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Et si les États-Unis ne mettaient pas fin aux guerres, mais se contentaient de les interrompre ?

Depuis son retour à la Maison-Blanche, le président Donald Trump – qui s’est à plusieurs reprises présenté comme un « président de la paix » – est intervenu pour faire cesser les hostilités sur plusieurs fronts en crise. De Gaza au conflit Israël-Iran, en passant par l’Ukraine, la tension entre l’Inde et le Pakistan, ainsi que la frontière entre la Thaïlande et le Cambodge en Asie du Sud-Est, la pression diplomatique américaine a permis d’imposer des cessez-le-feu, de stopper les escalades et de stabiliser les lignes de front. Parallèlement, les États-Unis ont mené des centaines de frappes aériennes et de tirs de missiles au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique latine et ailleurs, illustrant un paradoxe majeur de la politique étrangère de l’ère Trump : une présidence qui prétend mettre fin aux guerres tout en recourant massivement à la force coercitive pour les gérer. Dans ces théâtres d’opération, la violence a été suspendue, non résolue. Les cessez-le-feu ont tenu temporairement, les accords politiques restaient absents.

Ce constat soulève une question centrale : pourquoi la diplomatie de crise dirigée par les États-Unis parvient-elle de plus en plus à interrompre les conflits à court terme, tout en échouant systématiquement à les régler ? La réponse ne tient pas à une incompétence diplomatique ou un manque de pression, mais aux objectifs et aux limites changeants de la stratégie américaine. Les cessez-le-feu ne sont plus principalement envisagés comme des passerelles vers un règlement politique ; ils fonctionnent désormais comme des outils de gestion de l’escalade — des mécanismes destinés à contenir les risques, limiter les retombées et restaurer une stabilité à court terme, sans traiter les contradictions politiques sous-jacentes et durables.

La résolution classique des conflits repose sur l’idée que la suspension de la violence crée un espace propice à la négociation, à la construction de la légitimité et au compromis. Pourtant, beaucoup des conflits actuels ne disposent pas d’issues mutuellement acceptables. Les questions fondamentales – territoire, souveraineté, survie de régimes, identité, hiérarchies sécuritaires régionales – restent fondamentalement à somme nulle. Dans ce contexte, même une pression extérieure écrasante peut imposer la retenue sans jamais susciter de consentement. Les cessez-le-feu apparaissent alors comme des pauses tactiques imposées sous la contrainte, non des accords politiques fondés sur des incitations partagées.

Cette distinction est essentielle. Comme l’a souligné Johan Galtung, la paix négative – l’absence de combats actifs – peut être imposée de l’extérieur par le levier, la coercition et la médiation de crise. En revanche, la paix positive – qui implique une reconfiguration des relations politiques, sécuritaires et économiques rendant la violence renouvelée inacceptable – nécessite légitimité, consentement et changement structurel. L’écart entre ces deux types de paix s’est creusé. Les États-Unis se montrent de plus en plus aptes à imposer la paix négative, tout en restant incapables ou peu disposés à créer la paix positive.

La diplomatie de l’ère Trump illustre clairement ces tensions. Que ce soit à Gaza, dans la confrontation Israël-Iran, entre l’Inde et le Pakistan, à la frontière Thaïlande-Cambodge ou en Ukraine-Russie, Washington a misé sur la pression diplomatique, la démonstration militaire, les menaces économiques et la négociation de crise pour imposer des pauses dans la violence. Ces interventions ont réduit les dommages immédiats et minimisé les risques d’escalade, mais ont systématiquement évité le travail politique plus profond de réconciliation et d’accord.

Le résultat n’a pas été une fin de guerre, mais un modèle de gestion de crise où les cessez-le-feu suppléent à un règlement politique. En privilégiant le contrôle de l’escalade au détriment de la résolution des échecs de négociation à la source du conflit, cette approche supprime la violence sans transformer les conditions politiques indispensables à une paix durable. Les exemples qui suivent démontrent pourquoi les affirmations de « mise fin aux conflits » de ce « président de la paix » ont du mal à se concrétiser.

Si la diplomatie de crise américaine sait imposer la paix négative, la question demeure : est-il possible et comment dépasser la simple gestion des conflits ? Associer les cessez-le-feu à des voies politiques, exercer une pression coercitive précoce et investir dans des capacités politiques sont autant de leviers susceptibles de favoriser l’émergence d’une paix positive.

Gaza : un cessez-le-feu fonctionnant comme mesure de confinement, non comme règlement

La guerre d’Israël contre Gaza depuis octobre 2023 illustre les limites de la retenue imposée de l’extérieur en l’absence de transformation politique. Les nombreuses pauses dans les combats, négociées sous forte pression internationale, ont temporairement réduit les souffrances civiles et évité une extension régionale, sans modifier toutefois la logique stratégique qui alimente le conflit. Les cessez-le-feu ont été des outils de confinement et non des étapes vers un règlement.

Pour Israël, les opérations militaires visent à réaffirmer la dissuasion, réduire la capacité opérationnelle du Hamas, et restaurer la crédibilité après la surprise de l’attaque du 7 octobre. Les autorités militaires israéliennes ont évoqué la neutralisation de cadres supérieurs du Hamas comme Yahya Sinwar, les frappes ciblées sur les tunnels du mouvement, ainsi que des actions contre des réseaux affiliés hors Gaza – notamment le Hezbollah au Liban et des cibles houthies au Yémen – comme preuves d’une dissuasion restaurée.

Les pauses tactiques étaient tolérées pour répondre à la pression humanitaire et internationale, mais elles ne traduisaient pas une volonté de discuter du statut politique de Gaza ou de la reconnaissance d’un État palestinien. Pour le Hamas, la survie même constituait une forme de succès stratégique : les cessez-le-feu permettaient de se regrouper, de préserver les structures dirigeantes et de consolider sa légitimité en tant qu’acteur de la résistance, malgré des pertes lourdes.

La diplomatie américaine a réussi à limiter l’escalade, mais sans ambition politique majeure. Grâce à son soutien militaire, son appui diplomatique et ses relations régionales – notamment via un plan de paix en 20 points –, Washington a su contraindre Israël à modérer ses opérations lors de moments cruciaux, empêchant une guerre régionale plus large. Toutefois, aucune fin politique claire n’a été définie ou imposée, et la question du « jour d’après » – statut politique de Gaza, sécurité et gouvernance de la reconstruction – a été délibérément remise à plus tard.

Le résultat a été une succession d’interruptions de la violence sans modification des incitations stratégiques. Si ces pauses humanitaires ont atténué la souffrance immédiate, elles n’ont pas suscité l’élan politique nécessaire à un accord crédible. Les cessez-le-feu temporaires manquaient de mécanismes d’application, de cadres post-conflit ou d’itinéraires crédibles vers une sécurité et une gouvernance durables. Chaque suspension portait en germe son propre effondrement.

Israël-Iran : contrôle de l’escalade sans résolution stratégique

La confrontation entre Israël et l’Iran met en lumière l’écart croissant entre la gestion de l’escalade et le règlement politique dans la diplomatie américaine contemporaine. Durant le court conflit de 12 jours, Washington est passé de la gestion de crise à une implication directe, coordonnant des frappes contre des installations nucléaires iraniennes tout en cherchant à empêcher la propagation du conflit à l’échelle régionale. Cette pause reflète un contrôle efficace de l’escalade, mais non un règlement stratégique.

Les frappes américaines ont constitué un tournant évident. Menées en coordination avec Israël, elles ont démontré la volonté américaine d’utiliser la force pour faire respecter des lignes rouges et définir les limites du conflit. Ces attaques ont rassuré les alliés régionaux et infligé des coûts réels au programme nucléaire iranien, tout en évitant délibérément une escalade susceptible de menacer le régime. La force a donc été employée pour punir et dissuader, mais pas pour forcer une transformation politique.

La réponse iranienne s’est inscrite dans cette logique de confrontation maîtrisée. Téhéran a absorbé les frappes américaines et israéliennes tout en maintenant une ambiguïté stratégique sur ses capacités nucléaires, ripostant par des actions mesurées, notamment une attaque contre la base américaine d’Al Udeid au Qatar. La notification préalable à Washington traduisait l’intention de restaurer la dissuasion sans élargir le conflit. Pour l’Iran, endurance et ambiguïté, et non domination par l’escalade, définissent le succès.

La diplomatie post-conflit renforce ce schéma. La rencontre entre Benjamin Netanyahu et Donald Trump en Floride en décembre, la cinquième visite du Premier ministre israélien aux États-Unis en 2025, avec l’Iran au centre des discussions, illustre que la confrontation demeure non résolue. Plutôt que de consolider un accord politique ou de réimposer des contraintes nucléaires pérennes, la diplomatie américaine privilégie la gestion du risque et une pression calibrée, adoptant une approche qui contient la crise sans l’éteindre.

Inde-Pakistan : dissuasion punitive, interventions externes et conditions de guerre non résolues

La crise entre Inde et Pakistan déclenchée par l’attaque terroriste de Pahalgam en avril 2025 illustre à nouveau ce fossé entre interruption de crise et résolution du conflit. En réponse à cet attentat, l’Inde a lancé l’opération Sindoor, une campagne limitée mais précise visant les infrastructures terroristes identifiées au Pakistan et au Cachemire administré pakistanais. Selon des responsables indiens, cette opération a pris fin dès que ses objectifs militaires — renforcer la dissuasion et contrôler l’escalade, bien que risqués — ont été jugés atteints. Les combats ont cessé, mais les conditions opérationnelles et politiques favorisant une reprise de la guerre demeurent inchangées.

Trump a revendiqué à plusieurs reprises avoir contribué à la fin du conflit, présentant l’intervention américaine comme une médiation décisive. Ce récit masque toutefois la réalité du terrain. Le rôle de Washington s’est limité à la communication de crise et à la démonstration de retenue, sans structurer de cadre de cessez-le-feu ni négocier de compromis politique. Le Premier ministre indien Narendra Modi a clairement indiqué que l’arrêt des hostilités avait résulté de contacts militaires bilatéraux, après qu’un chef militaire pakistanais eut approché son homologue indien.

Après la crise, le comportement de New Delhi a montré l’absence de réconciliation. Au contraire de simples mesures temporaires, l’Inde a institutionnalisé des sanctions sévères : suspension du traité des eaux de l’Indus, fermeture totale du poste frontalier d’Attari–Wagah, annulation du régime d’exemption de visa SAARC, expulsion de conseillers militaires pakistanais, réduction du personnel diplomatique. Ces décisions marquent un changement stratégique : le terrorisme entraîne désormais des coûts systémiques durables, non de simples représailles ponctuelles. Ces mesures durcissent davantage le climat de crise.

Thaïlande-Cambodge : pauses imposées, conflit interne non résolu

Le conflit frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge illustre les insuffisances des cessez-le-feu imposés extérieurement dans des différends aux calculs militaires et politiques divergents. Après une escalade marquée en mai, suivant la mort d’un soldat cambodgien, et des affrontements ponctués d’attaques aériennes en juillet, un cessez-le-feu négocié sous pression américaine et malaisienne a temporairement arrêté les hostilités, sans établir de stabilité durable.

L’accord était plus un signal d’urgence qu’un véritable règlement. Signé lors d’une visite régionale de Trump, il privilégiait la rapidité et le formalisme à un travail approfondi de négociation. Faute de séquencement clair, de mécanismes d’application ou d’adhésion militaire pérenne, le cessez-le-feu a suspendu les combats sans résoudre les perceptions mutuelles de menace ni stabiliser la chaîne de commandement le long de la frontière de 800 kilomètres.

Dès le début décembre, les combats ont repris, avec échanges d’artillerie et frappes aériennes ayant fait fuir près d’un million de personnes et tué des dizaines. Les deux parties s’accusant mutuellement de violations, cette relance démontre la faiblesse fondamentale du cessez-le-feu : il a traité les symptômes sans s’attaquer aux causes profondes, notamment les délimitations coloniales contestées, la mobilisation nationaliste et la militarisation réciproque.

La diplomatie ultérieure s’est concentrée sur la stabilisation, non le règlement. Après un cessez-le-feu de 72 heures obtenu au terme de violents combats, l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN), avec la médiation américaine et chinoise, a insisté sur la retenue et la désescalade, mais les négociations restent cantonnées à la gestion tactique du conflit, la dispute politique proprement dite étant repoussée.

Ukraine-Russie : la paix grâce à la force, le consentement sans accord

Le volet diplomatique mené par les États-Unis sur le conflit ukrainien constitue la tentative contemporaine la plus ambitieuse de transformer un rapport de forces militaire en règlement politique. Les projets de paix présentés – zones démilitarisées, plafonds d’effectifs, garanties de sécurité, dispositions électorales, arrangements territoriaux contestés – montrent un effort pour faire converger la pression coercitive vers une issue négociée et contraignante. Cependant, cette initiative reste fragile car, malgré des pertes lourdes, le consentement se fait rare.

Pour l’Ukraine, faire des concessions territoriales reste un sujet hautement sensible, pouvant nuire à la légitimité gouvernementale et à la stabilité du régime. Même les propositions incluant un renforcement militaire, des garanties de sécurité occidentales durables, ainsi que plus d’armes et d’entraînements butent sur des limites imposées par l’identité nationale et le sacrifice populaire. Un cessez-le-feu actant des pertes territoriales serait perçu comme une capitulation, malgré d’éventuelles compensations stratégiques.

Pour la Russie, un compromis réel semble improbable. La posture militaire de Moscou, sa capacité à mobiliser du personnel et sa tolérance à l’effort économique laissent entrevoir une confiance dans la coercition à long terme. Les négociations servent avant tout des objectifs tactiques – gestion des relations avec Washington, report de sanctions, attribution du blâme – plutôt qu’une réelle volonté d’accepter un résultat engageant la souveraineté ukrainienne ou son alignement occidental. Le sommet prolongé entre Trump et Zelensky en Floride en décembre en témoigne. Malgré ce dialogue approfondi, le plan de paix en 20 points présenté par Zelensky, avec garanties de sécurité, plafonds militaires et gestion territoriale, n’a pas clarifié la réduction des obstacles politiques majeurs. Questions clés demeurent : la crédibilité des garanties extérieures, l’acceptabilité territoriale pour l’Ukraine, et la disposition russe à consentir à un compromis en deçà de ses ambitions.

Une nouvelle doctrine américaine ? La gestion de crise plutôt que la résolution des conflits

La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine publiée récemment intègre cette logique observable dans tous ces cas. Elle met l’accent sur la dissuasion, la réactivité, la posture militaire et la maîtrise de l’escalade, tout en évitant largement d’aborder les voies vers un règlement politique. La stabilisation prend le pas sur la transformation ; la gestion du risque remplace la résolution. Le conflit est perçu comme une condition à contenir plutôt qu’un problème à résoudre.

Plutôt que de définir des objectifs finaux, la stratégie cherche à prévenir la dégradation – tenir les positions, influencer le comportement adverse, gagner du temps. Ce choix traduit l’évaluation implicite que beaucoup de conflits actuels sont structurellement insolubles à court terme, en raison d’objectifs politiques incompatibles et d’une légitimité affaiblie. Le rôle des États-Unis devient donc d’éviter l’effondrement et la contagion régionale, non d’orchestrer la paix.

Le comportement diplomatique récent reflète cette posture : d’Ukraine à Gaza, en Asie du Sud et du Sud-Est, et même en Amérique latine – à travers des opérations telles que l’enlèvement du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro ou la saisie et restitution de navires vénézuéliens – Washington a démontré une capacité accrue à imposer des résultats au moment de la crise, et une moindre volonté à s’impliquer dans la construction politique qui suit. Ces interventions agissent plus comme leviers de coercition et de gestion des risques que comme chemins vers la résolution des conflits.

Une diplomatie de crise nécessaire, mais insuffisante

En définitive, la diplomatie de crise américaine s’est avérée efficace pour faire cesser la violence et prévenir l’escalade, mais son succès reste limité. Dans tous ces cas, les cessez-le-feu ont instauré une paix négative – suppression temporaire des affrontements – sans engendrer le règlement politique, la légitimité ou le changement institutionnel indispensables à une résolution durable.

Ce constat éclaire les limites des récentes initiatives diplomatiques. À Gaza, la retenue a prévalu sur les décisions concernant la gouvernance d’après-guerre. Dans la confrontation Israël-Iran, la dissuasion a pris le pas sur le mouvement vers un accord. En Ukraine, le levier militaire a dépassé le consentement politique. En Asie du Sud et du Sud-Est, les pauses ont tenu sans réconciliation. Ce qui s’est installé, ce sont des interruptions tactiques imposées sous pression extérieure, non des processus menant à une paix positive, qui requerrait une reconfiguration des relations politiques et des objectifs partagés.

Ce schéma traduit moins un échec diplomatique qu’un réalisme doctrinal. Nombre de conflits contemporains n’offrent pas d’issues mutuellement acceptables, et les décideurs américains semblent de plus en plus considérer la transformation politique comme ni faisable, ni souhaitable au vu des coûts. Ainsi comprise, la diplomatie de crise remplit son rôle : contenir les guerres et limiter leurs retombées, sans résoudre les conflits à leur racine.

La conséquence est un monde où les guerres « se terminent » sans vraiment se terminer. Les cessez-le-feu figent la violence sans la résoudre, stabilisent les conflits à des niveaux de risque élevés, et inscrivent la reprise dans leurs fondations mêmes. Tant que les incitations politiques ne changeront pas – avec la prise en compte réaliste de la légitimité, de la sécurité et de la gouvernance – les annonces de fin de guerre continueront d’être déconnectées de la réalité. La paix n’est pas obtenue, elle est suspendue.

Vers une paix positive depuis la gestion de crise

Si les États-Unis souhaitent sérieusement dépasser la paix négative, ils devront repenser l’usage de la diplomatie de crise. Trois évolutions sont déterminantes :

  • Lier explicitement les cessez-le-feu à des voies politiques et planifier un « jour d’après », même imparfait, en utilisant la couverture diplomatique, l’aide à la reconstruction ou l’allègement des sanctions pour encourager des avancées graduelles en matière de gouvernance, d’arrangements sécuritaires ou de négociations.
  • Exercer une pression plus précoce et visible, en indiquant dès le départ comment l’aide militaire, l’accès économique et la protection diplomatique évolueront si les parties freinent la transition politique ou le règlement. La pression réservée uniquement à l’arrêt des combats ne modifie guère les incitations dans l’après-guerre.
  • Investir dans les capacités politiques, au-delà de la stabilisation pure, en soutenant la gouvernance intérimaire, les institutions sécuritaires et les structures économiques aptes à maintenir la retenue une fois la violence suspendue.

Si ces changements ne garantissent pas une paix durable, leur absence condamne la diplomatie américaine à demeurer efficace pour interrompre les guerres tout en laissant intactes les conditions politiques qui les alimentent — générant ainsi des pauses sans paix.

Gopi Krishna Bhamidipati est chercheur en relations internationales et fellow senior non résident à l’Institut Newlines pour la stratégie et la politique à Washington, D.C. Titulaire d’un doctorat de Virginia Tech, il est spécialisé en géopolitique du Moyen-Orient et en politique étrangère indienne.