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Vladimir Poutine a reconnu, dix mois après les faits, que la défense aérienne russe avait endommagé l’appareil civil d’Azerbaïdjan, ouvert à une compensation pour les familles des victimes.

Lors d’une rencontre avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev à Douchanbé, le chef de l’État russe a admis que l’avion de ligne Embraer 190 d’Azerbaijan Airlines (AZAL), qui s’était écrasé en décembre 2024, avait été touché par la défense aérienne russe. Cet appareil assurait un vol entre Bakou et Grozny, en Tchétchénie, lorsqu’il a subi d’importants dommages dans l’espace aérien russe.

Les pilotes ont alors tenté de dévier vers l’aéroport d’Aktau, au Kazakhstan, mais l’avion s’est écrasé lors de l’atterrissage en raison des dégâts subis. À son bord se trouvaient 67 personnes, dont cinq membres d’équipage et 62 passagers. Le crash a fait 38 morts, incluant l’équipage, tandis que 29 personnes ont survécu, en grande partie grâce à l’action des pilotes.

Dès le lendemain de l’accident, des médias internationaux avaient rapporté que le vol avait été atteint par des missiles de défense aérienne russes et faisaient état d’un refus des autorités russes d’autoriser un atterrissage sur leur territoire, ordonnant à l’appareil de se poser au Kazakhstan.

Pour la première fois, Vladimir Poutine a livré la version officielle russe. Selon lui, le système de défense aérienne avait lancé une manœuvre pour intercepter des drones ukrainiens évoluant au-dessus de Grozny, ce qui avait conduit au tir de deux missiles « explosant à quelques mètres de l’avion ».

Le président russe a précisé que les dégâts subis par l’avion résultaient « probablement de débris et non d’éléments de combat ». Il a par ailleurs évoqué une possible défaillance technique dans le système de défense aérienne russe à l’origine d’un tir erroné.

« Il est de notre devoir de faire une évaluation objective de cette tragédie et d’en déterminer la cause réelle. La partie russe prendra naturellement toutes les mesures nécessaires, y compris une compensation », a déclaré M. Poutine.

Le missile qui a touché l’appareil proviendrait d’un système Pantsir-S, selon le média basé à Bakou, AnewZ.

Trois jours après le drame, le Kremlin avait indiqué que Vladimir Poutine s’était excusé auprès d’Ilham Aliyev pour ce « tragique incident » survenu dans l’espace aérien russe, sans toutefois reconnaître formellement la responsabilité de Moscou. Le président azerbaïdjanais avait quant à lui dénoncé à plusieurs reprises la responsabilité russe, exigeant une reconnaissance officielle des faits ainsi qu’une indemnisation.

Par ailleurs, Aliyev a rejeté la proposition russe de confier les boîtes noires à un comité interétatique russe, insistant pour qu’elles soient envoyées au Brésil, pays constructeur de l’Embraer 190.

Ce drame a profondément affecté les relations entre Bakou et Moscou. En représailles, l’Azerbaïdjan a renforcé les règles migratoires à l’égard des citoyens russes, fermé le centre culturel russe à Bakou et, en mai, le président Aliyev n’a pas participé au Défilé de la Victoire à Moscou.

Azerbaijan Airlines a également suspendu ses vols vers plusieurs villes russes.

Enfin, des journalistes azerbaïdjanais ont récemment affirmé avoir identifié de nouveaux militaires russes impliqués dans le tir contre l’avion civil près de Grozny en décembre dernier.