L’Organisation indienne de recherche spatiale (ISRO) se prépare à lancer d’ici la fin de l’année deux satellites majeurs dédiés à la surveillance militaire : le Technology Demonstration Satellite (TDS) et le GSAT-7R. Ce dernier remplacera le GSAT-7 (Rukmini), actuellement utilisé pour les communications militaires, offrant un renfort considérable aux capacités de la Marine indienne.
Basée à Bengaluru, l’ISRO prépare activement le lancement de ces deux satellites clés pour la surveillance militaire et les communications sécurisées. Le GSAT-7R est un satellite spécifiquement conçu pour la Marine indienne, destiné à succéder au GSAT-7 lancé en 2013. Ce dernier assure depuis plus de dix ans des communications multi-bandes critiques, permettant une interconnexion en temps réel entre bâtiments de guerre, sous-marins, aéronefs et installations terrestres, principalement dans la zone géographique de l’océan Indien.
Le GSAT-7R, plus moderne, devrait renforcer les capacités de communication de la Marine avec un poids estimé à environ 2 650 kg en orbite géostationnaire. Son coût approximatif est de 1 589 crores de roupies indiennes (environ 225,5 millions de dollars US). Son lancement est prévu via le lanceur GSLV MK-II de l’ISRO, visant à soutenir les opérations étendues de la Marine dans les espaces océaniques éloignés (blue-water navy).
Parallèlement, l’ISRO développe le Technology Demonstration Satellite (TDS), un projet moins détaillé publiquement, mais qui symbolise l’engagement de l’organisation à faire progresser les innovations technologiques spatiales nationales et à soutenir les avancées indigènes dans ce domaine.
En 2025, l’ISRO prévoit non seulement ces lancements, mais aussi le développement d’un lanceur géant comparable à la hauteur d’un immeuble de 40 étages. Ce nouveau lanceur aura la capacité d’emmener en orbite basse terrestre (LEO) des charges utiles jusqu’à 75 000 kg, une étape majeure qui témoigne des ambitions croissantes de l’Inde dans les secteurs spatial, scientifique, commercial et militaire.
Le remplacement du GSAT-7 par le GSAT-7R répond aux objectifs stratégiques de la Marine indienne, qui vise une communication plus fiable, une portée opérationnelle étendue et des capacités multi-bandes sécurisées et indépendantes des satellites étrangers. Ce satellite de nouvelle génération renforcera la guerre réseau-centrique navale en fournissant une couverture étendue et des charges utiles de communications avancées, garantissant une connectivité ininterrompue pour les actifs navals lors des opérations critiques.
L’ISRO étend également son portefeuille satellitaire, avec environ 55 satellites actuellement en orbite, et une projection de triplement de ce nombre dans les trois à quatre prochaines années. Cette croissance rapide souligne l’importance accrue des technologies spatiales dans la sécurité nationale et le positionnement de l’Inde en tant que puissance spatiale majeure.
Les mises en orbite du TDS et du GSAT-7R d’ici la fin 2025 marquent ainsi des jalons cruciaux, renforçant le rôle de l’ISRO dans le domaine des capacités stratégiques nationales via des technologies satellitaires indigènes, tout en poursuivant le développement de lanceurs et l’augmentation des capacités de déploiement orbital.
Un lanceur de 40 étages pour des charges de 75 tonnes en orbite basse terrestre
Selon le président de l’ISRO, V Narayanan, l’Inde compte actuellement 55 satellites en orbite, un chiffre qui devrait tripler dans les trois à quatre ans à venir. L’ISRO travaille sur un lanceur monumental, d’une hauteur équivalente à un immeuble de 40 étages, capable de placer un satellite de 75 000 kg en orbite basse terrestre.
Ce projet ambitieux représente un bond considérable par rapport aux premières capacités de lanceurs indiens, comme le premier lanceur développé sous la direction du Dr APJ Abdul Kalam, dont la masse au décollage était de 17 tonnes, avec une capacité orbitale de seulement 35 kg.
Pour l’année 2025, le calendrier de l’ISRO prévoit également le lancement d’un nouveau satellite NAVIC, composante du système régional de navigation autonome indien, destiné à fournir des services de positionnement précis tant pour un usage civil que stratégique.
Par ailleurs, l’ISRO poursuit le développement du lanceur N1 et projette de placer en orbite un satellite de communication américain de 6 500 kg avec ses propres moyens. La firme planifie également les lancements simultanés du Technology Demonstration Satellite et du GSAT-7R, satellite de communication militaire spécialement dédié à la Marine indienne, destiné à remplacer le GSAT-7.
Le triplement du nombre de satellites, pour atteindre environ 165 en orbite dans les prochaines années, reflète l’expansion rapide des capacités spatiales indiennes. Cette augmentation significative illustre la croissance des applications satellites dans les domaines militaire, de la navigation et des communications.
Enfin, V Narayanan oriente aussi les efforts vers l’émergence d’une station spatiale indienne envisagée pour 2035, avec le lancement du premier module prévu dès 2028, indiquant la vision à long terme de l’Inde en termes d’infrastructures spatiales.
En résumé : l’ISRO se prépare à une révolution de ses capacités avec un lanceur géant de 40 étages capable de placer une charge utile de 75 tonnes en orbite basse, un triplement du nombre de satellites en orbite, et la mise en œuvre de projets clés tels que NAVIC, le lanceur N1, ainsi que les satellites de communication militaire GSAT-7R et TDS. Ces avancées marquent un réel saut technologique et stratégique pour l’Inde dans le domaine spatial.