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Un rapport récent du Government Accountability Office (GAO), destiné aux commissions du Congrès américain, révèle que les chasseurs F-35 Lightning II affichent un taux de disponibilité opérationnelle d’à peine 55 %. Ce chiffre est nettement en-deçà de l’objectif officiel fixé entre 85 % et 90 % de capacité de mission.

Le document de 96 pages souligne plusieurs problèmes, notamment que 73 % des pièces détachées sont renvoyées aux fournisseurs car les centres de maintenance du Département de la Défense ne disposent pas des ressources nécessaires pour effectuer les réparations en interne. Le GAO précise que « les services militaires devraient prendre en charge la gestion de la maintenance des F-35 d’ici octobre 2027, avec la possibilité d’ajuster les modalités, notamment concernant les éléments actuellement gérés par les entrepreneurs ». Une révision de cette approche pourrait permettre au Pentagone d’améliorer la maintenance tout en réduisant les coûts.

Le programme F-35 est l’un des plus coûteux du Pentagone, avec une dépense totale atteignant 1 700 milliards de dollars à ce jour. Sur cette somme, 1,3 billion de dollars ont été consacrés aux coûts d’exploitation et de maintenance des appareils.

Le rapport met en lumière que 73 % des composants des F-35 sont renvoyés directement à Lockheed Martin, le fabricant d’origine, en raison d’une capacité insuffisante de réparation disponible dans les bases militaires. Plus de 10 000 pièces sont ainsi en attente de réparation, générant des retards significatifs.

Ces difficultés sont exacerbées par le fait que Lockheed Martin détient la base de données propriétaire des avions, à laquelle le personnel militaire de plusieurs bases interrogées par le GAO n’a pas accès. « Le manque d’accès immédiat aux numéros de pièces ralentit les réparations, car cela retarde la commande et la réception des composants indispensables », précise le rapport.

Par ailleurs, alors que le Département de la Défense continue à intégrer de nouveaux F-35 dans sa flotte, la demande en réparations augmente, sans que la capacité de maintenance au sein des dépôts des forces armées ne parvienne à suivre, ce qui aggrave les délais.

Le GAO a formulé sept recommandations pour pallier ces retards, toutes acceptées par le Pentagone selon le rapport.

Les F-35 sont exploités par l’US Air Force, le Corps des Marines et l’US Navy. Depuis son déploiement, le modèle a été affecté par divers problèmes de maintenance, parfois à l’origine d’accidents.

À titre d’exemple, une variante F-35B, d’une valeur estimée à 100 millions de dollars, s’est écrasée récemment en Caroline du Sud. Le pilote a pu s’éjecter sans blessures après avoir rencontré des difficultés en vol.

Ce rapport du GAO fait suite à plusieurs textes législatifs adoptés par la Chambre des représentants et le Sénat, demandant une enquête approfondie sur le programme F-35. En mai dernier, le GAO avait déjà publié un rapport pointant la hausse exponentielle des coûts de maintenance depuis l’introduction des jets en 2006.