Radosław Sikorski, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères de Pologne, a suggéré d’organiser des exercices militaires de la OTAN près du territoire russe de Kaliningrad afin de forcer Moscou à déplacer certaines de ses troupes depuis l’Ukraine.
Lors d’un débat tenu à Kiev le 11 septembre, Sikorski a expliqué que l’invasion russe de l’Ukraine a réduit la présence militaire russe dans l’enclave de Kaliningrad, ce territoire enclavé entre la Pologne et la Lituanie. Le ministre polonais a confirmé que la OTAN ne prévoit pas d’action offensive contre Kaliningrad, mais une intensification des exercices militaires serait stratégique pour rendre Vladimir Poutine incertain de leurs intentions et l’inciter à retirer des forces de l’Ukraine.
Il a notamment précisé : « Nous ne devons pas considérer notre confrontation avec la Russie comme limitée à l’Ukraine ». Sikorski a détaillé la présence actuelle limitée des troupes russes à Kaliningrad, précisant que la surveillance alliée y est intense.
Selon un rapport du Centre d’Analyse Navale américain, avant le conflit en Ukraine, Kaliningrad abritait jusqu’à 18 000 soldats dans le XI Corps d’Armée. Toutefois, des évaluations lituaniennes, réalisées en septembre lors des préparatifs de l’exercice conjoint russo-biélorusse « Zapad 2025 », prévoyaient la présence de seulement quelques milliers de soldats dans cette région.
Dans le même temps, la Pologne s’apprête à accueillir les premières manœuvres de la Coalition des Disposés, associant des forces britanniques et françaises. Par ailleurs, l’infrastructure défensive est renforcée le long d’une frontière de quelque 800 km entre Kaliningrad et la Biélorussie, à travers des projets denses dans le cadre de l’initiative Escudo del Este, dotée d’environ 2,7 milliards de dollars.
