Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, se sont mutuellement accusés vendredi de violations du cessez-le-feu médié par l’Angola dans l’est du pays, une région en proie à des conflits récurrents.
L’Angola avait proposé un cessez-le-feu à la RDC et au Rwanda devant débuter mercredi dernier. Kinshasa avait accepté « en principe », sans toutefois confirmer la date, ce qui avait conduit à une accalmie précaire jeudi dans une zone marquée par plus de 30 ans de violences.
Depuis 2021, la région subit la résurgence du groupe armé anti-gouvernemental M23, qui a contrôlé de larges portions des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, grâce au soutien des forces rwandaises basées à Kigali.
Le M23 avait lancé une nouvelle offensive en décembre dernier sur la ville d’Uvira, alors même qu’un accord entre la RDC et le Rwanda, sous médiation américaine, était en cours de ratification.
Alors que Kinshasa a immédiatement déclaré accepter « le principe » du cessez-le-feu angolais, le M23 a accusé le gouvernement congolais de « manipulation » pour ne pas avoir confirmé la date effective de sa mise en œuvre.
Cependant, selon des sources locales et sécuritaires, une accalmie était perceptible depuis mercredi dans les combats.
Vendredi, l’armée congolaise a cependant accusé le M23 d’attaquer ses positions dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, estimant que cela « torpille le processus de paix ».
De son côté, le M23 a dénoncé dans un communiqué diffusé en pleine nuit, des violations du cessez-le-feu imputées aux forces de Kinshasa.
AFP n’a pas pu vérifier immédiatement ces allégations auprès de sources indépendantes.
Néanmoins, des témoignages locaux ont rapporté vendredi la reprise des combats autour de Minembwe, une localité située dans les hautes terres du Sud-Kivu, où les troupes congolaises, appuyées par des milices locales et des soldats burundais, affrontent depuis plusieurs semaines une coalition de milices affiliées au M23.
Un calme relatif persiste par ailleurs sur d’autres segments du front dans la province du Sud-Kivu, ont ajouté ces mêmes sources.
De nombreux groupes armés opèrent dans l’est de la RDC, souvent mobilisés comme forces supplétives par les belligérants.
Depuis la résurgence du M23 en 2021, une demi-douzaine de cessez-le-feu et trêves ont été signés puis rapidement rompus.