Article de 607 mots ⏱️ 3 min de lecture

L’Armée de l’air indienne (IAF) a discrètement commencé à intégrer une version améliorée du missile sol-air à moyenne portée (MRSAM), un missile supersonique à lancement vertical, réactif et capable de neutraliser une large gamme de menaces aériennes, notamment avions ennemis, hélicoptères, bombes guidées et missiles entrants. Ce système, développé conjointement par le DRDO indien et le groupe israélien Rafael, est décliné en variantes adaptées aux armées de Terre, de Mer et de l’Air, selon les besoins opérationnels spécifiques.

Selon des sources proches du dossier, le MRSAM modernisé présente désormais une portée maximale d’engagement portée à 100 km, contre 70 km auparavant. D’un poids de 275 kg, ce missile est propulsé par un moteur-fusée à carburant solide dual pulse développé par le DRDO, combinant une accélération initiale puissante et une propulsion soutenue. Cette technologie permet d’intercepter avec une grande précision des cibles à longue distance tout en offrant une résistance accrue aux contre-mesures électroniques.

Le moteur à double impulsion délivre une poussée en deux temps : un premier coup de boost propulse rapidement le missile, suivi d’une seconde phase de propulsion qui optimise ses capacités d’interception face à des cibles manœuvrantes à distance étendue. Cette amélioration renforce significativement le dispositif de défense aérienne de l’IAF en lui permettant de neutraliser des menaces bien au-delà des frontières, tout en préservant la sécurité des plateformes de lancement.

Cette montée en puissance a été validée lors de briefings de haut niveau en 2024. L’upgrade intègre des ajustements aérodynamiques ainsi qu’une nouvelle composition des grains de combustible pour prolonger la durée de combustion, sans nécessiter de modifications structurelles majeures. Les premières livraisons comprennent un lot de 50 missiles destinés à l’escadron de l’IAF basé à Adampur, et la production industrielle est prévue pour atteindre 500 unités annuelles d’ici 2027.

Les performances du MRSAM ont été éprouvées lors de récents affrontements au niveau de la ligne de contrôle (LoC). En 2025, une batterie de l’IAF proche d’une grande base aérienne a intercepté un missile guidé pakistanais à une distance record de 98 km, proche du plafond de portée de ce système modernisé. Les données télémétriques montrent que la première impulsion a propulsé le missile jusqu’à 25 km d’altitude, tandis que la seconde impulsion a permis de réaliser une phase finale à grande vitesse, contournant les brouillages électroniques.

Ce MRSAM de 100 km vient s’intégrer dans une architecture de défense anti-aérienne en pleine maturation, s’articulant avec le missile à courte portée Akash-NG (40 km) et le système à longue portée russe S-400 (400 km) pour créer un réseau de défense multi-couches efficace. Les innovations du DRDO, notamment dans les moteurs-fusées, sont partagées avec les missiles air-air Astra Mk-II à très longue portée (BVR). De plus, des améliorations des têtes chercheuses sont envisagées pour faire face aux menaces hypersoniques d’ici 2028.

Avec un coût estimé à environ 30 crores de roupies par batterie, le système présente un taux d’indigénisation supérieur à 85%, grâce à la contribution de Bharat Dynamics Limited (BDL) et de partenaires privés comme Tata Advanced Systems. Cette production locale réduit la dépendance envers l’étranger, en cohérence avec l’objectif du programme Atmanirbhar Bharat visant à atteindre une production de défense nationale de 1,75 lakh crore de roupies.