Le gouvernement allemand devrait adopter d’ici la fin du mois le projet de loi instaurant un nouveau service militaire. Ce plan vise à renforcer significativement les effectifs des forces armées, avec la création de 142 000 postes supplémentaires d’ici 2030, pour répondre aux besoins croissants de la Bundeswehr.

Le Cabinet a déjà validé mercredi dernier le budget pour l’année suivante, engageant une expansion importante des effectifs militaires. Ce budget prévoit 10 000 postes supplémentaires pour les militaires de carrière et contractuels, ainsi que 20 000 postes pour les futurs volontaires, désignés comme des soldats contractuels jusqu’à 23 mois. Cette nouvelle catégorie témoigne d’une volonté claire d’améliorer l’attractivité du service : les volontaires percevront désormais une rémunération alignée sur celle des militaires en service plus long, contrairement à l’ancienne grille applicable. Pour un jeune recrue, cela représente une augmentation d’environ 1 000 euros brut par mois.

Le ministre de la Défense, Boris Pistorius, ambitionne ainsi de recruter, grâce à ce dispositif, un total de 142 000 nouveaux soldats d’ici 2030.

Le Bundestag devra approuver la réactivation de la conscription

Des ajustements ont encore été apportés au projet de loi lors des consultations interministerielles. Parmi ceux-ci, le renforcement du rôle du Parlement a été acté : la réintroduction de la conscription ne pourra intervenir que si le Bundestag l’approuve expressément, ce qui fait suite à une controverse interne au sein du SPD. Initialement, l’activation de la conscription automatique était prévue si, après trois semaines, le Parlement ne s’était pas prononcé. Ce passage a été supprimé, imposant désormais une approbation obligatoire pour toute activation.

Par ailleurs, des examens médicaux obligatoires seront réintroduits dès juillet 2027, un calendrier avancé par rapport à la date initialement fixée en janvier 2028. Ces examens s’appuieront sur une déclaration préalable numérisée, que les jeunes devront fournir à partir de 2026.

Un coût estimé entre 4 et 5 milliards d’euros d’ici 2029

Le dispositif concernera les personnes nées à partir de 2008. Tous les jeunes de 18 ans recevront un courrier les invitant à exprimer leur disponibilité pour le service militaire. La réponse est obligatoire pour les hommes, facultative pour les femmes. Le courrier comprendra également un questionnaire destiné à préparer les examens médicaux de sélection. Dès le printemps 2026, les premiers volontaires effectueront un service d’une durée minimale de six mois.

Le recrutement visé est ambitieux : 20 000 nouvelles recrues en 2026, 23 000 en 2027, 28 000 en 2028, 33 000 en 2029 et 38 000 en 2030.

Selon le projet de loi, les coûts liés à la mise en œuvre de ce nouveau service militaire devraient s’élever entre 4 et 5 milliards d’euros durant la législature. Le ministère de la Défense devra ainsi faire face à des dépenses supplémentaires de 495 millions d’euros en 2026, qui augmenteront jusqu’à 849 millions en 2029. À cela s’ajoutent environ 125 millions d’euros par an pour chaque tranche de 10 000 soldats supplémentaires. Par ailleurs, des allocations et prestations sociales améliorées représenteront un surcoût total de plus de 1,2 milliard d’euros entre 2026 et 2029. Le coût de gestion des examens médicaux est quant à lui estimé à 54,1 millions d’euros annuels à partir de 2027.