Le porte-avions britannique HMS Prince of Wales et son groupe aéronaval ont fait leur retour à Portsmouth après une mission de longue durée, marquant le plus grand rassemblement de la Royal Navy depuis une génération. Plus de 2 000 marins, aviateurs, marines et soldats étaient présents à bord pour cette opération baptisée Highmast, qui a permis au groupe de parcourir plus de 40 000 milles nautiques à travers plusieurs théâtres stratégiques.
En ce dimanche tardif d’automne, vers midi, le HMS Prince of Wales est enfin apparu à l’horizon au large de Portsmouth. Sur le pont, les marins parfaitement alignés ont aperçu le rivage anglais familier tandis que des remorqueurs saluaient son retour par des jets d’eau. Les familles, rassemblées sur les remparts d’Old Portsmouth, agitaient des banderoles et laissaient éclater leur joie, malgré la fraîcheur marine.
Le commodore James Blackmore a résumé la mission juste avant l’arrivée : « Ce fut un privilège de commander près de 4 000 soldats, marins, aviateurs et marines ayant navigué sur plus de 40 000 milles nautiques dans le cadre du groupe aéronaval, collaborant avec plus de 30 nations en cours de route ». Il a également rappelé les mots de la ministre de la Défense britannique, confirmant que le groupe de frappe aéronaval avait désormais atteint sa pleine capacité opérationnelle, une réussite reflet de plusieurs années de travail des équipages.
« Le groupe de frappe revient renforcé pour l’OTAN par rapport à son départ, et je suis extrêmement fier de tous ceux qui ont participé à l’opération Highmast », a-t-il ajouté.
Lancée en avril, l’opération Highmast a vu le groupe aéronaval naviguer de la Méditerranée à travers la mer Rouge et l’océan Indien, jusqu’à la région Indo-Pacifique. La composition du groupe est restée stable durant toute la mission : le HMS Prince of Wales a fait office de navire amiral, le HMS Dauntless a assuré la défense aérienne, tandis que les HMS Richmond et Roald Amundsen se sont spécialisés dans la protection anti-surface et anti-sous-marine. Les avions des escadrilles navales 814, 815, 820 et 845 effectuaient des patrouilles régulières, et l’escadrille 700X a opéré des petits systèmes sans pilote pour des essais de transfert de matériel entre bâtiments.
Durant la mission, plus de 2 500 sorties aériennes ont été réalisées. Les activités ont couvert un large spectre allant des exercices multinationaux majeurs aux patrouilles de sécurité maritime, ainsi que des opérations coordonnées avec les marines alliées.
Le lieutenant-commandant James Callender, second du HMS Richmond, a souligné le rythme soutenu maintenu par son équipage tout au long du déploiement. Fier de leur engagement, il a confié que tous étaient désormais tournés vers la perspective des retrouvailles avec leurs proches : « Nous attendons avec impatience la joie des retrouvailles avec nos familles et amis, dont le soutien a rendu cette mission possible. »
La phase indo-pacifique de l’opération a été marquée par une coopération étendue avec les forces régionales. L’exercice Talisman Sabre, mené dans le nord de l’Australie, a constitué le point d’orgue, suivi d’une activité conjointe avec les forces maritimes américaines et japonaises. Au total, le groupe de frappe a participé à des exercices avec neuf groupes porte-avions différents.
Pour la première fois, l’escadrille navale 809, surnommée « The Immortals », a été déployée à bord du HMS Prince of Wales. Son commandant, Nick Smith, a rappelé l’ampleur des opérations menées, saluant la performance constante de son équipe dans des conditions variées, de jour comme de nuit, et lors de décollages depuis des porte-avions britanniques ou alliés.
La coopération dépassait le cadre de l’aviation. Dans le groupe aéronaval, des bâtiments australiens, canadiens, français, italiens, japonais, néo-zélandais, norvégiens, portugais, espagnols et américains ont tour à tour rejoint la force. Certains ont assuré l’escorte tandis que d’autres ont pris part à des exercices ou opérations de ravitaillement, illustrant une interopérabilité permanente tout au long de la mission.
La vie à bord offrait également quelques moments de détente et de découverte. Certains marins ont profité des permissions pour gravir le mont Fuji, d’autres ont visité Singapour et la Corée du Sud. Une cérémonie commémorative a même été organisée au-dessus de l’épave du cuirassé HMS Prince of Wales, coulée lors de la Seconde Guerre mondiale en mer de Chine méridionale, créant un lien entre le déploiement actuel et son illustre prédécesseur.
Cette mission a également comporté des passages techniques délicats, notamment la récupération d’un appareil en Inde nécessitant une coordination d’ingénierie pointue. Le transit du détroit de Bab el-Mandeb s’est déroulé sous alerte renforcée en raison d’activités balistiques régionales, mais le groupe a maintenu la veille et les opérations aériennes sans interruption.
À l’entrée dans le port de Portsmouth, l’atmosphère a basculé de l’opérationnel aux préparatifs d’accostage et de débarquement. Les familles attendaient sur les quais, les enfants agitaient pancartes et drapeaux, tandis que les marins scrutaient les visages familiers depuis le pont. Dès le mouillage et l’installation des passerelles, les équipages ont foulé la terre ferme sous un tonnerre d’applaudissements.
Cette opération Highmast a offert à la Royal Navy, comme à ses alliés, un déploiement long et diversifié, renforçant la coopération du Royaume-Uni avec ses partenaires indo-pacifiques et européens. Elle constitue également la preuve concrète de la pleine capacité opérationnelle du groupe de frappe aéronaval britannique, tout en apportant aux équipages une expérience précieuse sur des théâtres éloignés et en conditions réelles.
Les navires vont désormais entamer leur maintenance de routine et faire l’objet d’évaluations post-déploiement. Pour les marins et soldats ayant servi à bord, ce retour au pays est une pause bien méritée après de longs mois d’absence. Pour la Royal Navy, la conclusion de l’opération Highmast marque une étape importante dans le développement continu de sa capacité de projection par porte-avions.