Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé son intention de réduire progressivement la dépendance d’Israël à l’aide militaire américaine sur la prochaine décennie, dans un contexte où le pays cherche à renforcer ses partenariats régionaux et à accroître son autonomie en matière de défense.
Lors d’une interview accordée à CBS News, Netanyahu a déclaré vouloir « réduire à zéro le soutien financier américain » lié à la coopération militaire avec Washington.
Actuellement, Tel Aviv bénéficie d’environ 3,8 milliards de dollars d’aide militaire annuelle des États-Unis, dans le cadre d’un accord à long terme en vigueur jusqu’en 2028.
« Je ne veux pas attendre la prochaine session du Congrès », a affirmé le dirigeant israélien. « Je souhaite commencer dès maintenant. »
Une baisse du soutien américain et des risques croissants de représailles
Ces déclarations interviennent alors que le soutien américain à Israël s’estompe, notamment face à la guerre avec la Palestine et au conflit persistant avec l’Iran.
Selon une enquête récente menée par le Pew Research Center, installé à Washington, 59 % des Américains ont désormais une opinion défavorable d’Israël, un chiffre en hausse, en particulier parmi les jeunes.
Netanyahu attribue en grande partie cette évolution aux réseaux sociaux, affirmant que plusieurs États ont « fondamentalement manipulé » ces plateformes numériques d’une manière qui « nous a gravement affectés ».
Le Premier ministre a également reconnu que son pays n’avait pas saisi immédiatement l’ampleur du risque posé par la capacité de l’Iran à perturber le trafic maritime dans le Détroit d’Hormuz au cours du conflit actuel.
« Il a fallu du temps pour comprendre l’importance de cette menace », a-t-il admis.
Sans entrer dans les détails des plans militaires israéliens visant l’Iran, Netanyahu a souligné qu’un éventuel effondrement du régime iranien pourrait entraîner la désorganisation du réseau de proxies régionaux de Téhéran, comprenant Hezbollah, Hamas ainsi que les Houthis.
« Est-ce possible ? Oui », a-t-il répondu au sujet d’un changement de régime en Iran. « Est-ce garanti ? Non. »