer la capacité de l’IACCS à gérer efficacement les vecteurs à longue portée tout en optimisant la connectivité entre capteurs et effecteurs sur plusieurs domaines opérationnels. L’accent est mis sur la centralité du réseau, permettant une fusion fluide des données et une diffusion rapide des informations à travers différents niveaux de commandement, ce qui facilite des prises de décision plus rapides et précises dans un espace aérien fortement contesté.

L’IACCS a déjà démontré son importance lors d’opérations offensives et défensives, et cette mise à jour améliore encore cette double fonctionnalité. Un des ajouts majeurs est l’intégration de modules avancés d’évaluation des menaces à plusieurs nœuds du réseau. Ces modules analysent automatiquement et hiérarchisent les menaces en fonction des profils de cible, de l’intention et des données en temps réel, permettant aux commandants d’allouer les contre-mesures appropriées de manière plus efficace. Par ailleurs, un système de détection des tirs d’armes à distance hors de portée conventionnelle est déjà opérationnel, offrant une alerte précoce contre des attaques lancées depuis des positions sécurisées.

Les tactiques de lancement à distance, qui permettent à un adversaire de frapper sans exposer ses forces aux défenses aériennes directes, se sont largement répandues dans les conflits modernes. Le système IACCS amélioré doit considérablement renforcer la capacité de l’Inde à contrer ce type de menace, en détectant rapidement les signatures de lancement, en classifiant les cibles et en orientant les armes et systèmes adaptés pour les neutraliser avant qu’elles n’atteignent leur but.

Les origines conceptuelles de l’IACCS remontent à 1995, suite à l’incident du largage d’armes à Purulia, qui avait révélé des lacunes majeures dans la surveillance de l’espace aérien et la coordination du commandement et contrôle. Ce contexte a conduit l’Indian Air Force à envisager un système pleinement intégré et automatisé. Le concept a été formellement inscrit dans sa première doctrine de la puissance aérienne vers l’an 2000, puis affiné lors de sa révision en 2022 pour tenir compte des évolutions technologiques et doctrinales.

Avec l’intégration de drones et de munitions planantes destinées à des rôles offensifs, notamment la suppression et la neutralisation des défenses aériennes ennemies, l’IACCS a également été conçu pour détecter ces menaces lorsqu’elles sont utilisées par des adversaires, assurant ainsi une information continue aux commandants terrestres et aériens. Pour garantir des communications sécurisées et résilientes, le système intègre des radios définies par logiciel (Software Defined Radios), permettant la transmission cryptée de la voix et des données entre unités et plateformes dispersées.

Les sources soulignent que l’architecture physique et réseau actuelle de l’IACCS a été délibérément pensée pour accompagner les évolutions technologiques futures. Cette anticipation facilite les mises à niveau successives, notamment en matière de redondance, de résilience et d’intégration de nouveaux capteurs et effecteurs sans nécessiter une refonte complète du système.

L’IACCS est déjà compatible avec d’autres réseaux de commandement et contrôle interarmes, tels qu’Akashtir, le système de contrôle et de surveillance de la défense aérienne de l’Armée indienne, et Trigun, le système de surveillance maritime de la Marine. Ce niveau d’interopérabilité est central dans la démarche indienne visant à renforcer la conduite conjointe et intégrée des opérations sur terre, mer, air, espace et cyberespace.