Dans la nuit, l’Ukraine a mené un important raid de drones contre des cibles militaires à Moscou. Par ailleurs, la France augmente la formation de pilotes ukrainiens sur ses avions Mirage 2000, tandis que l’Azerbaïdjan engage des poursuites judiciaires contre la Russie après la destruction d’un avion civil causant la mort de 38 personnes.
La nuit dernière, l’Ukraine a lancé un vaste raid aérien de drones sur des objectifs militaires dans la capitale russe. Les autorités russes affirment avoir abattu 93 drones ukrainiens, mais la réalité est qu’elles ont dû fermer temporairement les quatre aéroports autour de Moscou, perturbant ainsi les voyages à l’étranger de la classe moyenne russe. Des débris de drones ont provoqué des incendies sur deux véhicules et endommagé plusieurs bâtiments du quartier de Zelenograd, notamment en brisant des fenêtres.
Les rapports ukrainiens détaillant les cibles frappées ne sont pas encore rendus publics. L’absence de communication peut s’expliquer par la nécessité pour les services de renseignement de ne pas révéler leurs méthodes d’acquisition d’informations ni indiquer à l’ennemi les cibles prioritaires ou la capacité de l’armée ukrainienne à contourner les défenses aériennes russes.
Suite à un échange entre les présidents ukrainien et français, la France augmente la formation de pilotes ukrainiens sur ses avions de chasse Mirage 2000. Ces appareils, dans leur version fournie à l’Ukraine, sont équipés pour des missions d’attaque au sol. Cette coopération pourrait également s’accompagner d’une augmentation du nombre de Mirage 2000 livrés à l’Ukraine. Contrairement au déploiement très médiatisé des F-16, l’emploi des Mirage se fait plus discrètement, alors même que ces derniers effectuent davantage de missions, grâce à leur robustesse, leur facilité d’entretien et leur capacité à opérer depuis des bases routières, quelle que soit la nature du terrain. Le Mirage 2000 présente aussi l’avantage d’avoir des prises d’air moteur moins vulnérables aux corps étrangers que le F-16, dont les besoins en entretien sont donc plus exigeants dans des conditions opérationnelles difficiles.
Sur un autre front, l’Azerbaïdjan poursuit la Russie devant la justice pour la destruction d’un vol civil le jour de Noël 2024. Cet incident a fait 38 victimes parmi les passagers et l’équipage de la compagnie Azerbaijani Airlines. Début juillet, une enregistrement audio a révélé un ordre explicite d’ouvrir le feu sur l’avion. Les autorités azerbaïdjanaises affirment détenir des preuves solides montrant que le système russe de défense antimissile Pantsir-S (SA-22) est responsable du tir. Il s’agirait du premier cas documenté d’utilisation létale de ce système russe supposément très performant.
11h09 Concernant les récents importants blackouts dans la région de Göteborg en Suède, un incident majeur a également été signalé à Mjölby la nuit dernière, entre 23h00 et 03h00. Le manque d’informations claires et régulières sur ces coupures nuit à la gestion de crise, car la diffusion transparente d’informations est essentielle pour réduire l’inquiétude et éviter la propagation de rumeurs. Lorsque la cause des pannes est inconnue, il est crucial de l’assumer ouvertement, car cela fait aussi partie d’une communication efficace.
11h18 Un officier suédois, connu sous le pseudonyme Wiseman, a publié sur le réseau Bluesky une mise en garde forte :
« Politiciens, journalistes et fonctionnaires, peu importe votre niveau ou votre localisation, je sais, ainsi que mes collègues, que la Suède est déjà en guerre. Ce sont toutefois vous, civils, et non les militaires, qui êtes en première ligne car la Russie mène ce conflit de manière à éviter une réponse militaire directe. Vous êtes sans doute une cible et souvent un outil de cette guerre russe.
Tant que vous ne comprenez pas votre rôle et vos responsabilités, la défense suédoise restera insuffisante. »
Cette alerte intervient alors que la police suédoise a participé à une opération internationale contre le groupe de hackers russes « Noname », responsable de plusieurs attaques massives par déni de service (DDoS) contre des institutions et banques suédoises en 2023 et 2024.
La Suède est donc déjà engagée dans un conflit, principalement dans le cyberespace. Il est crucial que chaque organisation et employeur prenne dès maintenant les mesures nécessaires pour sécuriser leurs infrastructures numériques. Une bonne préparation face à la guerre cyber améliorera la résilience lors de possibles évolutions vers des actions militaires plus conventionnelles et destructrices.
En matière de continuité d’activité, il ne suffit plus aujourd’hui d’avoir une seule connexion Internet. Par exemple, en cas de coupure du réseau au bureau, la possibilité pour une part du personnel de travailler à distance avec un accès fiable est une mesure de préparation essentielle. Une seule localisation physique peut être vulnérable tant aux attaques technologiques, qu’aux actions militaires ou aux opérations de désinformation.
Enfin, Wiseman souligne que l’élément humain reste la plus grande faiblesse, les populations naïves et crédules étant souvent les cibles les plus faciles. Cette tendance explique en partie pourquoi les médias reproduisent parfois sans vérification les narratifs propagandistes russes, par paresse ou manque d’esprit critique.