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En juin, les États-Unis ont mené une opération militaire historique contre les installations nucléaires iraniennes, déployant des bombardiers furtifs B-2 Spirit et les puissantes bombes anti-bunker GBU-57. Cette frappe de précision, accompagnée de tactiques sophistiquées de désinformation, devrait faire l’objet d’études approfondies par les analystes militaires dans les années à venir.

La décision d’intervenir a été prise après avoir constaté que l’aviation israélienne ne disposait pas des capacités nécessaires pour détruire des cibles profondément enterrées. L’opération américaine, baptisée « Martillo de Medianoche » (Marteau de Minuit), a été minutieusement planifiée et exécutée en mettant l’accent sur la surprise et une force écrasante.

Dans la semaine précédant l’attaque nocturne du 22 juin, les États-Unis ont déployé d’importants moyens militaires au Moyen-Orient. Parmi eux figuraient le porte-avions USS Nimitz avec ses avions F/A-18E/F et F-35C, ainsi que des chasseurs F-16, F-22 et F-35A, sans oublier les bombardiers B-2 Spirit de l’US Air Force.

Les experts estiment que ce fut le premier conflit de l’histoire où l’intelligence artificielle a été massivement utilisée pour générer de fausses images et de la désinformation en ligne. Des rapports indiquent que certaines fausses informations ont été diffusées par des réseaux russes dans le but de discréditer l’efficacité des armes occidentales engagées lors de l’attaque contre l’Iran.

La surprise a été essentielle, car les cibles potentielles étaient largement connues. Les Américains ont réussi cet exploit grâce à une stratégie complexe de diversion impliquant 125 avions, dont tous ne se sont pas dirigés vers leurs véritables objectifs.

Le Pentagone a probablement mobilisé seulement deux bombardiers B-2 pour une manœuvre de diversion vers l’île Diego García dans l’océan Indien, tandis qu’un groupe séparé de sept B-2 a emprunté une route différente à travers l’Atlantique et la Méditerranée. Ces bombardiers auraient survolé Israël, la Syrie et l’Irak pour atteindre l’Iran, ajoutant ainsi une couche supplémentaire de désinformation.

Pour préserver le secret, les B-2 ne se sont posés sur aucune base européenne ni au Moyen-Orient, restant en vol pendant environ 36 heures. Le trajet de 18 heures entre le Missouri et l’Iran a été rendu possible grâce au ravitaillement en vol effectué par des avions-citernes KC-135 et KC-46.

À l’intérieur du B-2, deux pilotes peuvent se relayer pour se reposer. L’appareil est équipé d’un toilette et, selon certains rapports, d’un four à micro-ondes, le rendant ainsi idéal pour des missions longues comme celle-ci.

L’objectif principal était l’installation nucléaire de Fordow, située sous plusieurs dizaines de mètres de roche, hors de portée des avions multirôles israéliens. Six B-2 ont largué sur cette cible un total de 12 bombes GBU-57, chacune d’un poids de 13 600 kg.

Un autre B-2 a simultanément frappé le site nucléaire de Natanz. Bien que les forces israéliennes aient neutralisé les défenses aériennes et terrestres iraniennes, il est probable que les bombardiers aient été escortés par des chasseurs furtifs tels que le F-22 et le F-35.

Cette attaque constitue la première utilisation en combat de la GBU-57, la bombe conventionnelle la plus puissante des États-Unis. Développée après la guerre d’Irak de 2003 qui a révélé des lacunes dans la capacité à détruire des bunkers profonds, la GBU-57 est équipée d’un système de navigation GPS/INS et peut être larguée à plusieurs kilomètres de sa cible.

La bombe utilise un noyau explosif BLU-127 et contient des charges AFX-757 et PBXN-114. Sa coque est fabriquée en acier à haute densité Eglin, spécialement conçu pour résister aux contraintes extrêmes lors de la pénétration en profondeur.

Sa foudre intelligente, appelée Espolette Intelligente de Pénétration Grande, détermine le moment optimal de la détonation en fonction de la profondeur et de la nature de la cible. Toutefois, elle ne réagit pas au vide, ce qui signifie que les explosions ne peuvent être ajustées précisément dans des sites souterrains à plusieurs niveaux.

La profondeur de pénétration varie selon le matériau : entre 2 et 18 mètres dans le béton armé, ou jusqu’à 60 mètres dans la terre. Des images satellites de Fordow indiquent que plusieurs bombes ont touché un point faible identifié par le renseignement américain : une conduite de ventilation.

Parallèlement aux bombes GBU-57, la Marine américaine a tiré 30 missiles de croisière UGM-109 Tomahawk depuis le sous-marin USS Georgia contre le Centre de Recherche Technologique Nucléaire d’Ispahan. Le Georgia, un sous-marin de classe Ohio converti, peut embarquer jusqu’à 154 missiles Tomahawk dans ses 22 tubes verticaux de lancement.

Cette opération représente la plus grande utilisation au combat de bombardiers B-2 dans l’histoire et marque le premier déploiement opérationnel de la bombe GBU-57.