Plus de 300 mouvements de navires de la flotte fantôme russe ont été enregistrés dans et autour des eaux britanniques au cours des trois premiers mois de 2026, illustrant l’ampleur de cette activité alors que le gouvernement renforce ses pouvoirs d’intervention.
Selon la société spécialisée en renseignement maritime Pole Star Global, 301 déplacements de navires ont été comptabilisés entre janvier et mars, avec une augmentation progressive chaque mois. Cette hausse intervient peu après l’annonce par le gouvernement britannique que les forces militaires et les services de police pourront désormais monter à bord, intercepter et détenir les navires sanctionnés traversant les eaux britanniques, y compris la Manche.
Les données indiquent que 95 événements ont été relevés en janvier, 100 en février et 106 en mars. La majorité de ces incidents se sont produits dans la zone économique exclusive (ZEE) britannique, représentant 172 mouvements, tandis que 109 ont eu lieu dans les eaux territoriales. D’autres interventions ont été relevées dans les eaux intérieures et aux ports de Belfast, Immingham et Grangemouth.
« Les sanctions ont toujours nécessité une menace crédible d’application pour être efficaces. Ce que l’on observe désormais, de la part des États-Unis, du Royaume-Uni et de leurs alliés européens, est une réelle volonté d’agir sur cette menace », déclare Alex Field, directeur général de Pole Star Defense. « Nos données montrent une augmentation claire et constante de l’activité de la flotte fantôme russe dans les eaux britanniques, et la décision du gouvernement de passer de la simple liste des navires à leur interception physique traduit une évolution plus large en cours. »
Ces conclusions interviennent dans le cadre d’efforts plus vastes menés par le Royaume-Uni et ses partenaires pour contrer l’utilisation par la Russie de ces navires fantômes, utilisés pour contourner les sanctions et maintenir les exportations énergétiques. Le Royaume-Uni a sanctionné plus de 500 navires de ce type, tandis que des opérations similaires d’interception ont été rapportées chez des alliés de la Force expéditionnaire conjointe, notamment en Finlande, en Suède et en Estonie.
Pole Star Global, fournisseur d’outils d’intelligence maritime et de conformité, souligne que ces données mettent en lumière un défi opérationnel grandissant pour les autorités chargées de l’application des sanctions. Surveiller et cibler ces navires exige un suivi précis en quasi-temps réel dans des zones maritimes densément fréquentées et contestées, une capacité encore limitée à cette échelle.