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Le groupe Raghu Vamsi Aerospace, basé à Hyderabad, a récemment élargi son activité de l’usinage de précision vers la propulsion aéronautique. En l’espace de 18 mois, l’entreprise a adopté une approche modulaire et progressive, concevant, testant et rendant opérationnelle une famille de micro turboréacteurs sous le nom INDRA. Cette gamme, désormais annoncée prête au vol, comprend quatre petits turboréacteurs délivrant respectivement environ 14 kgf, 19 kgf, 25 kgf et 40 kgf, destinés principalement aux drones tactiques, aux cibles aériennes et aux munitions à vol stationnaire. Raghu Vamsi a présenté cette technologie lors d’événements internationaux, en précisant que les moteurs ont été testés dans ses installations d’Hyderabad, en présence de représentants gouvernementaux et du secteur de la défense.

Ce qui suscite davantage d’attention, c’est la feuille de route publique de la société : un passage envisagé des moteurs de faible poussée à un turboréacteur d’environ 4,9 kN (soit près de 500 kgf), conçu pour équiper des missiles de croisière et des drones d’un poids d’environ une tonne. Raghu Vamsi présente cette évolution comme une étape logique, proposant un moteur à air comprimé plus compact et plus puissant, capable d’alimenter des missiles de croisière indigènes, des munitions à vol stationnaire plus lourdes ou des drones tactiques nécessitant une plus grande portée et une charge utile accrue.

Une poussée de l’ordre de 4,9 kN se situe dans la fourchette des petits turboréacteurs qui ont historiquement propulsé des missiles de croisière classiques. À titre d’exemple, les moteurs de la famille Williams F107/F122 produisent entre 2,7 et 4,0 kN et équipent des missiles tels que le Tomahawk ou l’AGM-86 ALCM, avec des masses au lancement comprises entre 1 000 et 3 000 kg. Ce précédent montre qu’un moteur de classe 3 à 5 kN est une option réaliste pour ce type de véhicules d’environ une tonne. En d’autres termes, viser un turboréacteur d’environ 4,9 kN placerait Raghu Vamsi dans la même catégorie technique que les fabricants historiques de petits turbofans.

Les déclarations publiques et communiqués de presse traduisent une ambition certaine, sans toutefois fournir de détails techniques précis tels que la configuration du compresseur ou de la turbine, le taux de dilution (bypass ratio), la consommation spécifique (TSFC), le poids à vide, les dimensions ou les étapes clés des tests. Les parties prenantes sont donc invitées à considérer ce projet comme prometteur mais encore dans une phase préliminaire de maturation technologique. Le développement d’un moteur, même de petite taille, nécessite des cycles de conception itératifs, plusieurs campagnes d’essais au sol et des essais en vol progressifs. Il faut donc s’attendre à un processus s’étalant sur plusieurs années avant de disposer d’un moteur réellement déployable pour des applications militaires critiques.