Trois destroyers de la marine américaine ont effectué des tirs coordonnés de missiles dans l’océan Atlantique à l’occasion d’un grand événement naval célébrant le 250e anniversaire du service.
Selon la marine américaine, les destroyers lance-missiles de classe Arleigh Burke USS Ross (DDG 71), USS Gonzalez (DDG 66) et USS Mason (DDG 87) ont tiré des missiles Standard Missile-2 (SM-2) en même temps que le porte-avions USS George H.W. Bush (CVN 77) lors de la revue présidentielle « Titans de la mer ».
Cette démonstration s’inscrivait dans une série d’événements commémoratifs à travers les États-Unis visant à mettre en avant les capacités maritimes de la marine américaine.
Tous les trois destroyers appartiennent à la classe Arleigh Burke, pilier de la flotte de surface américaine depuis plusieurs décennies. Chaque navire est équipé du système de combat Aegis ainsi que d’un système de lancement vertical Mk 41 à 90 cellules, capable de tirer des missiles surface-air SM-2 et SM-3, des missiles de croisière Tomahawk pour frappes au sol, ainsi que des armes anti-sous-marines. Ces destroyers disposent aussi de missiles anti-navires Harpoon, d’un canon naval de 127 mm Mk 45 et de systèmes de défense rapprochée comme le SeaRAM.
L’USS Ross, entré en service en 1997, est basé à Rota en Espagne, au sein de la 6e flotte américaine. L’USS Gonzalez a été mis en service en 1996, suivi par l’USS Mason en 2003. Ces trois bâtiments participent régulièrement à des exercices et opérations de l’OTAN en Atlantique et en Méditerranée.
Le missile SM-2 demeure l’armement standard à moyenne portée pour la défense aérienne, principalement conçu pour intercepter avions et missiles de croisière.
La marine américaine souligne que la revue présidentielle « Titans de la mer » illustre « les engagements continus de préparation et de dissuasion en Atlantique et réaffirme la portée opérationnelle de la flotte en coopération avec les partenaires de l’OTAN ».
Le missile SM-2
Le SM-2, désigné RIM-66, fait partie des armes majeures de défense aérienne des marines occidentales. Conçu dans les années 1970 dans le cadre du système Aegis, il combine une guidance inertielle et par commande en trajet intermédiaire avec une phase terminale par poursuite semi-active.
Cette technologie permet aux navires d’engager plusieurs cibles rapidement grâce à un éclairage radar partagé. Le missile peut également être utilisé contre des navires ou des missiles de croisière volant à basse altitude.
Le SM-2 est lancé depuis le système vertical Mk 41 embarqué sur les destroyers et croiseurs américains. Avec une portée d’environ 90 milles nautiques selon la version, il peut intercepter les menaces aériennes en ligne directe ou au-delà de l’horizon. La production du SM-2 avait brièvement été interrompue en 2013 en raison de la baisse des commandes, mais elle a repris en 2017 suite à de nouveaux contrats avec des marines alliées.
Raytheon, l’actuel fabricant, continue d’améliorer le missile avec des versions Block IIIA et IIIB dotées d’une propulsion et d’électroniques optimisées. Plus de 2 700 tirs à blanc réussis ont été rapportés. La marine américaine prévoit de maintenir le service du SM-2 jusqu’au moins 2035.
La longévité du SM-2 témoigne de son adaptabilité au sein du système Aegis. Alors que des missiles plus récents comme le SM-6 étendent la capacité d’engagement, le SM-2 reste une protection fiable à moyenne portée contre les menaces aériennes et balistiques, constituant ainsi la couche médiane du dispositif de défense en couches de la marine américaine.