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Les difficultés de recrutement et les pénuries de personnel qualifié freinent plusieurs programmes majeurs de l’Armée de Terre britannique, affectant ainsi les grands projets militaires en cours.

Lors d’une réponse à une question du député Ben Obese-Jecty, le ministre de la Défense Luke Pollard a déclaré que « ces défis en matière de ressources impactent une part significative du portefeuille de l’Armée ».

Les projets concernés sont détaillés dans le Rapport annuel 2024-2025 de la National Infrastructure and Service Transformation Authority (NISTA), qui évalue la confiance dans la réalisation des principaux programmes de défense.

Luke Pollard a précisé que le Bureau du Programme et du Portefeuille de l’Armée « gère activement la priorisation des programmes afin d’allouer les effectifs là où ils sont le plus nécessaires ». Il a ajouté que ce bureau propose « des formations complètes en gestion de portefeuille, de programmes et de projets pour développer les compétences des personnels actuels et attirer de nouveaux talents ».

Le rapport NISTA, publié le 11 août 2025, alerte sur les difficultés de recrutement au sein du Bureau de gestion des programmes de l’Armée, en particulier pour trouver des profils dotés des « compétences et niveaux d’expérience requis ». Ces manques affectent la confiance dans la livraison de certains programmes de modernisation, qui incluent d’importantes initiatives en matière de capacités opérationnelles et de transformation numérique.

Les pressions liées au recrutement se manifestent également dans l’ensemble des forces. Lors d’une autre question, le député Andrew Mitchell s’est informé sur le délai moyen entre la candidature et l’entrée en formation des nouveaux engagés.

La ministre de la Défense Louise Sandher-Jones a indiqué que, pour les 12 mois se terminant au 1er juillet 2025, « le délai moyen entre la candidature et l’entrée non formée pour les militaires du rang réguliers britanniques et irlandais est de 249 jours ». Elle a précisé que les données équivalentes concernant la réserve ne sont « pas centralisées et nécessiteront un certain temps pour être collectées ».

Le ministère a également souligné plusieurs précisions sur ces chiffres : ils excluent les Gurkhas, le personnel de la réserve à temps plein et les candidats non britanniques. Le chiffre de 249 jours représente une médiane, et non une moyenne globale pour tous les candidats.

Ce délai, souvent qualifié de « temps de vol » entre la candidature et l’entrée en formation, constitue un indicateur clé de la performance du recrutement. Ces données proviennent du Système de Recrutement de la Défense et sont croisées avec la base de données de l’Administration Conjointe du Personnel.

Cette longue durée de recrutement, conjuguée aux déficits de personnel, coïncide avec les efforts de transformation majeurs engagés par l’Armée dans le cadre de la Revue stratégique de la Défense 2025, qui vise notamment à restructurer les forces, moderniser les systèmes de commandement et renforcer la capacité de gestion des projets.