Face aux rumeurs circulant en ligne, l’ambassade britannique à Doha a publié une déclaration claire pour démentir toute implication d’un avion ravitailleur de la Royal Air Force dans des opérations aériennes israéliennes menées au-dessus du Qatar.
Dans ce communiqué, il est précisé que le 9 septembre, un avion RAF Voyager évoluait au-dessus de Doha dans le cadre d’un exercice planifié et routinier avec la Force aérienne émiratie du Qatar.
Cette formation portait principalement sur le ravitaillement aérien en vol, une pratique anciennement établie dans la coopération militaire entre le Royaume-Uni et le Qatar.
Le texte réfute explicitement les allégations de lien avec des opérations israéliennes, les qualifiant de “sans fondement et fausses”. Il précise également : “Le Royaume-Uni n’avait aucune connaissance de ces attaques, ni n’y a participé, que nous condamnons comme une violation flagrante de la souveraineté d’un partenaire clé.” L’ambassade conclut de manière ferme : “Nous sommes aux côtés du Qatar.”
Outre ce démenti officiel, des raisons techniques rendent les hypothèses de soutien britanniques peu crédibles. La RAF exploite les ravitailleurs Airbus Voyager KC2 et KC3, dérivés de l’A330, équipés du système d’aspiration “hose-and-drogue” Cobham 905E monté sous les ailes, et sur la version KC3 d’une unité supplémentaire sous fuselage.
Or, la flotte israélienne de chasseurs utilise le ravitaillement par perche rigide (“flying boom”), système de type américain. Les F-15 et F-16 israéliens sont munis de réceptacles pour ce mode de transfert, incompatible avec le système britannique “probe-and-drogue”.
Cette différence technique exclut toute possibilité physique de ravitaillement en vol des avions israéliens par les Voyager britanniques. À l’inverse, les ravitailleurs américains KC-135 et KC-46 possèdent des perches adaptées aux appareils de la force aérienne israélienne.
Le Royaume-Uni a renforcé sa coopération militaire avec le Qatar ces dernières années. Des entraînements conjoints ont notamment porté sur la surveillance aérienne du pays du Golfe durant la Coupe du Monde de la FIFA, tout comme la mise en place d’un escadron commun permanent de Typhoon, le 12 Squadron, basé au Royaume-Uni mais partagé entre personnel britannique et qatari.
Les ravitailleurs Voyager participent régulièrement à des exercices bilatéraux dans l’espace aérien qatari. Pour Londres, cette collaboration traduit non seulement un engagement en faveur de la sécurité dans le Golfe, mais aussi une volonté de développer les liens industriels de défense, le Qatar ayant acquis des avions Typhoon et des appareils d’entraînement Hawk auprès de BAE Systems.
La rapidité avec laquelle les affirmations relatives à la participation de la RAF se sont propagées sur internet illustre l’influence significative de la désinformation sur la perception des opérations militaires occidentales dans la région.