La Royal Navy a officiellement retiré du service le HMS Lancaster, sa plus ancienne frégate de type 23, après plus de trente ans d’opérations à travers le monde. Le navire ne fera pas route vers le Royaume-Uni pour y être désarmé, mais sera préparé pour sa mise au rebut à Bahreïn.
Ce retrait marque une étape importante, soulignée publiquement par la Royal Navy, qui a annoncé que la frégate la plus ancienne de sa flotte a été mise hors service après des décennies d’activité opérationnelle.
Le vice-amiral Steve Moorhouse, commandant de la flotte, a rappelé que le HMS Lancaster a largement dépassé sa durée de vie prévue. Conçue initialement pour 18 ans de service, cette frégate a accumulé près de 35 ans d’opérations dans plusieurs théâtres. Dans une allocution à la flotte, Moorhouse a déclaré : « Le HMS Lancaster approche de la fin de son long et prestigieux service au sein de la Royal Navy » et a invité les marins à reconnaître les contributions du navire. Il a souligné une mission de trois ans au Moyen-Orient comme étant une période déterminante, précisant que ses performances avaient été « tout simplement exceptionnelles ».
Au cours de ce déploiement, le Lancaster fut le premier navire de la Royal Navy présent en Mer Rouge durant la période de menace régionale intense en décembre 2023. Il y a mené plusieurs saisies de stupéfiants d’une valeur supérieure à 150 millions de livres sterling. « 35 années extrêmement réussies », a commenté Moorhouse, ancien commandant du bâtiment. La décision de ne pas renouveler la certification ou de ramener le Lancaster au Royaume-Uni traduit une approche pragmatique, à mesure que la flotte se modernise avec de nouvelles plateformes. Il a reconnu que certains seraient déçus de ne pas voir le navire revenir, mais a précisé que ce choix honore un bâtiment qui a déjà délivré « chaque once de sa capacité opérationnelle ».
Le vice-amiral a salué le professionnalisme de l’équipage ainsi que le soutien constant de leurs familles. L’objectif est de rapatrier autant d’équipiers que possible au Royaume-Uni avant Noël, tandis que les préparatifs de mise au rebut débuteront à Bahreïn.
La Royal Navy assure maintenir une présence continue dans le Golfe, et la retraite du HMS Lancaster n’affectera pas le rôle du UK Maritime Component Command à Bahreïn, toujours au cœur des opérations régionales en collaboration avec alliés et partenaires.
Le HMS Lancaster
Le HMS Lancaster est une frégate de la classe Duke, de type 23, lancée en 1990 par la reine Elizabeth II. Surnommée « la frégate de la reine » en raison du titre de Duc de Lancaster, l’un des titres secondaires de la souveraine, elle portait initialement le numéro de coque F232. Ce numéro fut toutefois changé, le « 232 » correspondant, dans les codes de la Royal Navy, aux bilans de collisions et échouements, jugé de mauvais augure. Comme l’un des premiers navires de sa classe, le Lancaster n’a jamais été équipé du sonar 2087, ce qui le classe davantage parmi les frégates polyvalentes que comme plateforme spécialisée dans la lutte anti-sous-marine.
Construit par Yarrow Shipbuilders, le bâtiment a été mis sur cale en 1987, lancé en 1990 et admis au service actif en 1992. Il a connu plusieurs refontes majeures, notamment une entre 2010 et 2012, puis une remise à niveau LIFEX de 2017 à 2019. Le Lancaster est resté en service actif et devait l’être jusqu’en 2025, déployé en avant-poste dans le cadre de l’opération Kipion depuis son port d’attache à Portsmouth. Il dispose d’un équipage d’environ 185 marins, avec une capacité maximale de 205.
Le navire déplace environ 4 900 tonnes et est propulsé par un système CODLAG lui permettant d’atteindre des vitesses supérieures à 28 nœuds, avec une autonomie de 7 500 milles nautiques à vitesse de croisière. Son armement comprend un système de lancement vertical de 32 cellules Sea Ceptor, des missiles anti-navires Harpoon conservés sur ce bâtiment jusqu’en 2024, des torpilles Sting Ray, un canon naval de 114 mm (4,5 pouces) ainsi que diverses armes de petit calibre. Le Lancaster embarque en outre un hélicoptère Wildcat HMA2 ou Merlin HM2, ainsi que des drones ISR Peregrine à partir de 2024, opérant depuis un pont d’envol et un hangar fermé.