La France s’apprête à instaurer dès l’été 2026 un service militaire volontaire de dix mois, ouvert aux hommes comme aux femmes, afin de renforcer la capacité de défense nationale. Le président Emmanuel Macron a assuré que ce dispositif ne constitue pas un retour à la conscription générale suspendue en 1996, ni à un service civique universel, ces derniers étant jugés inadaptés face aux menaces actuelles. Ce nouveau service s’inscrira exclusivement sur le territoire national et dans les territoires d’outre-mer, sans déploiement dans l’espace OTAN.
Présenté lors d’une visite au 27e bataillon de chasseurs alpins à Varces, près de Grenoble, le président Macron a rappelé que les forces armées incarnent “les forces de la République” et représentent un cadre naturel d’engagement pour la jeunesse qui aspire “à la liberté et au sens de l’engagement”.
“Nous devons offrir à la jeunesse un idéal et la liberté de le servir”, a-t-il souligné, invitant à renforcer le lien entre la nation et son armée, tout en préparant les jeunes Français aux défis sécuritaires à venir.
Rappelant la suspension de la conscription décidée par Jacques Chirac au lendemain de la Guerre froide, Emmanuel Macron a insisté sur les limites de ce modèle massif devenu inadapté : “Une classe d’âge représentait 600 000 à 800 000 jeunes ; ce système ne correspondait plus ni aux besoins opérationnels ni à la nature des menaces actuelles.”
Il a rejeté l’idée d’un retour à une conscription générale obligatoire en temps de paix, insistant sur la nécessité d’une “mobilisation nationale” basée sur le volontariat, adaptée aux exigences de défense contemporaine.
Ce service national militaire volontaire ciblera principalement les jeunes de 18 à 19 ans, qui pourront s’engager à partir du milieu de l’année 2026, sous un statut militaire avec uniforme, solde et équipement. Une formation initiale d’un mois leur permettra d’acquérir les fondamentaux du milieu militaire (discipline, maniement des armes, cérémonies). Ensuite, ils seront affectés pour neuf mois dans des unités sur le territoire national ou dans les territoires d’outre-mer, où ils réaliseront des missions comparables à celles des soldats en service actif, telles que la garde, la protection civile, ou le soutien aux populations.
Ce dispositif s’inspire du modèle norvégien, soulignant l’élan de plusieurs pays européens à développer des réserves militaires structurées face aux menaces géopolitiques actuelles.
Dans un contexte marqué par des tensions croissantes, ces volontaires constitueront un “modèle hybride” au sein des forces armées, complément essentiel de l’armée active et des réservistes professionnels, dont l’objectif est de passer de 45 000 à 80 000 effectifs d’ici 2030.
Emmanuel Macron a précisé que l’effectif initial serait de 3 000 volontaires en 2026, avec une montée en puissance progressive jusqu’à atteindre 10 000 jeunes en 2030, et un objectif ambitieux de 50 000 d’ici 2035, ajustable selon l’évolution de la situation sécuritaire.
Au terme de leur service, ces jeunes pourront poursuivre leurs études ou entrer dans la vie civile tout en intégrant une réserve opérationnelle de second niveau, bénéficiant d’un accompagnement pour leur insertion professionnelle et la possibilité de passer au service actif en valorisant leur expérience acquise.
Ce nouveau service militaire volontaire vient compléter les autres formes d’engagement citoyen, notamment le service civique, qui rassemble chaque année plus de 100 000 jeunes autour de missions non militaires.
Pour Emmanuel Macron, dans un monde instable où la violence supplante parfois le droit, “la nation ne doit pas céder à la peur ou à la panique, mais se préparer sérieusement. Nos forces armées s’y emploient déjà au quotidien, et elles intensifieront leurs efforts demain.”