Lors d’un discours musclé au Parlement israélien, Benjamin Netanyahu a vigoureusement défendu sa gestion du pays, soulignant le soutien sans précédent dont bénéficie Israël à l’échelle internationale, malgré une recrudescence de l’antisémitisme. Il a mis en avant ses liens étroits avec des dirigeants mondiaux tels que Narendra Modi et Donald Trump.
Intervenant dans le cadre d’un débat parlementaire demandé par 40 députés de l’opposition, un dispositif qui oblige le Premier ministre à s’exprimer une fois par mois à la Knesset, Netanyahu a assuré que la position d’Israël sur la scène internationale restait solide, que ce soit sur le plan diplomatique, militaire ou économique, malgré une guerre de deux ans contre le Hamas.
« Israël est aujourd’hui plus fort que jamais », a-t-il affirmé. Rejetant les critiques évoquant un effondrement du prestige international d’Israël, Netanyahu a qualifié ces accusations de « déconnexion avec la réalité ». Il a souligné la puissance régionale d’Israël au Moyen-Orient, ainsi que son influence dans certains domaines à l’échelle globale, qu’il attribue à la gestion de la guerre dite de la « Guerre de la Renaissance », nom donné par le gouvernement israélien au conflit déclenché par l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, une appellation controversée en Israël.
Le Premier ministre israélien a pointé les défis auxquels son pays est confronté, notamment une « vague d’antisémitisme » croissante en Occident, alimentée selon lui par des minorités musulmanes radicales installées principalement en Europe et par une « incitation antisémite » relayée sur les réseaux sociaux par des gouvernements et organisations anti-sionistes.
Pour lutter contre cette propagande, l’État israélien a alloué une somme exceptionnelle de 2,35 milliards de shekels (environ 725 millions de dollars) au ministère des Affaires étrangères. Netanyahu a insisté sur la nécessité d’adopter de nouvelles méthodes dans cette lutte et de reconnaître les « réalisations impressionnantes » d’Israël.
Le Premier ministre a également rappelé des signes concrets du maintien de l’influence israélienne à l’international, évoquant notamment la récente visite du chancelier allemand Friedrich Merz, précisant que cette visite avait été demandée par le dirigeant allemand lui-même.
« L’Inde, un pays immense de 1,5 milliard d’habitants, souhaite également renforcer ses liens avec nous », a-t-il ajouté, se référant à ses fréquents échanges avec le Premier ministre Narendra Modi, avec qui une rencontre prochaine est prévue.
Netanyahu a également annoncé son prochain voyage aux États-Unis pour rencontrer une nouvelle fois Donald Trump : « Ce sera ma sixième entrevue avec le président américain depuis son entrée en fonction en janvier de cette année — plus que tout autre dirigeant dans le monde ».
Il a réfuté les rumeurs de tensions entre lui et Trump, qu’il a qualifiées de « rituel fixe » précédant chaque réunion, soulignant que malgré les désaccords inévitables, les résultats de ces rencontres sont toujours positifs. « Les États-Unis et Israël sont deux pays indépendants, liés par des valeurs et des intérêts communs qui n’ont fait que se renforcer », a-t-il insisté.
« Israël n’a pas de meilleur allié que les États-Unis, et les États-Unis n’ont pas de meilleur allié qu’Israël », a-t-il affirmé avec force.
Netanyahu a par ailleurs évoqué sa relation personnelle de longue date avec plusieurs dirigeants mondiaux, dont Vladimir Poutine, avec qui il maintient « un dialogue constant », estimant que ces liens protègent les intérêts vitaux d’Israël.
« Nous entretenons des relations renforcées avec les grandes puissances que sont les États-Unis, l’Inde, l’Allemagne et la Russie, et ce malgré la guerre », a-t-il insisté. Il a en outre souligné l’intérêt croissant de nombreux autres pays, en particulier au Moyen-Orient, en Extrême-Orient, en Amérique latine et en Afrique, désireux d’établir des liens étroits avec Israël.
Face aux critiques virulentes de l’opposition, qui lui reproche une gestion défaillante de la guerre, son refus de reconnaître la responsabilité d’Israël dans l’attaque menée par le Hamas, le creusement des divisions internes, l’affaiblissement de la justice et le blocage de la création d’une commission d’enquête indépendante, Netanyahu a assuré que le gouvernement mettrait en place sa propre enquête.
Le mois dernier, le gouvernement a décidé de lancer une enquête interne pour examiner les défaillances ayant conduit à l’invasion et au massacre du 7 octobre 2023, excluant ainsi la commission d’enquête d’État, procédure habituellement privilégiée lors de catastrophes majeures.
Le Premier ministre a promis que la composition de cette commission serait convenue équitablement entre majorité et opposition, soulignant ironiquement : « Qui pourrait s’y opposer, sinon quelqu’un qui ne souhaite pas que la vérité éclate ? »