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Dans une montée en puissance discrète mais efficace de ses tactiques défensives, l’Indian Air Force (IAF) déploie massivement des leurres gonflables imitant les principaux systèmes de défense aérienne le long de sa frontière occidentale, particulièrement sensible, avec le Pakistan. Ces répliques légères, conçues pour reproduire les signatures radar et les profils visuels des équipements opérationnels, visent à tromper la surveillance ennemie et à provoquer des frappes inutiles, préservant ainsi les vraies installations pour des engagements cruciaux.

Une récente observation d’un leurre gonflable S-125 « Pechora » à la base aérienne de Jamnagar dans le Gujarat — à seulement quelques kilomètres de la frontière — illustre l’ampleur de cette campagne de désinformation, tirant les enseignements de l’opération Sindoor en mai 2025, durant laquelle ces leurres ont attiré des drones pakistanais dans des zones de tir de l’IAF.

Alors que les affrontements frontaliers se poursuivent, ce déploiement massif de plus de 400 unités démontre l’évolution de l’IAF vers une guerre asymétrique, mêlant systèmes hérités et leurres modernes pour conserver un avantage stratégique sans accroître la puissance de feu.

Des images en provenance de Jamnagar AFS, un centre névralgique pour les opérations de Su-30MKI, montrent fin octobre un leurre S-125 Pechora — une maquette gonflable d’un ancien système soviétique de missiles sol-air (SAM), complétée par de faux lanceurs et véhicules radar. Des militaires en tenue de camouflage ont été vus positionnant le dispositif sur le tarmac, ses composants gonflables recréant rapidement une silhouette quasi identique au réel système 2K12 Kub, modernisé dans le cadre du projet Kusha pour améliorer les interceptions à basse altitude. Ce déploiement, initialement dévoilé via des réseaux sociaux, souligne le rôle de Jamnagar comme point clé de la désinformation, avec des installations similaires se multipliant dans les secteurs du Punjab, Rajasthan et Gujarat.

Le leurre Pechora, fabriqué à partir de tissus réfléchissant les ondes radar et équipé de modules électroniques facultatifs pour simuler des émissions actives, pèse moins de 500 kg et peut être déployé en quelques minutes par un seul camion. Contrairement aux simples mannequins, ces leurres peuvent « respirer » via des ventilateurs internes, reproduisant des signatures thermiques détectables par des capteurs infrarouges. Selon l’IAF, ils constituent un « multiplicateur de force économique », coûtant une fraction des 10 millions de dollars nécessaires au système Pechora réel tout en attirant les tirs des appareils de reconnaissance comme les AWACS Erieye pakistanais.

Cette intensification des tactiques de leurres est directement liée à l’opération Sindoor de mai 2025, au cours de laquelle drones leurres et fausses batteries SAM ont servi d’appâts, contraignant la Pakistan Air Force (PAF) à révéler ses positions. Des frappes BrahMos, guidées par ces ruses en temps réel, ont mis hors service 12 bases aériennes pakistanaises, tandis que des batteries Pechora modernisées ont abattu plus de 20 drones d’origine turque en une seule nuit. Les débris d’un engagement Pechora près de Bathinda ont confirmé l’efficacité face à des menaces avancées, validant l’investissement de 200 millions de dollars du DRDO dans la modernisation intégrant des systèmes de contrôle de tir numériques et des capteurs anti-brouillage.

Les analyses post-opération ont montré que les leurres absorbent 40 % des tentatives d’attaque, gagnant un temps précieux pour la relocalisation des batteries S-400 et l’activation du réseau Akashteer. Face à la montée des incursions de drones pakistanais — plus de 150 signalées depuis juin — l’IAF réagit en massifiant ces leurres pour créer une « défense en profondeur », où l’adversaire gaspille ses munitions de précision sur des cibles factices, rappelant les manœuvres de la guerre froide mais amplifiées par des algorithmes d’intelligence artificielle pour le positionnement.

Le programme d’acquisition de l’IAF soutient cette montée en puissance. En septembre 2025, des appels d’offres ont été lancés pour 400 leurres gonflables reproduisant non seulement les systèmes Pechora et Akash, mais aussi les batteries S-400 Triumf et les silhouettes des chasseurs Rafale — fournis par des entreprises nationales telles que Tata Advanced Systems et L&T Defence. Ces unités, coûtant entre 50 et 100 lakh de roupies chacune, intègrent des métamatériaux pour émuler des signatures larges bandes et tromper les radars en bande X, utilisés notamment par les JF-17 pakistanais.

La doctrine de déploiement privilégie la mobilité : les leurres sont régulièrement déplacés par avions C-130J, intégrés aux pods de guerre électronique des patrouilles Tejas pour amplifier les fausses pistes. Le long des 3 300 km de frontière, des concentrations à Adampur, Bhuj et Uttarlai forment un « ceinturon de tromperie », complété par des essaims de drones pour des repositionnements dynamiques. Les experts estiment que cette approche à faible technologie mais fort impact contrebalance la supériorité numérique des drones pakistanais — estimés à plus de 5 000 unités — sans grever les budgets, permettant de préserver des ressources pour le développement du chasseur furtif AMCA de cinquième génération.