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Les forces de défense aérienne iraniennes affirment avoir détecté la présence de chasseurs F-35 dans leur zone d’opérations grâce à un système d’écoute sophistiqué. Cette annonce intervient peu après le déploiement d’une douzaine de F-35 opérant sous le commandement central des États-Unis, dans un contexte régional marqué par une tension croissante entre la Russie, la Syrie et l’Iran dans le Golfe et le Levant.

Le général de brigade Reza Khajeh, commandant adjoint des opérations de la Défense aérienne de l’armée iranienne, a déclaré que tous les mouvements aériens dans la région sont strictement surveillés. Selon lui, un système d’écoute performant permettrait de non seulement détecter mais aussi de suivre toutes les sorties des avions furtifs, dont les F-35. « Aucune mission interceptée par ce dispositif ne nous a échappé », a-t-il souligné.

Ces affirmations ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, laissant entendre qu’Iran pourrait avoir percé les secrets des capacités furtives d’un des chasseurs les plus avancés au monde.

Des affirmations contestées

Pour autant, des précédents viennent tempérer ces déclarations. En effet, des frappes israéliennes impliquant des F-35 ont déjà eu lieu en territoire syrien et iranien sans que les radars russes ou iraniens, réputés sophistiqués, n’aient détecté leur arrivée. Le « Stealthy Reaper », comme est surnommé l’F-35 israélien Adir, s’est illustré lors d’exercices militaires israélo-américains en Méditerranée par sa discrétion opérationnelle.

Cette capacité d’infiltration soulève des questions sur l’efficacité réelle des systèmes de défense radar iraniens, surtout après des rapports suggérant que des F-35 israéliens ont pénétré l’espace aérien iranien à plusieurs reprises durant l’été 2022. L’utilisation combinée de drones et de ravitailleurs en vol contribue également à ces capacités furtives, rendant leur détection encore plus complexe pour les défenses aériennes iraniennes.

En revanche, le contexte russe est différent. Le déploiement de systèmes avancés comme le S-300 ou le S-400 en Syrie et au Liban, ainsi que la coopération tacite entre Moscou et Tel Aviv, limitent les risques d’interférence lors des opérations israéliennes en région proche, notamment contre des cibles iraniennes.

Il convient de rappeler qu’Israël a déjà utilisé ses F-35 en combat réel, notamment contre des drones iraniens en mars dernier, démontrant l’efficacité de cet équipement dans la neutralisation de menaces aériennes grâce à une combinaison de technologies laser et de frappes pilotées par les F-35.

Ce qu’est vraiment la furtivité

Contrairement à une idée reçue, les appareils furtifs ne sont pas invisibles. Leur conception vise principalement à retarder ou compliquer leur détection via les radars à haute fréquence et à réduire leur « signature » électromagnétique, mais ils peuvent être détectés sous certaines conditions. Il est crucial de distinguer entre la simple détection d’un avion furtif et sa capacité à être ciblé et verrouillé pour un tir.

Les radars fonctionnent sur des bandes de fréquences différentes — L, S, C, X, K — avec des caractéristiques spécifiques.

Les radars à basse fréquence peuvent souvent détecter la présence d’un appareil furtif, mais ils manquent de précision pour fournir les données nécessaires au guidage d’un missile. Inversement, les radars à haute fréquence, capables d’un « verrouillage » оружия, sont les plus dangereux pour un chasseur furtif, dont la conception vise à réduire sa détection dans ces bandes.

Détecter ne signifie pas cibler

Les radars déployés ont des finalités différentes selon leurs fréquences. Un avion furtif est donc optimisé pour minimiser sa visibilité sur les radars à haute fréquence, afin de retarder ou éviter l’engagement ennemi. Bien que certaines bandes comme les S ou C puissent visualiser la zone générale où opère un chasseur furtif, elles ne permettent pas un ciblage précis et ajusté pour la destruction.

Cette réalité technique explique que les radars civils ou d’observation aérienne, souvent basés sur la bande S, parviennent régulièrement à repérer des avions furtifs sans que cela ne signifie une menace immédiate. Par contraste, les bombardiers furtifs, dotés d’une silhouette et d’une structure dessinées pour maximiser l’absorption des ondes radar, demeurent souvent indétectables même par ces radars basse fréquence.

En résumé, la capacité à repérer un F-35 n’est pas synonyme de capacité à l’intercepter ou à le détruire. Ce sont précisément ces nuances techniques, trop souvent méconnues, qui se cachent derrière les annonces impressionnantes mais souvent incomplètes sur la détection des appareils furtifs.