Le Sénat américain a adopté une résolution condamnant les tentatives du Parti communiste chinois de réécrire l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, mettant en lumière les enjeux stratégiques croissants dans la région Indo-Pacifique. Ce texte souligne également le rôle central du Japon et de l’Inde au sein du Quad, face à l’influence grandissante de Pékin.
La résolution 523, présentée par le sénateur Dan Sullivan et confiée à la commission des relations étrangères du Sénat, dénonce ce qu’elle qualifie d’« exercice de propagande orchestrée » lors de la cérémonie du 3 septembre 2025 célébrant le 80e anniversaire de la fin du conflit en Asie. Cette cérémonie avait réuni des dirigeants de la Russie, de la Corée du Nord, du Bélarus, de l’Iran et de Cuba, parmi d’autres régimes autoritaires que la Chine cherche à aligner avec sa vision d’un nouvel ordre mondial.
Le texte critique notamment l’affirmation de Pékin selon laquelle les forces du Parti communiste chinois mériteraient le crédit principal pour la défaite du Japon impérial. Les sénateurs qualifient cette revendication de « révisionnisme historique » et de « vol d’honneur » au détriment de la République de Chine, alliée des États-Unis pendant la guerre, ainsi que des forces américaines.
Ils insistent plutôt sur le fait que la majeure partie de l’effort militaire contre l’empire du Japon en Chine a été supportée par la République de Chine et ses forces armées sous la direction des nationalistes chinois. Avant même l’entrée officielle des États-Unis dans le conflit, des pilotes américains avaient constitué l’American Volunteer Group, surnommé les « Flying Tigers », pour soutenir le gouvernement nationaliste. Après 1941, le général de corps d’armée Joseph Stilwell, commandant allié sur le théâtre Chine-Birmanie-Inde, a collaboré étroitement avec le général Sun Li-jen, ancien élève du Virginia Military Institute.
La résolution cite un rapport de 1939 de Zhou Enlai adressé à Joseph Staline, indiquant que sur environ un million de pertes chinoises dans le combat contre le Japon, seulement 3 % concernaient les forces communistes, soulignant ainsi le rôle majoritaire des troupes nationalistes. Les sénateurs rappellent également l’entrée tardive de l’Union soviétique dans le conflit pacifique, le 9 août 1945, soit six jours avant la cessation effective des hostilités, ainsi que ses tentatives de saisir des territoires et du matériel « au profit du Parti communiste chinois ».
Le texte retrace la séquence de la reddition japonaise, depuis la signature de l’acte officiel à bord de l’USS Missouri le 2 septembre 1945 — où la République de Chine était représentée par le général Hsu Yung-ch’ang et les États-Unis par l’amiral Fleet Chester W. Nimitz — jusqu’à la remise formelle du document à Nankin le 9 septembre 1945.
Les sénateurs soulignent aussi la transformation du Japon d’après-guerre, marquée par la constitution de 1947 et les traités de sécurité conclus avec les États-Unis en 1951 et 1960, qui favorisent une coopération renforcée pour préserver la paix en Asie.
Le texte met en avant que le Japon est un membre clé du Quad et d’autres dialogues multilatéraux qui insistent sur la nécessité de garantir la liberté de navigation et la stabilité dans la région Indo-Pacifique, en plaçant l’Inde au cœur de cet équilibre stratégique.
Cette résolution invite l’administration américaine à contrer la propagande du PCC en demandant au secrétaire d’État de dénoncer ces distorsions historiques devant les Nations unies, tout en exhortant les autorités éducatives à enseigner avec exactitude le rôle des alliés des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale.
Elle reconnaît par ailleurs les accomplissements de la Chine et des États-Unis durant le conflit, rend hommage à l’héroïsme et l’altruisme des Flying Tigers, et soutient les efforts de Taïwan pour renforcer ses liens diplomatiques dans le cadre du TAIPEI Act.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de rivalité accrue entre Washington et Pékin, où les tensions couvrent la maîtrise des technologies avancées et les activités militaires à travers l’Indo-Pacifique. Depuis plusieurs années, l’Inde, les États-Unis, le Japon et l’Australie ont intensifié les consultations du Quad pour répondre aux préoccupations liées à l’affirmation de la Chine dans la région.